Finances News Hebdo 1243

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 JUILLET 2026

tement dépendante des conditions climatiques et des marchés interna- tionaux. À l’inverse, une croissance fondée sur une industrie diversifiée et des services à forte valeur ajoutée est davantage susceptible de créer des emplois stables, d’améliorer la productivité et de développer un tissu économique durable. «Il convient donc de distinguer entre la vitesse de la croissance, sa quali- té et sa capacité à créer de l’emploi, à se diffuser sur l’ensemble du terri- toire et à se convertir en revenus, en consommation et en épargne pour les ménages» , explique-t-il. Il ajoute que «la croissance d’une grande région affichant un taux moyen peut générer une valeur absolue supérieure à celle d’une petite région enregistrant un taux plus élevé. Ainsi, la croissance de Casablanca-Settat, établie à 4,3%, produit un impact économique supérieur à celle d’une région du Sud affichant 7%. Mais cette concentration crée une vulnérabi- lité structurelle. Ainsi, l’économie nationale devient fortement dépen- dante d’un nombre limité de pôles. Tout choc affectant l’industrie de Casablanca, les services de l’axe Rabat-Kénitra ou la logistique de Tanger se répercute rapidement sur l’ensemble de la croissance natio- nale». La note indique également que le secteur tertiaire représente 52,9% du PIB national, contre 25,6% pour le secteur secondaire et 10,7% pour les activités primaires, les impôts nets sur les produits représentant les 10,8% restants. «La progression de la part des ser- vices ne signifie pas automatique- ment une transition vers une écono- mie de la connaissance. Il existe une différence fondamentale entre les services à forte productivité, comme la finance, le numérique, l’ingénierie ou la recherche-développement, les services à faible productivité, tels que le petit commerce et les activi- tés informelles, et les services non marchands comme l’administration, l’éducation ou la santé publique. Le véritable défi consiste donc moins à accroître la part des services qu’à en améliorer le contenu technolo- gique et la productivité» , affirme-t-il. Selon la même note, le PIB natio- nal par habitant a atteint environ

 À Laâyoune, la production par habitant s’élève à 73.718 DH, alors que la consommation ne dépasse pas 25.696 DH.

Vie quotidienne des ménages Pourquoi les familles ressentent-elles si peu les effets de la croissance économique ? E Une grande partie des familles marocaines estime que la dynamique de croissance ne se traduit pas concrètement dans leur vie quotidienne. Une note d’information publiée par le Centre Omega des recherches économiques et géostratégiques met en lumière les principaux facteurs à l’origine de ce décalage. Par C. Jaidani

n croisant les comptes régionaux de 2024 avec les résultats de l’enquête de conjoncture du HCP auprès des ménages du deuxième trimestre 2026, une réalité plus complexe apparaît que celle d’une simple croissance économique accompa- gnée d’un recul de la confiance des ménages. Le Maroc produit davan- tage de richesse, mais sa transmis- sion vers la sécurité économique des ménages demeure inégale sur les plans sectoriel, territorial et social. A cet effet, le Centre Omega des recherches économiques et géos- tratégiques a publié une note d’in- formation intitulée : «Pourquoi la dynamique des indicateurs écono- miques ne se reflète-t-elle pas au même rythme dans la vie quoti- dienne des ménages ?» Le document souligne que malgré la

progression du PIB et les fortes per- formances enregistrées dans plu- sieurs régions, les ménages conti- nuent de ressentir une dégradation de leur niveau de vie, une faible capacité d’épargne et des difficul- tés à acquérir des biens durables. Autrement dit, le problème réside principalement dans la répartition géographique, la composition sec- torielle, les mécanismes de redis- tribution et la capacité à se trans- former en revenus stables pour les familles. « On peut affirmer que l’économie marocaine a enregistré en 2024 une croissance réelle de 4,4%, le PIB à prix courants atteignant envi- ron 1.614,6 milliards de dirhams. Toutefois, cette croissance s’est caractérisée par de fortes disparités régionales liées à la structure des activités, au degré de diversification

économique et à la capacité de chaque région à contribuer à l’éco- nomie nationale. 8 régions ont ainsi dépassé la moyenne nationale, en tête des- quelles Laâyoune-Sakia El Hamra avec 7,6% et Dakhla-Oued Eddahab avec 7%, tandis que Fès-Meknès est restée à 1,6% et Béni Mellal- Khénifra à 2,1%» , souligne Sami Amine, membre du Centre Omega et expert en planification straté- gique et conduite du changement. La note précise également que toute croissance régionale n’est pas équi- valente en termes de qualité ou de durabilité. Une croissance tirée par le bâtiment et les travaux publics peut être élevée, mais rester conjonc- turelle si elle ne débouche pas sur un système productif durable. De même, une croissance portée par la pêche ou l’agriculture demeure for-

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