FNH N° 1236

SANTÉ

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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026

Hantavirus «La réalité est très loin d’un scénario de risque majeur»

capacités des laboratoires, la communication des risques, la mobilisation communautaire, le dépistage précoce, la prise en charge des patients ainsi que la riposte aux épidémies d’Hanta- virus. Cela comprend également l’éla- boration et la mise à jour de recommandations fondées sur des données probantes concer- nant le diagnostic, la prise en charge des cas, la prévention, le contrôle des infections ainsi que la recherche des contacts. L’organisation promeut aussi des approches intégrées fon- dées sur le concept «One Health» ou «Une seule santé», qui prend en compte les interac- tions entre la santé humaine, les réservoirs animaux, notamment les rongeurs, et l’environnement. Elle accompagne également les pays dans l’analyse des nou- velles données scientifiques afin d’assurer une actualisation continue des recommandations. F. N. H. : Le Maroc a ren- forcé ses opérations pré- ventives de dératisation dans plusieurs zones. Comment analysez-vous cette démarche et dans quelle mesure peut-elle contribuer à limiter les risques de propagation ? Dr M. S. : La réaction immédiate et rapide des autorités maro- caines est à souligner, notam- ment à travers les déclarations du Dr Mohamed El Youbi, direc- teur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies (DELM), qui a affirmé que le Maroc ne fait face à aucune menace directe et actuelle. Une communication émanant des sources officielles demeure essentielle afin de contrer les fausses informations, les diffamations et les rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux. Aussi, le Maroc dispose d’un dis- positif sanitaire structuré autour de plusieurs piliers et acteurs majeurs. Il repose notamment sur la surveillance épidémiolo- gique, avec un suivi en temps réel des maladies transmissibles et non transmissibles ainsi qu’un système d’alerte précoce pour

Le Hantavirus suscite de nombreuses interrogations, alors que plusieurs pays renforcent leur vigilance face aux maladies transmises par les rongeurs. Chaque année, ce virus cause 10.000 à plus de 100.000 nouvelles infections dans le monde. Entretien avec Dr Moundir Souhami, biologiste et directeur du Laboratoire universitaire d’analyses médicales à Casablanca.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Finances News Hebdo : Le Hantavirus reste relative- ment peu connu du grand public. De quoi s’agit- il exactement et pour- quoi ce virus suscite-t-il aujourd’hui une attention particulière à l’échelle internationale ? Dr Moundir Souhami : Tout d’abord, il est important d’in- former le public qu’il ne s’agit ni d’un nouveau virus ni d’un virus émergent présentant un risque épidémique élevé, tout en maintenant une vigilance néces- saire afin de casser toute chaîne éventuelle de transmission. Les Hantavirus constituent un groupe de virus transmis par les rongeurs et pouvant provo- quer des maladies graves chez

l’homme. Ils appartiennent à la famille des Hantavirus. Chaque Hantavirus est généralement associé à un réservoir spéci- fique de rongeurs, chez les- quels l’infection peut persister durablement sans symptômes apparents. Bien que de nom- breux types d’Hantavirus aient été identifiés à travers le monde, seul un nombre limité est connu pour provoquer des maladies chez l’être humain. L’infection à l’Hantavirus reste relativement rare à l’échelle mondiale. Toutefois, son taux de létalité varie de moins de 1% à 15% en Asie et en Europe, et peut atteindre 50% sur le continent américain. Le nombre annuel de nouvelles infections oscille entre 10.000 et plus de 100.000 cas, l’Asie et l’Europe étant les régions les plus tou- chées.

F. N. H. : Quelle est aujourd’hui la situation dans le monde concernant le Hantavirus et que disent les alertes ou recomman- dations de l’OMS sur ce sujet ? Dr M. S. : L’évaluation du risque à l’échelle mondiale montre que des personnes ayant voyagé à bord d’un navire en prove- nance d’Amérique latine auraient contracté le virus durant cette longue traversée. À ce jour, seuls quatre cas ont été confirmés par analyses de laboratoire, tandis que sept personnes suspectes ont été placées en quarantaine, le reste étant asymptomatique. La réalité est donc très loin d’un scénario de risque majeur. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) collabore avec les pays et ses partenaires afin de renforcer la surveillance, les

Le Hantavirus fait actuellement l’objet d’une vigilance renforcée dans plusieurs pays sans pour autant relever d’une situation épidémique majeure.

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