FNH N° 1232

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 23 AVRIL 2026

de 2.000 milliards de dollars de revenus et 50 millions d’emplois, avec des projections qui tablent sur une contribution de 10% au PIB mondial à l’horizon 2030. Au Maroc, les opportunités de croissance ont déjà été identifiées pour ces industries. L’attractivité touristique grandissante du Royaume, qui a atteint les 19,8 millions de visiteurs en 2025, et la dynamique autour des préparatifs de la réception de la Coupe du monde de la FIFA 2030, constituent des fenêtres d’opportunité pour l’essor du secteur. Les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE), qui ont atteint 11 milliards de dollars en 2024, pourraient constituer des sources potentielles de financement pour les TPME du secteur. ◆

 Le secteur des ICC est celui dont la croissance est la plus rapide, avec un effet multiplicateur équivalent à 2,5 dollars de valeurs générés pour chaque Dollar investi.

Industries créatives et culturelles Un secteur freiné par l’accès au crédit S Malgré une croissance soutenue et des perspectives prometteuses, le secteur reste confronté à un défi majeur : un accès au financement encore largement insuffisant. Par J. M.

Les mesures pour développer les ICC, selon Hakam Boubker

«Pour libérer le potentiel du gaming et des industries créa- tives au Maroc, plusieurs leviers doivent être activés. Il s’agit de la mise en place de mécanismes de financement adaptés, notamment des subventions, des crédits à taux préférentiels et le capital-risque spécialisé pour soutenir l'investis- sement et l'innovation. Par ailleurs, le renforcement des partenariats public-privé permet- trait de créer des écosystèmes durables, d’attirer les investis- seurs étrangers et d’accompagner la structuration du secteur. S’agissant du gaming, un dévelop- pement sain de l’activité nécessite une sensibilisation des parents et du public. Cela peut se faire par des campagnes pour promouvoir l’usage responsable et mettre en avant les bénéfices éducatifs et cognitifs. Enfin, une intégration éducative du gaming via des programmes scolaires ou extrascolaires axés sur la stratégie, la logique et l'es- port encadré, est souhaitée pour en faire un outil de développement personnel. La valorisation des opportunités professionnelles à travers la promotion des carrières dans l'esport, le développement, le design, le streaming et l'événemen- tiel, est également nécessaire afin de changer durablement la percep- tion du secteur.

elon les données du rapport de la Société financière internationale (IFC), les industries culturelles et créatives (ICC) ont généré envi- ron 116.000 emplois en 2023, dont 34% sont occupés par des femmes. Ces industries contri- buent au PIB à hauteur de 2,4%, un niveau comparable à celui de certains secteurs stratégiques et à forte intensité capitalistique comme les industries extractives ou encore le transport et la logis- tique. Par ailleurs, les acteurs de cette industrie sont identifiés comme les entreprises des domaines de la mode, du design et de la beauté; des jeux vidéos et des arts numériques; de l’événemen- tiel, du festival et des arts du spectacle; des arts créatifs et de l’artisanat et enfin du cinéma et des films. Il existe environ 9.500 entreprises opérant dans ce sec- teur, soit près de 3% du tissu productif national. En 2023, elles ont généré un chiffre d’affaires de 43 milliards de dirhams, en hausse de 18% par rapport à l’année 2022.

Casablanca. Par ailleurs, «nous faisons face à un autre défi majeur : le position- nement culturel du jeu vidéo au Maroc. Contrairement à d'autres pays, le gaming y est souvent réduit à une simple distraction, voire une perte de temps, plutôt qu'à une activité structurée, édu- cative et porteuse d'opportunités économiques. Il y a une image négative du secteur, et malgré l'émergence de métiers profes- sionnels à l'international (esport, création de contenu, développe- ment, événementiel), le gaming est rarement vu comme un secteur viable au Maroc. Cette méconnais- sance limite son attractivité et son potentiel de croissance», précise Hakam Boubker. Cependant, le poids des entre- prises créatrices et culturelles dans l’économie mondiale ne cesse de croître. L’IFC identifie d’ailleurs le secteur des ICC comme celui à la croissance la plus rapide, avec un effet multiplicateur équivalent à 2,5 dollars de valeurs générées pour chaque Dollar investi. Cette industrie a de ce fait généré près

Contraintes de financement Malgré ces résultats, l’industrie créative et culturelle marocaine se heurte à des contraintes majeures liées notamment à son déficit de financement. Environ 3% seule- ment des entreprises du secteur bénéficient de l’accès au crédit. En 2021, ces dernières ont reçu moins de 0,5% de l’encours total alloué aux entreprises, l'un des taux les plus faibles, tous secteurs confon- dus. Une situation qui contraint la majorité d’entre elles à dépendre des fonds propres. La moyenne est de 76% des entreprises qui s’autofinancent, mais dans cer- tains sous-secteurs comme les évènements ou l’édition, elle peut atteindre les 95%. « L'accès limité au financement constitue l'un des principaux freins à notre crois- sance. Les institutions financières perçoivent encore les industries créatives comme des secteurs à haut risque, en raison de modèles économiques difficiles à quantifier, ce qui entraîne une sous-valori- sation systématique des métiers créatifs», précise Hakam Boubker, fondateur de Versus Arena Gaming

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