BOURSE & FINANCES
15
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 23 AVRIL 2026
renforcés et, lorsque cela est possible, à des mécanismes de bonification pour en réduire le coût. À court terme, l’enjeu est d’abord de soulager la pression sur la trésore- rie. Le rééchelonnement des dettes, des moratoires ciblés ainsi que le déve- loppement de solutions plus flexibles, comme les lignes de crédit revolving ou l’affacturage facilité, permettent de mieux absorber les décalages de trésorerie, particulièrement dans les secteurs les plus exposés comme le transport, le commerce ou certaines activités industrielles. Mais la réponse ne peut pas être uni- quement conjoncturelle. Elle doit aussi être structurelle. La politique de crédit devrait davantage orienter les TPE vers des investissements de réduction de leur dépendance énergétique : équipe- ments plus performants, amélioration de l’efficacité des process, ou encore solutions de production d’énergie à petite échelle. Cela implique des condi- tions de financement adaptées, com- binant taux préférentiels, périodes de grâce et accompagnement technique. Enfin, l’évolution du contexte impose une transformation de l’analyse du risque bancaire. Celle-ci doit progres- sivement s’appuyer davantage sur les flux réels de trésorerie, cycles d’encais- sement, niveau d’activité, solidité des contrats, plutôt que sur des garanties traditionnelles souvent hors de portée des TPE marocaines. Couplée à un accompagnement non financier plus structuré, cette approche est essen- tielle pour renforcer la résilience du tissu entrepreneurial dans un environ- nement durablement incertain. F. N. H. : La réforme des marchés publics instruit la réservation de 30% des marchés aux TPME et l’adoption d’une préférence nationale. Sous quelles condi- tions cette réforme pourrait véri- tablement se traduire en aug- mentation dans la valeur ajoutée des TPME? S. S. : La décision de réserver 30% des marchés publics aux TPME constitue une avancée significative en faveur du tissu productif national. Toutefois, son impact réel dépendra étroitement de ses modalités de mise en œuvre. Le premier enjeu est celui de la structu- ration des marchés. Des appels d’offres trop volumineux ou reposant sur des exigences techniques et des références disproportionnées excluent de facto
une large partie des petites entreprises. Le découpage en lots adaptés, par taille, complexité ou zone géogra- phique, apparaît dès lors indispensable pour garantir une participation effective des TPME. Le deuxième enjeu, souvent sous-esti- mé, concerne les délais de paiement. Sans amélioration significative des conditions de règlement de la com- mande publique, l’accès accru des TPME aux marchés pourrait parado- xalement accentuer leurs tensions de
trésorerie et limiter leur capacité d’exé- cution, alors même que l’objectif initial est de les renforcer. Le troisième point porte sur la qua- lité de la participation. En l’absence de mécanismes de contrôle suffisants, certaines TPME risquent de se retrou- ver cantonnées à un rôle de sous-trai- tance formelle, sans captation réelle de valeur ajoutée. La transparence sur les chaînes de sous-traitance et le suivi effectif de la part de valeur produite deviennent ici essentiels.
Enfin, la réussite de cette réforme sup- pose un véritable accompagnement des TPME. Cela passe par un meilleur accès au financement d’exécution (pré- financement des marchés, garanties, facilités de trésorerie), mais aussi par un renforcement des capacités tech- niques et une meilleure visibilité sur les plans d’achats publics. Sans ces condi- tions, l’ouverture des marchés publics risque de rester essentiellement quan- titative, sans transformation profonde du tissu productif. ◆
POUR NE RIEN RATER DE LA BOURSE @bourse_news @boursenews www.boursenews.ma Bourse news
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker