34 JEUDI 30 JUILLET 2026
FINANCES NEWS HEBDO
Nouveau modèle de développement
les performances du système éducatif et sanitaire.
L’heure du premier bilan Cinq ans après son lancement, le Nouveau modèle de développement est entré dans sa phase de vérité. Si plusieurs réformes structurantes ont été engagées, de la généralisation de la protection sociale à la nouvelle Charte de l'investissement, les retombées sur l'emploi, la qualité des services publics et la réduction des inégalités restent encore limitées.
Des réformes d'ampleur engagées Parmi toutes les réformes lancées depuis 2021, la généralisation de la protection sociale constitue probablement la traduc- tion la plus visible du Nouveau modèle de développement. Le chantier comprend quatre volets majeurs : la généralisation de l'Assurance maladie obligatoire (AMO), les allocations familiales, l'élargissement des régimes de retraite et l'indemnité pour perte d'emploi. Des millions de Marocains auparavant exclus de toute couverture médicale ont progressivement intégré le dispositif. Cette réforme absorbe désor- mais une part importante des finances publiques et constitue l'un des piliers du nouvel Etat social voulu par le Souverain. La mise en œuvre du NMD s'est tra- duite par un effort budgétaire inédit, avec une part importante des ressources qui finance directement les réformes de la santé, de l'éducation, de la protection sociale et de l'aide au logement. L'investissement constitue l'autre grand levier du NMD. La nouvelle Charte de l'investissement fixe un objectif clair : por- ter la contribution du secteur privé à deux tiers de l'investissement total d'ici 2035. Pour y parvenir, plusieurs mécanismes d'incitation ont été instaurés afin d'amé- liorer l'attractivité du Royaume. Sur le terrain industriel, plusieurs indica- teurs montrent que le Maroc poursuit sa transformation. L'automobile demeure le premier secteur exportateur du Royaume, tandis que les filières aéronautique, élec- tronique, batteries électriques et hydro- gène vert continuent d'attirer de nouveaux investisseurs. Cette dynamique s'appuie sur la poursuite des grands chantiers d'infrastructures, notamment le lancement de Nador West Med, le prolongement de la ligne à grande vitesse, de nouvelles autoroutes, des investissements dans les énergies renouvelables et le développe- ment du dessalement de l'eau de mer. Le défi reste celui des résultats Après les années marquées par la pandé- mie et plusieurs épisodes de sécheresse, l'économie marocaine montre des signes de reprise. A fin 2025, la croissance atteint 4,9%, et devrait s’établir à 5,2% en 2026. Pour autant, le principal défi du Nouveau modèle de développement demeure l'em- ploi. La croissance reste insuffisamment intensive en création de postes. Le chô-
Parmi toutes les réformes lancées depuis 2021, la généralisation de la protection sociale constitue probablement la traduction la plus visible du NMD.
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Par D. William
e 25 mai 2021, le Maroc se dotait d'une nouvelle boussole stratégique avec la pré- sentation du Nouveau modèle de déve- loppement (NMD). Fruit de près de deux années de travaux de la Commission spéciale sur le modèle de développe- ment (CSMD), ce document de près de 170 pages se voulait une feuille de route destinée à conduire le Royaume vers un nouveau palier de développement à l'hori- zon 2035. Cinq ans plus tard, l'heure est au premier bilan. Les grandes réformes ont bel et bien été engagées, certaines connaissent même une accélération sans précédent. Mais les résultats les plus attendus, à savoir croissance plus inclusive, emploi, qualité des services publics ou encore réduction des inégalités, tardent encore à produire leurs effets. Le constat dressé par la CSMD en 2021 était sans concession. Malgré des pro-
grès importants enregistrés depuis deux décennies, le modèle économique maro- cain ne parvenait plus à répondre aux attentes des citoyens. La croissance moyenne, de l'ordre de 3 à 4% par an sur les vingt années précédentes, demeurait insuffisante pour absorber l'arrivée massive des jeunes sur le marché du travail. Le chômage restait élevé, les inégalités territoriales persistaient et la productivité stagnait. L'économie créait relativement peu de valeur ajoutée au regard des investisse- ments publics réalisés. Pour inverser cette trajectoire, le NMD fixe des objectifs particulièrement ambitieux pour 2035 : doubler le PIB par habitant, porter le taux d'activité des femmes à 45%, formaliser 80% des emplois, faire de l'investissement privé les deux tiers de l'investissement total, renforcer la classe moyenne et améliorer significativement
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