Finances News Hebdo 1243

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 JUILLET 2026

ceptibles de générer des effets d’en- traînement sur l’ensemble de l’éco- nomie nationale. Effina précise que «la Charte de l’in- vestissement a été conçue en adé- quation avec les besoins du NMD. Mais elle n’a pas encore renversé la tendance. L’investissement public poursuit sa dynamique de crois- sance. Il est passé de 230 milliards de DH en 2021 à 380 milliards de DH en 2026. À cet égard, les projets portés par l’État demeurent le prin- cipal moteur de nombreux secteurs, notamment la santé, l’enseignement, le transport, les infrastructures de base, l’eau ainsi que les préparatifs liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030». Le paradoxe est là. Alors que le gouvernement souhaite insuffler une nouvelle dynamique à l’investisse- ment privé, l’investissement public demeure le principal moteur du développement. Cette situation n’est pas pour autant une anomalie, le Maroc a besoin à la fois d’un inves- tissement public fort et d’un inves- tissement privé puissant, appelés à évoluer dans une logique de complé- mentarité. Le véritable enjeu réside davantage dans la forte dépendance de l’investissement privé aux projets de l’État. En plus du nombre de pro- jets annoncés, il convient désormais de s’interroger sur leur valeur ajou- tée réelle. Combien sont effective- ment entrés en phase d’exécution? Quel est leur impact sur la produc- tion locale ? Dans quelle mesure favorisent-ils l’intégration des PME? Combien d’emplois permanents créent-ils ? Si le gouvernement Akhannouch a mis en place un cadre législatif et institutionnel favorable à l’investissement privé, ces réformes n’ont pas encore produit le change- ment structurel attendu. Le taux de chômage demeure le principal indicateur permettant d’évaluer l’impact de l’investisse- ment privé sur l’emploi. Il reste à un niveau préoccupant. Il a atteint 13% en 2025, dépassant 37% chez les jeunes, 20,5% chez les femmes et 19% chez les diplômés. Certes, un léger recul a été observé en 2026 grâce à une bonne campagne agri- cole, favorisée par une pluviométrie abondante, qui a soutenu l’emploi en milieu rural, mais cette amélioration demeure toutefois conjoncturelle. ◆

 L’investissement public représente encore près des deux tiers de l’investisse- ment total au Maroc.

Investissement Les entreprises tributaires des projets de l’État

P L’investissement public demeure le principal moteur de l’économie nationale. En dépit des efforts déployés par le gouvernement pour stimuler l’investissement privé, le rééquilibrage entre les deux composantes tarde à se concrétiser, le secteur privé étant largement tributaire des projets portés par l’État. Par C. Jaid ni

armi les orientations stratégiques du Nouveau modèle de développement (NMD), figure l’augmentation du volume global de l’investissement, accompagnée d’une évolution de sa structure. Au Maroc, la problé- matique ne réside pas tant dans le niveau de l’investissement que dans la prédominance de l’investissement public par rapport à l’investissement privé. Selon le ministère de l’Inves- tissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques (MICEPP), le secteur public repré- sente encore près des deux tiers de l’investissement total, tandis que l’investissement privé n’en constitue qu’un tiers. Le NMD fixe pour objectif de porter la part de l’investissement privé à 65% de l’investissement total à l’horizon 2035. «L’investissement public joue un rôle déterminant dans le développement, notamment à tra-

vers la réalisation des infrastructures de base. En revanche, il ne peut, à lui seul, créer un tissu économique suf- fisamment diversifié, générer assez d’emplois pour les jeunes, élargir durablement la base productive des entreprises ou renforcer en continu la compétitivité. Faire de l’investis- sement privé la locomotive de la croissance n’est pas un simple choix technique, mais un véritable tour- nant stratégique dans la philoso- phie de développement», souligne Driss Effina, professeur universi- taire d’économie et président du Directoire du Centre indépendant des analyses stratégiques (CIAS). Il note par ailleurs que «l’actuel gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch a enregistré des réa- lisations remarquables dans ce domaine, notamment avec la mise en œuvre de la nouvelle Charte de

l’investissement, qui constitue un levier essentiel pour encourager l’investissement, améliorer l’envi- ronnement des affaires et mieux cibler le système des subventions publiques. Il faut également souli- gner la création d’un département chargé de l’investissement, dont la mission consiste aussi à évaluer les politiques publiques» . En effet, les indicateurs témoignent d’une évolution ces dernières années. La Commission nationale des investissements (CNI) a approu- vé, en huit ans, 237 projets repré- sentant un montant de 369 milliards de DH, avec à la clé la création de 166.000 emplois directs, sans compter les emplois indirects répar- tis dans l’ensemble des régions du Royaume. L’État mobilise désormais l’investissement autour de projets stratégiques plus productifs, sus-

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