Cetim infos n°281 - Mars-Avril 2026

Décryptage

Détecter les défauts de soudage directement lors de la fabrication représente une source de gain important pour les industriels. Plusieurs études ont permis d’avancer vers une possible automatisation. Contrôle non destructif Les procédés de soudage suivis en temps réel

D ans un contexte régle- mentaire de plus en plus exigeant, les industriels de la chaudronnerie et de la tuyauterie doivent impérativement améliorer la performance et la productivité de leurs contrôles pour rester compétitifs. Traditionnel- lement, la qualité des soudures réalisées est vérifiée soit entre deux passes, soit après l’opéra- tion complète, via des méthodes telles que le res- suage, la magnétoscopie, la radiographie ou les ultrasons. Mais « ces contrôles a posteriori impliquent souvent des répara- tions lourdes et coûteuses en cas de non-conformité , commente Sébastien Saint Yves, spécia- liste en technologies de contrôle non destructif au Cetim. Une surveillance en ligne permettrait de réduire, voire de s’affranchir des contrôles traditionnels en détec- tant de manière précoce l’appa- rition de défauts et ainsi de gagner du temps dans la phase de réparation ou de mise au point de nouveaux procédés. » L’enjeu majeur pour ces indus- triels réside donc dans le déve- loppement de solutions capables de surveillance en temps réel, intégrées au pro- cédé de fabrication. Des projets menés avec des industriels C’est dans ce sens que le Cetim, dans le cadre du consortium industriel

longues ou moyennes (selon le procédé de soudage et la zone à visualiser) embarquée direc- tement sur la torche de sou- dage, positionnée afin de visualiser, selon les besoins, le bain de fusion, la zone de soli- dification ou les premiers cen- timètres du cordon en cours de refroidissement. « La caméra est reliée par câble Ethernet à un PC d’acquisition des données », explique Sébastien Saint Yves. Doté d’un logiciel d’analyse spéci- fique, il permet d’afficher en direct le thermogramme de la scène de soudage et d’extraire entre autres des profils ther- miques, c’est-à-dire une ana- lyse pixel par pixel sur des zones ciblées, générant ainsi des données brutes potentiel- lement exploitables pour une détection automatique. Pour obtenir une bonne visualisa- tion de la scène filmée, les développeurs ont dû lever un verrou technologique majeur : la saturation du détecteur par le rayonnement de l’arc. Cela a été rendu possible par une sélection rigoureuse des bandes passantes de lon- gueurs d’onde et l’utilisation de filtres adaptés à l’environ- nement de soudage. Des résultats probants Le dispositif mis en place per- met d’extraire des profils ther- miques, un suivi temporel et des signatures spécifiques pour chaque type de défaut,

À voir sur la chaîne Youtube Cetim France

Instrumentation associant thermographie infrarouge et ultrasons multiéléments sur un cas d’application MAG, avec soudure en angle partiellement pénétrée sur acier au carbone.

Factory Lab, avec plusieurs industriels, a mené le projet Optim Soudage. Son but : évaluer les capacités de la thermographie infrarouge passive pour détecter des défauts de fusion en cours de soudage en instrumentant une torche de soudage. Les travaux se sont ensuite pour-

suivis au sein des projets stra- tégiques sectoriels et projets thématiques transversaux du Cetim et de Qualisoud, un autre projet avec des indus- triels. Le système de surveillance développé pour ces différentes applications repose sur une caméra infrarouge à ondes

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CETIM INFOS N° 281 I MARS/AVRIL 2026

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