Finances News Hebdo 1243

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 JUILLET 2026

concrets : l'accès au finance- ment, aux assurances, aux mar- chés, aux intrants de qualité ou encore aux subventions. Tant que ces éléments ne sont pas intégrés dans une approche glo- bale, la technologie seule ne suf- fira pas. Enfin, il ne faut pas oublier un enjeu souvent sous-estimé : rendre les métiers agricoles attractifs pour la nouvelle géné- ration. La technologie peut aussi jouer ce rôle. F. N. H. : Après plusieurs éditions du Green Open Challenge, qu'est-ce qui a réellement changé chez les agriculteurs ? A. Z. : Les changements profonds ne se mesurent pas en quelques mois. Avec Green OpenLab, notre fondation dédiée à l'innovation agricole, nous avons choisi de travailler sur ce qui nous paraît être le principal levier : les jeunes. Le Green Open Challenge ne consiste pas simplement à orga- niser un concours. Nous créons une rencontre entre des agricul- teurs qui expriment leurs difficul- tés quotidiennes et des jeunes entrepreneurs qui imaginent des solutions concrètes à par- tir de ces besoins réels. Cette démarche est née grâce au sou- tien de l'INDH dans la région Fès-Meknès et se déploie pro- gressivement dans les différentes provinces. En parallèle, nous aidons aussi les agriculteurs à accéder à des financements pour tester ces nouvelles technologies. Par exemple, grâce au Think Human Fund, plusieurs exploitations ont pu s'équiper en solutions de Smart Farming. Au final, ce qui change le plus, c'est la perception. Les agri- culteurs deviennent acteurs de l'innovation au lieu d'en être sim- plement les utilisateurs. F. N. H. : La technologie est-elle perçue comme une opportunité ou comme une intrusion ? A. Z. : Tout dépend de la manière dont elle est introduite. Si la tech- nologie arrive avec des tableaux

 Arwa est une plateforme de conseil augmenté avec l'expertise humaine pour aider l'agriculteur à prendre les meilleures décisions.

de bord compliqués et des dizaines de graphiques, elle sera naturellement rejetée. En revanche, lorsqu'elle permet à un agriculteur de mieux irriguer, de réduire ses coûts ou d'anti- ciper un problème, elle devient rapidement un allié. Plusieurs des exploitants que nous accompagnons le disent très bien. Ce qu'ils apprécient n'est pas uniquement la techno- logie, mais le fait que les don- nées soient interprétées par des agronomes qui connaissent leur exploitation. L'intelligence artificielle accélère l'analyse, mais la décision reste humaine. C'est probablement ce qui explique le niveau d'adoption que nous observons aujourd'hui. F. N. H. : Si une nouvelle sécheresse majeure sur- vient dans trois ans, l'éco- système Agritech sera-t-il prêt ? A. Z. : J'aime bien le mot «éco- système» parce que c'est pré- cisément la bonne échelle de réflexion. Nous ne résoudrons pas ces défis uniquement avec des capteurs ou de l'intelligence artificielle. Il faut connecter l'en- semble des acteurs : financeurs, assureurs, coopératives, four- nisseurs d'intrants, acheteurs, logisticiens, conseillers agricoles, centres de recherche et pouvoirs publics. La technologie devient alors une colonne vertébrale qui permet à tous ces acteurs de travail- ler ensemble autour de l'agri- culteur. C'est cette logique que

nous expérimentons depuis plusieurs années sur notre campus FirmaTech à Sefrou. Nous y avons testé différentes approches, appris de nos réus- sites comme de nos erreurs, et cela nous conduit aujourd'hui à développer des écosystèmes intégrés par filière.

L'objectif est simple : que l'agri- culteur ne soit plus le maillon fra- gile de la chaîne de valeur, mais son maillon le plus fort. C'est pro- bablement la meilleure façon de préparer l'agriculture marocaine aux prochaines crises, qu'elles soient climatiques, économiques ou géopolitiques. ◆

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