ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026
3 ème édition de l’African Maritime Symposium 2026 Rabat place la mer au cœur des souverainetés africaines
de 40 ports, dont 14 ouverts au commerce international à l’instar du port Tanger Med qui figure parmi les plateformes portuaires les plus compétitives au monde. Le projet Dakhla Atlantique, l’Initiative royale pour les États du Sahel ou encore les investissements dans les infras- tructures logistiques et portuaires ont été présentés comme socle d’une stratégie visant à faire de la façade atlantique marocaine un levier d’intégration régionale. Au-delà des infrastructures, les responsables marocains ont éga- lement insisté sur l’importance de maîtriser la donnée maritime, la connectivité logistique et la souve- raineté technologique. Les débats autour de l’écono- mie bleue ont, eux aussi, révé- lé l’ampleur des défis africains. Hydrocarbures offshore, aquacul- ture, transport maritime, ports, tou- risme côtier ou encore transfor- mation des produits halieutiques: les intervenants ont rappelé que le véritable enjeu ne résidait plus uniquement dans l’exploitation des ressources, mais dans leur trans- formation locale et leur intégration dans des chaînes de valeur afri- caines. Car malgré l’étendue de ses façades maritimes, l’Afrique demeure encore marginale dans les échanges mondiaux par voie maritime. Tout compte fait et au vu des recompositions géopolitiques actuelles et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement, les mers africaines apparaissent pro- gressivement comme l’un des nou- veaux centres de gravité straté- giques du continent. Néanmoins, aucune ambition mari- time africaine ne pourra émerger sans coordination continentale, sans capacités opérationnelles renforcées et sans investissements massifs dans les infrastructures, la recherche, la formation et les tech- nologies. Telle était la conclusion de cet événement consacré à la souveraineté maritime africaine. Car derrière les ports, les routes maritimes et les doctrines océa- niques, c’est bien une bataille plus vaste qui se joue désormais: celle de la capacité de l’Afrique à reprendre le contrôle de ses propres espaces stratégiques. ◆
Durant deux jours, l’African Maritime Symposium (AMS) 2026 a réuni à Rabat experts, militaires, chercheurs, juristes et responsables institutionnels autour d’une même interrogation : comment faire des espaces maritimes africains un véritable levier de puissance continentale ? Dossier réalisé par M. A. L.
L
e temps d’une journée à Rabat, les questions maritimes ont quitté les marges des débats africains pour s’imposer au centre des réflexions stratégiques du continent. Gouvernance et sécurité océa- niques, économie bleue, souverai- neté énergétique, infrastructures portuaires ou encore contrôle des ressources marines : l’African Maritime Symposium (AMS) 2026, organisé par le Policy Center for the New South (PCNS), a mis en lumière les enjeux qui traversent, à ce jour, les espaces maritimes africains. Au fur et à mesure des panels, un même constat s’est esquissé : l’Afrique maritime avance encore en deçà de son potentiel quand bien même elle dispose d’atouts considérables. Avec plus de 38.000 kilomètres de côtes, des routes maritimes des plus stratégiques du monde, d’importantes ressources halieutiques et énergétiques ainsi
qu’une façade atlantique devenue centrale dans les recompositions géopolitiques mondiales, l’Afrique possède de facto les attributs d’une puissance maritime émergente. En revanche, entre morcellement insti- tutionnel, dépendance sécuritaire, faiblesse des chaînes logistiques et déficit de coordination continen- tale, les fragilités demeurent pro- fondes. D’emblée, les intervenants ont insis- té à l’unisson sur le paradoxe afri- cain : celui d’un continent riche en ressources maritimes mais encore incapable d’en faire des leviers de développement. Les échanges ont notamment mis en lumière les diffi- cultés liées à la gouvernance mari- time continentale. Multiplication des cadres régionaux, lenteur des ratifications juridiques, superposi- tion des stratégies et faibles capa- cités opérationnelles continuent de freiner l’émergence d’une vision africaine cohérente.
La question sécuritaire a pareille- ment occupé une place centrale dans les débats. Pêche illégale, tra- fics illicites, dépendance à l’égard des partenaires étrangers dans la surveillance maritime : plusieurs experts ont alerté sur l’importance de pallier les problèmes menaçant les équilibres sécuritaires africains. Dans ce contexte, le Maroc a mis en exergue sa vision atlantique et son positionnement croissant dans les enjeux maritimes conti- nentaux. Plusieurs intervenants étrangers ont d’ailleurs salué le rôle du Royaume dans les dynamiques maritimes africaines, notamment avec ses initiatives en matière de connectivité régionale, de forma- tion maritime et d’intégration conti- nentale. L’ancien supérieur de la Marine nationale sénégalaise, Amadou M. Diop, n’a pas manqué de rappeler les liens de coopération maritime entre le Maroc et plusieurs pays africains, saluant notamment la formation d’officiers sénégalais au Royaume. La vision atlantique portée par le Maroc a également été au cœur des échanges, en particulier les projets de connectivité destinés aux pays du Sahel. «Sa Majesté le Roi a souligné que l’Atlantique afri- cain devait devenir un espace de communion humaine, d’intégration économique et de rayonnement international», a rappelé le capi- taine de vaisseau-major, Khalid Loudiyi, de la Marine royale maro- caine, dans son intervention. Le Royaume dispose aujourd’hui
L’Afrique maritime avance encore en dessous de son potentiel.
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