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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026
Applications de transport
Le Maroc cherche sa voie
Le marché mondial des plateformes de transport à la demande et des taxis était estimé à 243,2 Mds de $ en 2023 et pourrait atteindre 639,5 Mds de $ d’ici 2032, selon Straits Research.
Le débat autour des applications de transport revient au premier plan au Maroc. Entre tensions récurrentes avec les taxis, interventions des autorités et évolution des usages, le secteur se retrouve aujourd’hui à un moment charnière.
Mais malgré ces départs, le phéno- mène n’a jamais réellement disparu. Ces dernières années, de nouvelles plateformes comme inDrive ou Yango se sont rapidement instal- lées dans les habitudes d’une partie des usagers, notamment dans les grandes agglomérations. Les appli- cations séduisent par leur simplicité d’utilisation, la géolocalisation, l’esti- mation du prix ou encore la rapidité du service. Sur le terrain, cette coexistence reste néanmoins extrêmement fra- gile. Dans certaines villes, les ten- sions entre taxis et chauffeurs opé- rant via applications ont donné lieu à des altercations physiques ou encore des poursuites judiciaires. Plusieurs vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux ont récem- ment relancé le débat autour du vide juridique qui entoure ces activités. Face à cette situation, le minis- tère de l’Intérieur rappelle d’ailleurs dans sa réponse que toute activité de transport de personnes, qu’elle soit exercée via des applications ou par d’autres moyens, reste sou- mise à une autorisation préalable conformément aux lois en vigueur. Le ministre souligne également que certaines entreprises opérant dans ce domaine «encouragent des acti- vités de transport non autorisées» , malgré les mises en garde et les pro- cédures engagées à leur encontre.
modernisation du transport urbain au Maroc. Dans plusieurs métro- poles, les difficultés de mobilité deviennent de plus en plus visibles, entre congestion, insuffisance de certaines offres de transport et attentes croissantes des usagers. Le Royaume n’est pas le seul confronté à ce type de tensions. En France, l’arrivée des VTC avait pro- voqué d’importantes manifestations des taxis avant la mise en place d’un cadre réglementaire spécifique. En Égypte, Uber et Careem avaient éga- lement suscité une forte controverse avant leur intégration progressive dans un cadre légal. Aujourd’hui, les plateformes de mobilité repré- sentent un marché mondial de plu- sieurs centaines de milliards de dol- lars. Uber revendique à lui seul plus de 200 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans près de 70 pays. Au Maroc, le dossier dépasse désor- mais le cadre du transport quotidien. Avec les investissements liés aux infrastructures urbaines et les prépa- ratifs autour de la Coupe du monde 2030, la question d’une mobilité plus moderne et mieux connectée prend progressivement une nouvelle dimension. Reste désormais à savoir quelle forme prendra cette future régulation. Car derrière le débat entre taxis et applications se joue une question bien plus large que celle du transport de personnes. Entre modernisation des services, équilibres économiques et nouvelles attentes des usagers, le Maroc devra trancher sur le modèle de mobilité qu’il souhaite construire pour ses villes dans les années à venir. ◆
Par K. A. P
endant des années, le dossier des applications de transport est resté dans une zone grise au Maroc. Entre les taxis, les plateformes numé- riques, les chauffeurs indépendants et les autorités, le secteur évolue dans un climat de tensions perma- nentes, de vide juridique et par- fois même de violence. La récente déclaration du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, remet ce dossier au centre des débats, dans un sujet qui continue d’alimenter les discus- sions depuis plusieurs années. Dans une réponse écrite à une ques- tion d’un parlementaire sur «l’ouver- ture du secteur du transport via les applications intelligentes», le ministre affirme que les services du ministère «ont lancé une étude glo- bale sur les moyens de développer ce secteur». Selon lui, cette étude vise notamment à «examiner les modalités de fonctionnement des voitures de transport via applica- tions ainsi qu’à définir les méca- nismes capables de développer le secteur et d’améliorer la qualité des services, tout en tirant profit des expériences internationales réussies et en tenant compte des spécificités du marché national». Le ministre précise également que cette étude porte sur «les possibili- tés juridiques et réglementaires per- mettant l’adoption des applications
intelligentes dans le transport de personnes» , en coordination avec plusieurs institutions concernées, «dans le respect des lois en vigueur et des droits des professionnels et des clients». Cette communication intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis plusieurs mois, le secteur connaît une succession de polémiques, d’interpellations et par- fois même d’agressions relayées sur les réseaux sociaux. Dans plusieurs villes, des chauffeurs utilisant des applications de transport ont été arrêtés pour exercice illégal de l’acti- vité, tandis que des professionnels du taxi dénoncent une concurrence qu’ils jugent déloyale. Une équation délicate Le débat autour des VTC ne date pas d’hier au Maroc. Déjà en 2015, l’arrivée d’Uber à Casablanca avait provoqué une forte opposition d’une partie des chauffeurs de taxi. L’entreprise américaine avait fina- lement quitté le marché marocain en 2018 après plusieurs tensions et incidents sur le terrain, avant de faire son retour en novembre 2025, en partenariat exclusif avec des véhi- cules de transport agréés. Careem avait suivi une trajectoire similaire avant de réduire progressivement sa présence.
Le Maroc face au défi de la mobilité numérique
Au-delà du conflit entre taxis et appli- cations, le dossier pose aujourd’hui une question plus large : celle de la
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