FNH N° 1032 ook

JEUDI 29 & VENDREDI 30 JUILLET 2021 / FINANCES NEWS HEBDO

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SPÉCIAL MRE

Enseignement supérieur

«Je ne suis pas venu avec des moyens financiers, mais plutôt avec des idées…» ◆ A l’âge de 27 ans, Karim Bouaouali a fait le choix de s’installer définitivement au Maroc après un cursus scolaire et universitaire en France. ◆ Le natif d’Avignon exerce depuis plus de 4 ans dans l’enseignement supérieur au Maroc. ◆ Enseignant en communication et en développement personnel a l'Université Mohammed 6 et professeur de soft skills à l’Ecole supérieure des industries du textile et de l’habillement (ESITH), il nous parle de son parcours.

Finances News Hebdo : Vous faites partie de cette jeune génération qui a opté pour le Maroc. Quelles étaient vos motivations pour lais- ser la France et regagner votre pays d’origine ? Karim Bouaouali : Il faut savoir que c'est la question qui revient constamment lorsque je fais de nouvelles connaissances. A savoir la raison pour laquelle nous quit- tons la France pour le Maroc. Pour ma part, la réponse est «l'amour du pays». En tant que franco-marocain, nous venions au Maroc pour les vacances. Déjà à l'époque, cette attache avec le pays était forte et elle le fut de plus en plus avec le temps, d'où l'ambition de venir m'installer dans mon pays d’origine. C'est ce que je fis à l'âge de 27ans. L'idée n'était pas seu- lement de venir s'installer pour profiter du soleil, mais de participer au développement du pays. Certes, je ne suis pas venu avec des moyens financiers, mais plutôt avec des idées, des projets et un savoir-faire. Tout n'est pas une question d'argent et c'était pour moi la seule façon de participer au développement du pays et d’apporter ma petite contribution personnelle. Chacun est capable d’apporter sa pierre à l'édi- fice, il faut juste trouver de quelle façon. À l'heure actuelle, je suis très fier de partici- per à cet immense projet et de m'être fait une place dans l'enseignement supérieur. F.N.H. : La double culture est une véritable richesse, voire un trem- plin. Comment la transition entre le pays d’accueil et d’origine se passe-t-elle généralement, cultu- rellement parlant...? K. B. : La double culture est une véritable

Grâce à cette chaleur humaine, on n’a pas l'impression d'être seul; bien au contraire, on se sent entouré et en bonne compa- gnie, c'est assez incroyable et difficile à expliquer. Concernant les habitudes, ce sont les mêmes qu'en France. En semaine, je tra- vaille. Les week-ends, je fais du sport et j'essaye de profiter de la ville, de la plage. Sauf que maintenant, je klaxonne égale- ment dans les embouteillages; je pense être devenu un vrai Casaoui. Concernant la mentalité, il y a bien sûr une différence avec la France. On ne peut pas dire qu’elle est meilleure en France ou au Maroc, car chaque pays a ses avantages et ses inconvénients, comme toute chose. C'est seulement différent et c'est à nous de nous adapter à la mentalité, tout en gardant nos principes et nos valeurs. F.N.H. : Vous êtes dans l’enseigne- ment privé et public. Quelle lec- ture en faites-vous et y a-t-il une différence ? K. B. : J'ai effectivement cette chance d'enseigner dans le privé et le public. Pour ma part, l'approche reste la même, tout comme la pédagogie et le contenu des cours. Qu'ils viennent du privé et du public, c'est la même chose pour moi, ce sont des étudiants qui veulent réussir dans leur domaine. J'ai pris énormément de plaisir et les étudiants me le rendent bien. J'ai été agréablement surpris par les infras- tructures, les cours, l'organisation, surtout pendant la pandémie. Honnêtement, je m'y attendais pour le privé, mais pas pour le public; ce fut une agréable surprise.

richesse, même si des fois nous ne savons pas sur quel pied danser. Chaque fois que l'on quitte sa zone de confort, le début est forcément difficile, surtout pour moi, car je suis arrivé au Maroc seul, laissant toute ma famille en France. Il m'a fallu bien entendu un temps d'adap- tation car, comme vous le savez, «s'ins- taller et venir en vacances» sont deux choses totalement différentes. Je ne partais pas en terre inconnue non plus, car je connaissais relativement bien la ville. La chose qui m'a le plus impres- sionné en venant ici, c'est la chaleur humaine que dégagent les gens de mon pays. Vous savez, il m'est arrivé de vivre des événements importants, seul, comme le ramadan par exemple.

En ce qui concerne l’ensei- gnement dans le privé et le public, l'approche reste la même, tout comme la péda- gogie et le conte- nu des cours.

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