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FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 30 JUILLET 2026

péens, la qualité des infrastructures, la rapidité des chaînes logistiques et la capacité des Etats à accompagner leurs projets. Le Maroc réunit progressivement ces conditions L'ouverture de l'usine Renault Tanger marque un tournant historique. Pour la première fois, le Royaume accueille un site capable de produire plusieurs centaines de milliers de véhicules par an destinés presque exclusivement à l'exportation. Quelques années plus tard, Stellantis installe à son tour une unité de production à Kénitra. Entre- temps, des centaines d'équipementiers internationaux s'implantent autour de ces deux pôles industriels. Le véritable succès tient ainsi à la nais- sance d'un écosystème. Un construc- teur automobile n'arrive jamais seul. Il entraîne avec lui des fabricants de sièges, tableaux de bord, moteurs élec- triques, faisceaux de câbles, systèmes électroniques, vitrages, pneumatiques, plastiques techniques ou encore de composants métalliques. Chaque implantation crée un effet d'entraî- nement qui bénéficie à des dizaines d'autres entreprises. Au fil des années, le taux d'intégration locale progresse régulièrement pour atteindre 69% actuellement, permettant à une part croissante de la valeur ajoutée d'être produite au Maroc. L’aéronautique prend son envol Le même phénomène s'observe dans l'aéronautique. A la fin du siècle der- nier, ce secteur était quasiment inexis- tant. Aujourd'hui, le Maroc accueille un écosystème regroupant des centaines d'entreprises spécialisées dans la fabri- cation de pièces de moteurs, de struc- tures métalliques, de matériaux com- posites, de systèmes électriques ou encore de câblages destinés aux prin- cipaux avionneurs mondiaux. Boeing, Airbus, Safran, Spirit AeroSystems, Collins Aerospace ou Hexcel figurent parmi les groupes présents dans le Royaume, directement ou à travers leurs fournisseurs. Cette réussite est d'autant plus remar- quable que l'industrie aéronautique figure parmi les plus exigeantes au monde. Les normes de qualité, les procédures de certification et les contraintes technologiques y sont par-

ticulièrement élevées. Le fait que le Maroc soit devenu, en moins de deux décennies, une base de production reconnue dans ce domaine témoigne du niveau atteint par son appareil indus- triel. Dans le même sens, l'électronique, les industries électriques, la chimie, les matériaux de construction, les indus- tries pharmaceutiques, l'agroalimen- taire et les énergies renouvelables

connaissent également une profonde mutation. Cette diversification répond à l’impératif de réduire la dépendance du pays à quelques secteurs traditionnels. «Contrairement à de nombreux pays producteurs de matières premières, le Maroc a construit une base industrielle diversifiée capable de créer davan- tage de valeur ajoutée. Cette évolution constitue un facteur essentiel de rési- lience économique» , note Kabbadj.

Les crises successives ont d'ailleurs renforcé cette conviction. La pandémie de Covid-19 a brutalement rappelé les risques liés à une dépendance exces- sive aux importations et a démontré que les capacités industrielles accumulées au cours des deux dernières décennies pouvaient également répondre à des enjeux stratégiques. Cette notion de souveraineté est aujourd'hui au cœur de la nouvelle politique industrielle. ◆

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