Finances News Hebdo 1243

48 JEUDI 30 JUILLET 2026

FINANCES NEWS HEBDO

A

la fin des années 1990, les exportations marocaines demeuraient concen- trées autour des phos- phates et des produits agricoles. Aujourd'hui, les métiers mondiaux du Maroc (automobile, aéro- nautique, électronique, industries électriques, agroalimentaire et chimie)

Industrie La grande métamorphose du Royaume En moins de trois décennies, le Maroc a profondément transformé son appareil productif. Longtemps dominée par les phosphates et l'agriculture, son économie repose désormais sur une base industrielle diversifiée, portée par l'automobile, l'aéronautique, l'électronique ou encore les énergies renouvelables.

représentent la colonne vertébrale des exportations du pays. Selon l'Office des changes, l'automobile conserve son rang de premier secteur exportateur avec plus de 154 Mds de DH en 2025, devant les phosphates et leurs dérivés, avec une progression continue de la valeur des ventes à l'étranger. Cette évolution traduit une diversification sans précédent de l'appareil productif. Cette mutation s'appuie sur une suc- cession de politiques industrielles cohé- rentes, depuis le Plan émergence lancé en 2005 jusqu'à la nouvelle Charte de l'investissement, en passant par le Plan d'accélération industrielle. A chaque étape, la logique reste la même : iden- tifier les secteurs capables de créer de la valeur, attirer les grands donneurs d'ordre internationaux, développer un tissu de sous-traitants locaux et renfor- cer progressivement l'intégration indus- trielle. Comme le souligne l’économiste Khalid Kabbadj, «cette mutation n'est pas le fruit du hasard. Elle repose sur une stratégie de long terme fondée sur la stabilité institutionnelle, une gou- vernance économique cohérente, des investissements massifs dans les infras- tructures et une politique industrielle structurée autour de métiers mondiaux capables d'attirer les investisseurs internationaux». Le choix de l'automobile illustre parfaitement cette méthode Lorsque Renault annonce, au début des années 2000, son intention d'implanter une usine de grande capacité à Tanger, beaucoup y voient un pari risqué. Le Maroc ne possède alors ni la tradition industrielle de certains pays d'Europe de l'Est, ni les coûts salariaux de plu- sieurs économies asiatiques. Pourtant, le projet repose sur un raisonnement dif- férent. Les investisseurs ne recherchent plus seulement des coûts faibles, mais privilégient également la stabilité poli- tique, la proximité des marchés euro-

Par D. W.

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