FNH N° 1241

13

FINANCES NEWS HEBDO

VENDREDI 3 JUILLET 2026

du secteur financier par le FMI et la Banque mondiale dans le cadre du Programme d'évaluation du secteur financier (FSAP), ainsi que l'évaluation du Maroc dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (GAFI) renforceront encore les exigences en matière d'information financière. Cette vision est largement partagée par Bank Al-Maghrib. Adjointe au Directeur de la supervision bancaire à la Banque centrale, Ilham Zainane a rappelé que l'information financière est désormais au cœur du fonctionnement des marchés. «L'information financière est devenue un élément primordial du bon fonctionnement des marchés dans un environnement économique et financier de plus en plus complexe», affirme-t-elle. Au-delà de la confor- mité réglementaire, elle constitue un instrument d'évaluation des risques, d'allocation efficiente des ressources et de renforcement de la confiance des investisseurs. La représentante de Bank Al-Maghrib a souligné les efforts déployés par l'institution pour doter le secteur ban- caire d'un cadre réglementaire aligné sur les meilleures pratiques interna- tionales. Les exigences prudentielles, les normes comptables IAS/IFRS et les principes du Comité de Bâle consti- tuent aujourd'hui le socle de cette démarche, progressivement enrichie pour intégrer les risques climatiques ainsi que les nouvelles exigences de communication liées au développe- ment durable. Pour accompagner cette évolution, Bank Al-Maghrib estime que les défis à venir concernent autant la qualité des données que la digitalisation de l'infor-

 Ilham Zainane, adjointe au directeur

de la Supervision bancaire à BAM

mation financière, la cybersécurité ou encore le développement du repor- ting extra-financier. Pour Zainane, «ces défis nécessitent une mobilisation col- lective de l'ensemble des acteurs de l'écosystème financier afin de conti- nuer à renforcer la qualité de l'infor- mation financière, véritable socle de la confiance, de la stabilité des marchés et du financement durable de l'écono- mie» . Vers une nouvelle culture du dialogue avec les investisseurs Même constat du côté de la Bourse de Casablanca. Son président du Conseil d'administration, Brahim Benjelloun- Touimi, estime que les profondes modernisations engagées ces der- nières années (lancement du marché à terme, mise en service de la chambre de compensation et modernisation des infrastructures) constituent une étape importante, mais ne suffisent pas à elles seules à transformer durablement la place financière.

Pour lui, le véritable facteur différen- ciant réside désormais dans la qualité de la communication des entreprises avec leurs investisseurs. «La commu- nication financière est aujourd'hui bien davantage qu'un simple exercice de conformité. Elle constitue un levier stratégique de création de valeur et de confiance» , fait-il savoir. Selon lui, les entreprises doivent désor- mais adopter une communication plus ouverte, plus prospective et davan- tage tournée vers le dialogue. Il plaide notamment pour une communication fondée sur des objectifs crédibles, des hypothèses clairement expliquées et une vision de moyen terme, tout en faisant du trilinguisme (arabe, français et anglais) un standard de la place financière. Cette évolution implique, selon lui, un véritable changement de culture. «Nous devons passer d'une culture de la publication à une culture du dia- logue, d'une logique de conformité à une logique de conviction, d'une com- munication défensive à une communi- cation créatrice de confiance», affirme- t-il. Une transformation qu'il juge indis- pensable si le Maroc veut accélérer son ambition de rejoindre durablement le cercle des marchés émergents et renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux. Le président de l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) a, pour sa part, élargi

Nous devons passer d'une culture de la publication à une culture du dialogue, d'une logique de conformité à une logique de conviction, d'une communication défensive à une communication créatrice de confiance», dixit Brahim Benjelloun-Touimi.

 Brahim Benjelloun-Touimi, président du Conseil d'administration de la Bourse de Casablanca

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker