FNH N° 1232

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 23 AVRIL 2026

prises créancières. Mais pour le DG de Bank Al-Maghrib, le sujet dépasse désormais ce seul ins- trument. Il s’agit d’ajouter une nouvelle brique à l’infrastruc- ture des transactions écono- miques, capable de réduire les délais de paiement, d’améliorer la gestion de trésorerie et de renforcer la compétitivité, en particulier celle des TPME. Par ailleurs, telle que présen- tée, la stratégie repose sur un déploiement graduel. Une première phase vise à conso- lider et massifier l’offre exis- tante dans le cadre réglemen- taire actuel. La seconde doit élargir progressivement l’offre à d’autres solutions de SCF. A terme, un troisième volet prévoit une extension vers les transactions internationales et la finance participative. Le tout doit s’appuyer sur plu- sieurs leviers transversaux : sensibilisation, environnement favorable, partage du risque, infrastructure technologique et engagement des grands don- neurs d’ordres. L’un des points les plus sen- sibles reste précisément la mise en place d’une infrastruc- ture technologique adaptée. Les concepteurs de la straté- gie ont insisté sur le rôle de la plateforme qui devra agré- ger les acteurs, fluidifier les échanges d’information et sou- tenir la montée en puissance du modèle. Le Maroc, selon les intervenants, dispose déjà d’une base institutionnelle et réglementaire, mais encore limitée en termes de produits, de digitalisation et de vision programmatique. En définitive, les autorités ont donc opté pour un déploiement progressif, avec consolidation de l’existant, élargissement de l’offre à d’autres instruments, puis ouverture à la dimension internationale et à la finance participative. Avec, en appui, plusieurs leviers transversaux: sensibilisation, renforcement des capacités, partage du risque, infrastructure techno- logique et mobilisation des grands donneurs d’ordres. ◆

 Bank Al-Maghrib, le ministère de l’Economie et des Finances et la Société financière internationale ont lancé mercredi une stratégie nationale dédiée à la Supply Chain Finance.

Supply Chain Finance Le Maroc lance sa stratégie nationale A Le Maroc a officiellement lancé, mercredi à Casablanca, sa Stratégie nationale de financement des chaînes de valeur, ou Supply Chain Finance (SCF), portée par le ministère de l’Economie u Maroc, les TPME dominent très largement le tissu produc- tif, mais restent pénalisées par un accès difficile au finance- ment du besoin en fonds de roulement, par des délais de paiement trop longs et par une trésorerie souvent sous tension. Ces dernières représentent 99,5% des entreprises et 70,6% des emplois formels, alors que leur contribution au PIB et aux exportations demeure infé- rieure à ce poids économique. et des Finances, Bank Al-Maghrib et la Société financière internationale. Le chantier n’est pas nouveau et avait déjà fait l’objet d’une première rencontre en janvier 2025. Cette fois, les autorités ont présenté les fondements du dispositif, ses leviers, ses mécanismes opérationnels et sa feuille de route. Par Y . Seddik

C’est sur ce besoin que vient se greffer la nouvelle stratégie nationale de la Supply Chain Finance. Le principe consiste à financer plus finement les flux liés à la relation entre donneurs d’ordres, fournisseurs, distribu- teurs et établissements finan- ciers, avec un recours central à la technologie. L’objectif n’est pas de créer un produit unique, mais d’élargir la palette de solutions mobilisables tout au long de la chaîne de valeur: affacturage, affacturage inver- sé, financement des bons de commande, des stocks ou encore des distributeurs. Selon les études de référence, le potentiel de la Supply Chain Finance au Maroc est évalué à

plus de 80 milliards de dirhams, alors que les opérations effec- tivement mobilisées n’en repré- sentaient qu’environ 6 milliards en 2020. En 2023, l’affacturage, principal outil déjà installé sur le marché, ne dépassait pas 2% du PIB, loin des niveaux observés à l’international. Dans son allocution, Abderrahim Bouazza, Directeur général de Bank Al-Maghrib, a rappelé que l’affacturage n’est pas étranger au marché marocain. Introduit à la fin des années 1980, il avait même été mobilisé de façon excep- tionnelle en 2018 pour l’affac- turage des crédits TVA, avec une injection de 26 milliards de dirhams au profit des entre-

Selon les études de référence, le potentiel de la Supply Chain Finance au Maroc est évalué à plus de 80 milliards de dirhams.

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