ECONOMIE
29
FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026
Le programme vise précisément à renforcer l’accessibilité finan- cière des ménages, en réduisant directement l’effort initial d’ac- quisition grâce à des aides pou- vant atteindre 100.000 DH selon la valeur du logement. Cette approche réduit concrètement la barrière d’entrée à la propriété pour les classes moyennes et modestes. Par ailleurs, les jeunes de moins de 40 ans représentent 52% des bénéficiaires et les femmes 47%, ce qui montre que le programme touche des catégories centrales de la population marocaine et contribue à une meilleure inclu- sion résidentielle. F.N.H. : Le programme cible les logements neufs avec permis d'habiter après jan- vier 2023. Cette condition n'exclut-elle pas mécani- quement les régions où la production de logements neufs est faible ? H. A. : Au contraire, cette orien- tation vise justement à stimu- ler une nouvelle dynamique de production à l’échelle nationale et à encourager l’investissement dans des territoires historique- ment moins attractifs pour les anciens dispositifs. Les premiers résultats montrent d’ailleurs une réduction plus importante des disparités territoriales par rap- port aux anciens programmes. Le programme ne bénéficie pas uniquement aux grandes métropoles. Parmi les provinces et préfectures enregistrant un nombre important de béné- ficiaires, figurent notamment Fès, Meknès, Kénitra, El Jadida, Oujda ou encore Béni Mellal. L’un des objectifs stratégiques du programme est justement de réduire les disparités territoriales et de favoriser une répartition plus équilibrée de la dynamique immobilière entre les grandes métropoles, les villes moyennes et les petites villes. Le milieu rural bénéficie égale- ment du programme avec près de 6.800 bénéficiaires enregis- trés à ce jour, soit un niveau largement supérieur à la produc- tion observée dans les anciens
Les jeunes de moins de 40 ans représentent 52% des bénéficiaires et les femmes 47%, ce qui montre que le programme touche des catégories centrales de la population marocaine.
programmes de logement social rural ces dernières années. Cette orientation permet égale- ment de soutenir l’activité écono- mique locale, l’emploi et l’amé- lioration de la qualité du parc résidentiel produit à travers le Royaume. F.N.H. : Le programme exige un logement neuf en première vente. Pourquoi exclure le marché de l'oc- casion alors qu’il repré- sente une part importante des transactions ? H. A. : Le choix du logement neuf constitue un pilier central du pro- gramme, car l’objectif de l’État ne se limite pas à faciliter l’accès à la propriété; il vise également à garantir un habitat de qualité aux citoyens. Les logements concernés répondent à des exigences pré- cises en matière de qualité de construction, de sécurité, de conformité urbanistique et de performance énergétique. L’approche actuelle privilégie ainsi une production axée sur la qualité et l’intégration urbaine et non plus uniquement sur la quantité produite. Les premières évaluations confir- ment d’ailleurs la pertinence de cette orientation : près de 70% des bénéficiaires se déclarent satisfaits de leur logement. Au-delà du logement lui-même, le programme contribue égale- ment à une meilleure insertion urbaine des ménages. Le niveau
global de proximité des loge- ments acquis aux équipements et services atteint 67,3%, tan- dis que 46% des bénéficiaires résident désormais à moins de 20 minutes de leur lieu de travail. L’objectif est donc de favoriser un habitat plus qualitatif, mieux intégré à son environnement urbain et offrant des conditions de vie plus durables pour les familles marocaines. F.N.H. : Le programme court jusqu'en 2028. Avez- vous les moyens budgé- taires de tenir ce rythme ? H. A. : Les indicateurs montrent aujourd’hui une montée en puis- sance progressive, maîtrisée et structurelle du programme. Avec l’achèvement progressif des anciens dispositifs, Daam Sakane devient désormais le principal moteur de la politique publique de soutien à l’accès au logement. Cette dynamique se reflète déjà dans les indicateurs secto- riels. Depuis l’annonce du pro- gramme en 2023, les mises en chantier ont progressé de près de 39,62%, traduisant une forte mobilisation des opérateurs et une relance tangible de l’inves- tissement immobilier. L’effet d’entraînement est éga- lement visible au niveau macro-
économique : les ventes de ciment ont enregistré une hausse de 31,84% en avril 2026 par rap- port à avril 2025, tandis que les crédits à l’habitat et les finance- ments destinés aux promoteurs poursuivent également leur pro- gression. Daam Sakane favorise aujourd’hui une véritable dyna- mique économique intégrée : chaque aide accordée génère un cycle économique touchant la promotion immobilière, les maté- riaux de construction, les ser- vices financiers, l’emploi et les activités locales. La valeur totale des logements acquis dans le cadre du programme atteint déjà 41,7 milliards de dirhams, dont 8,32 milliards pris en charge par l’État, soit environ 20% de la valeur globale générée. Sur le plan budgétaire, le pro- gramme repose sur une vision pluriannuelle structurée et antici- pée. L’État assure une program- mation progressive et sécurisée des engagements financiers afin de garantir la continuité du sou- tien aux ménages tout en offrant de la visibilité aux investisseurs et aux promoteurs immobiliers. Daam Sakane traduit aujourd’hui une nouvelle génération de poli- tiques publiques de l’habitat : une politique davantage centrée sur le citoyen, sur la solvabilisa- tion de la demande, sur la qualité urbaine et sur l’impact écono- mique global du secteur au ser- vice de la cohésion sociale et du développement territorial. ◆
Depuis l’annonce du programme Daam Sakane en 2023, les mises en chantier ont progressé de près de 39,62%.
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker