Décryptage
systématiquement validés par des méthodes de contrôle tra- ditionnelles. « Un grand nombre de défauts sont détec- tés : arrondis ou linéaires, débouchants ou sous-jacents, ponctuels ou en amas, détec- tables dès le bain de fusion ou dans les premiers millimètres du cordon se refroidissant », note Sébastien Saint Yves. Ainsi, lors de leurs études, les équipes du Cetim ont pu générer et détecter des défauts de différents types : manques de fusion, fissurations à chaud, détectables principale- ment dans le cordon se refroi- dissant, inclusions de graphite ou d’oxyde dès le bain de fusion ou dans le cordon refroidi, ou encore piqûres. Enfin, des défauts sous- jacents comme des manques de pénétration peuvent être détectés en fonction de l’appli- cation. Extensions récentes « Les premières études ont par- faitement validé l’application de la technologie infrarouge à la détection d’hétérogénéité de soudage par le biais d’une sur- veillance en ligne », indique Sébastien Saint Yves. Pour aller plus loin, d’autres tra- vaux ont cherché à appliquer d’autres méthodes pendant le processus de soudage : émis- sion acoustique sur le procédé WAAM-MAG (Wire Arc Additive Manufacturing), ultrasons multiéléments sur le soudage MAG et courants de Foucault sur le soudage TIG. Pour le procédé WAAM- MAG, les études ont porté sur la détection de manques de fusion entre passes et d’indi- cations arrondies. Avec une innovation : le couplage de la thermographie avec l’émis- sion acoustique. Si la thermo- graphie identifie les défauts de fusion, l’émission acoustique s’avère particulièrement effi- cace pour mettre en évidence
Mise en évidence d’un manque de pénétration entre deux passes de rechargement avec le procédé de soudage TIG, inconel sur acier au carbone.
les changements de para- mètres de soudage, tels que les variations d’intensité ou de vitesse d’avance. Concernant le soudage MAG, les équipes du Cetim ont testé une approche multi-modale associant la thermographie et les ultrasons multiéléments. Les ultrasons permettent de déceler des manques de péné- tration internes. Un logiciel spécifique d’acquisition et d’analyse a été développé par le Cetim pour centraliser ces données et tendre vers une sanction automatique en temps réel. Cap sur l’automatisation Les travaux menés ouvrent des perspectives majeures pour la fabrication indus- trielle. La priorité immédiate concerne l’automatisation de la sanction. En définissant des seuils de détection précis basés sur les signatures ther- miques et acoustiques déjà
franchir totalement des contrôles traditionnels a pos- teriori, transformant radicale- ment la chaîne de production vers une usine intelligente où la qualité est assurée dès le dépôt du premier cordon de soudure. n JSS Contact : Sébastien Saint Yves
identifiées, il devient possible d’envisager un système de contrôle autonome capable d’arrêter le processus ou de signaler une anomalie instan- tanément. Un autre axe de développement essentiel est le dimensionnement des indica- tions. Si le dispositif actuel détecte des piqûres d’un milli- mètre de diamètre, l’objectif est d’affiner la résolution pour caractériser plus finement la taille et la profondeur des défauts. L’industrialisation passera également par l’amé- lioration de l’ergonomie du matériel, avec le choix de caméras moins encombrantes et plus résistantes aux envi- ronnements sévères (pous- sières, fumées, vibrations). Enfin, la corrélation systéma- tique entre les données de contrôle et les paramètres de soudage permettra de créer des modèles prédictifs perfor- mants. À terme, ces avancées pourraient permettre de s’af-
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CETIM INFOS N° 281 I MARS/AVRIL 2026
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