FNH N° 1236

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026

d’achat. «L’État peut agir à travers plusieurs leviers complémentaires. D’abord, il est possible d’améliorer l’effi- cacité des aides directes en les adaptant davantage à l’évolution réelle des prix et aux besoins des ménages. Ensuite, la protection du pouvoir d’achat passe aussi par la création d’emplois stables, l’aug- mentation des revenus et le soutien à la classe moyenne », estime Jadri,

ment fragile. Trop «aisées» pour bénéficier pleinement des aides sociales, mais insuffisamment pro- tégées pour absorber durablement la hausse du coût de la vie, ces catégories subissent de plein fouet les effets de l’inflation sans béné- ficier des anciens mécanismes de compensation. «La classe moyenne apparaît aujourd’hui comme l’une des catégories les plus fragilisées. Contrairement aux ménages les plus modestes, elle ne bénéfi- cie pas toujours des dispositifs d’aides directes, mais elle ne dis- pose pas non plus des ressources suffisantes pour absorber dura- blement la hausse des dépenses» , souligne Mohammed Jadri. Et de préciser qu’ «elle fait face à une accumulation de pressions : infla- tion, hausse des crédits, coût de l’éducation, logement, santé et transport. Beaucoup de ménages de la classe moyenne ont le senti- ment de travailler davantage pour maintenir un niveau de vie qui se dégrade progressivement». Pour plusieurs économistes, les aides directes, bien qu’elles consti- tuent un amortisseur social réel pour les populations les plus vul- nérables, peinent encore à absor- ber pleinement les effets d’une inflation devenue plus diffuse et plus durable sur la vie d’une classe moyenne pourtant importante dans le tissu économique marocain. «Cette situation crée un risque de déclassement social silencieux. Or, la classe moyenne joue un rôle essentiel dans la consomma- tion, l’investissement, l’épargne et la stabilité sociale. Sa fragilisation constitue donc un enjeu écono- mique et social majeur pour les prochaines années», note Hadri. En définitive, si la décompensation a permis au Royaume d’alléger une charge budgétaire devenue diffi- cilement soutenable, elle a égale- ment rendu l’économie marocaine, et particulièrement les classes moyennes et modestes, beau- coup plus sensibles aux chocs extérieurs liés à l’énergie et aux matières premières. Le défi pour les autorités consiste désormais à trouver un équilibre délicat entre soutenabilité bud- gétaire et protection du pouvoir

pratiques spéculatives et soutien ciblé à certains secteurs sensibles comme le transport ou les produits de première nécessité». Et de conclure que «le véritable défi aujourd’hui n’est donc pas seulement de distribuer des aides, mais de construire un modèle éco- nomique capable de limiter dura- blement la pression sur le coût de la vie tout en préservant l’équilibre des finances publique» . ◆

Plus de dix ans après la libéralisation des carburants, les effets de la décompensation continuent de peser lourdement sur le quotidien des ménages marocains.

avant d’ajouter que «le Maroc peut également agir sur les facteurs internes de l’inflation: amélioration de la concurrence, réduction des coûts logistiques, contrôle des

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