SANTÉ
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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026
les maladies émergentes. Ce dispositif comprend égale- ment un contrôle sanitaire ren- forcé aux frontières, dans les aéroports, ports et postes fron- taliers afin de limiter l’importa- tion de virus ou de pathologies. Il s’appuie aussi sur un réseau de laboratoires nationaux assu- rant la veille génomique et le diagnostic rapide, notamment en matière de séquençage et de contrôle des épidémies. À cela s’ajoutent les vigilances sanitaires sectorielles, avec plu- sieurs agences chargées de veil- ler à la sécurité des produits et à la protection sanitaire. F. N. H. : Quels sont les principaux modes de trans- mission du Hantavirus et quels comportements ou environnements favorisent le plus l’exposition à ce virus ? Dr M. S. : Les Hantavirus se transmettent à l’homme prin- cipalement par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés. La transmission peut également se produire par morsure, même si cela demeure moins fréquent. Les activités favorisant le contact avec les rongeurs augmentent le risque d’exposition, notamment le nettoyage d’espaces clos ou mal ventilés, certaines activités agricoles ou forestières, ainsi que le fait de dormir dans des habitations infestées par des rongeurs. À ce jour, la transmission inte- rhumaine du virus Andes n’a été documentée que sur le conti- nent américain et reste rare. Lorsqu’elle survient, elle est généralement liée à un contact étroit et prolongé, notamment entre membres d’une même famille ou partenaires, et se pro- duit davantage au début de la maladie, lorsque le virus est le plus contagieux. F. N. H. : Quels sont les symptômes qui doivent alerter et pourquoi le Hantavirus est-il considéré comme potentiellement grave dans certains cas ? Dr M. S. : Chez l’homme, les
À ce jour, il n’existe ni traitement antiviral spécifique ni vaccin homologué contre l’infection à hantavirus.
symptômes apparaissent géné- ralement entre une et huit semaines après l’exposition, selon le type de virus. Ils com- prennent le plus souvent de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires ainsi que des symptômes gastro-intes- tinaux tels que des douleurs abdominales, des nausées ou des vomissements. Dans le cas du syndrome car- diopulmonaire à Hantavirus, observé principalement sur le continent américain, la maladie peut évoluer rapidement vers une toux, un essoufflement, une accumulation de liquide dans les poumons et un état de choc, traduisant une atteinte du cœur et des poumons. Concernant la variante euro- péenne, les signes débutent généralement par une fièvre hémorragique avec syndrome néphrotique. Les stades sui- vants peuvent inclure une hypo- tension, des troubles hémorra- giques ainsi qu’une insuffisance rénale, traduisant cette fois une atteinte des reins et des vais- seaux sanguins. F. N. H. : Mises à part les opérations de dératisation, quelles mesures de pré- vention et de sensibilisa- tion devraient être renfor- cées au Maroc pour mieux anticiper ce type de risque sanitaire ? Dr M. S. : La prise en charge repose essentiellement sur trois éléments, à savoir la prévention, le diagnostic et le traitement.
La prévention de l’infection à Hantavirus passe avant tout par la réduction des contacts entre l’homme et les rongeurs. Les mesures les plus efficaces consistent notamment à mainte- nir la propreté des logements et des lieux de travail. • Boucher toutes les ouvertures permettant aux rongeurs de pénétrer dans les bâtiments. • Assurer une conservation sécurisée des aliments. • Utiliser des méthodes de net- toyage sûres dans les zones contaminées par des rongeurs. • Éviter de balayer ou d’aspirer à sec les excréments de rongeurs. • Humidifier les zones contami- nées avant leur nettoyage. • Promouvoir les bonnes pra- tiques d’hygiène des mains. Lors d’épidémies ou en pré- sence de cas suspects, l’identi- fication et l’isolement précoces des cas, la surveillance étroite des contacts ainsi que l’applica- tion des mesures standards de prévention des infections restent essentiels pour limiter la propa- gation. Le diagnostic précoce demeure complexe, car les premiers symptômes ressemblent à ceux d’autres maladies fébriles ou respiratoires comme la grippe, la Covid-19, la pneumonie virale, la leptospirose, la dengue ou
encore la septicémie. Il est donc indispensable de recueillir des antécédents médicaux détail- lés, notamment concernant une éventuelle exposition aux ron- geurs, les risques profession- nels et environnementaux, les voyages récents ou les contacts avec des personnes atteintes d’Hantavirus dans les zones d’endémie. La confirmation biologique repose sur des tests sérolo- giques permettant de détecter les anticorps spécifiques du Hantavirus, ainsi que sur des méthodes moléculaires, notam- ment la réaction en chaîne par polymérase après transcription inverse, durant la phase aiguë de la maladie. Les échantillons biologiques pré- levés présentent un risque élevé et doivent être manipulés dans des conditions strictes de biosé- curité. Tous les échantillons non inactivés doivent être transpor- tés sous triple emballage, aussi bien au niveau national qu’inter- national. À ce jour, il n’existe ni traitement antiviral spécifique ni vaccin homologué contre l’infec- tion à Hantavirus. La prise en charge repose principalement sur le traitement symptomatique, la surveillance clinique étroite et la gestion des complications respiratoires, cardiaques et rénales. Un accès précoce aux soins intensifs, lorsque cela est nécessaire, améliore considé- rablement le pronostic, notam- ment chez les patients atteints du syndrome cardiopulmonaire à hantavirus. ◆
Le Maroc a renforcé ses opérations préven- tives ainsi que son dispositif de surveillance sanitaire afin de limiter tout risque lié aux maladies transmises par les rongeurs.
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