FNH N° 1232

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FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 23 AVRIL 2026

notamment des races locales, constitue le cœur du métier de l’ANOC et le pilier de sa stratégie. Les programmes d’amélioration génétique, menés en étroite colla- boration avec le ministère de l’Agri- culture depuis les années 1980, ont abouti à des résultats remar- quables en matière de préserva- tion des races locales et d’amélio- ration de leurs performances dans leurs zones d’origine. Le Maroc est aujourd’hui recon- nu comme un modèle à l’échelle internationale et une référence convoitée au niveau du continent africain dans ce domaine. F.N.H. : Le SIAM consti- tue un espace privilégié d’échanges internatio- naux, notamment avec le Portugal, pays à l’hon- neur de cette 18ᵉ édition. Quelles perspectives de coopération et de partena- riat envisagez-vous pour le développement de la filière ovine et caprine ? S.C. : Nous travaillons activement avec la coopération internationale afin de faire évoluer notre activité et renforcer les compétences au service du secteur ovin et caprin. Ainsi, un partenariat a été conclu lors du SIAM 2025 avec des pro- fessionnels français, notamment la Chambre d’agriculture Auvergne- Rhône-Alpes et ROM Sélection, avec pour objectif d’améliorer la performance et la résilience des systèmes d’élevage ovins et caprins au Maroc. Les premières actions concrètes de ce partenariat seront mises en œuvre après le SIAM 2026, période durant laquelle nous finali- serons le plan d’action. Par ailleurs, un financement d’en- viron 20 millions de dirhams a été obtenu dans le cadre d’un pro- jet avec la coopération allemande (KfW-IFE), visant l’extension de l’Institut de formation aux métiers de l’élevage. Il s’agit d’un établis- sement public spécialisé dans la filière ovine et caprine, géré par l’ANOC dans le cadre d’un par- tenariat public-privé. Cet institut assure la formation des jeunes aux

 Un financement d’environ 20 MDH, mobilisé dans le cadre d’un partenariat avec la coopération allemande, soutient le renforcement des compétences dans les métiers de l’élevage.

F.N.H. : Dans un contexte de mutation profonde du secteur agricole et d’exi- gences accrues en matière de durabilité, quelle vision stratégique portez-vous pour l’avenir de la filière et comment l’ANOC accom- pagne-t-elle cette transfor- mation ? S.C. : Les crises que notre secteur a traversées au cours des six der- nières années nous ont permis de tirer de nombreux enseignements stratégiques. Il est aujourd’hui évident que l’on ne peut plus produire des ovins et des caprins comme auparavant. L’élevage de demain ne devra rien laisser au hasard. Pour être rentable, il devra être pointu et efficace à tous les niveaux tech- niques, notamment la reproduc- tion, l’alimentation, la génétique, la gestion des naissances, la santé animale et l’hygiène des bâtiments d’élevage. Sur le plan économique, le trou- peau devra être géré comme une entreprise, avec une logique de

métiers de l’élevage et contribue à la montée en compétence du secteur. F.N.H. : Après plusieurs années de sécheresse, atténuées par des préci- pitations plus favorables cette saison, comment éva- luez-vous l’état actuel de la filière ovine et caprine, notamment à l’approche de l’Aïd Al-Adha ? S.C. : Selon les résultats du der- nier recensement réalisé entre juil- let et août 2025, le cheptel ovin et caprin national s’élève à 30,6 mil- lions de têtes, ce qui constitue un record historique. Habituellement, ce chiffre fluctue entre 25 et 26 millions de têtes, et c’est la pre- mière fois que nous dépassons la barre des 30 millions. Cela traduit une bonne santé du cheptel national et une recons- titution rapide, soutenue par les mesures exceptionnelles prises par l’État, notamment les déci- sions liées à la fête du sacrifice en 2025, ainsi que par la capacité de résilience des races locales face aux crises. Les résultats de ce recensement laissent ainsi présager une offre importante et suffisante pour l’Aïd Al-Adha cette année.

maximisation de la productivité, de réduction des pertes et de rationalisation des dépenses. Cela passe nécessairement par l’amé- lioration de la maîtrise technique des éleveurs, la formation, l’enca- drement et la professionnalisation de l’activité d’élevage. La souveraineté alimentaire repose également sur la valorisation des races locales, souvent les plus résistantes aux crises et aux chocs climatiques. Cela a été démon- tré de manière spectaculaire au cours des six dernières années. Le Maroc devra ainsi consolider les acquis des programmes d’amé- lioration génétique des ovins et caprins et en tirer des enseigne- ments pour la filière bovine. Et compte tenu des avancées scientifiques en matière de sélec- tion génétique, l’ANOC a récem- ment engagé, en partenariat avec des organismes de recherche nationaux et internationaux, des travaux d’expérimentation sur la sélection génomique. Cette tech- nique, basée sur le séquençage de l’ADN et les marqueurs génétiques, permettra une amélioration plus rapide, plus précise et plus effi- cace des ovins et des caprins. Elle permettra également d’intégrer des critères tels que la résistance aux maladies et la rusticité. ◆

Les crises que notre secteur a traversées au cours des six dernières années nous ont permis de tirer de nombreux enseignements stratégiques.

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