Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc
Du 3 juillet 2026 - 8 DH - N° 1241
PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC
Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli
France-Maroc Le traité d'amitié d'une relation qui se réinvente Entretien avec Peer de Jong, colonel, expert en géopolitique
Fintech Booster Le Maroc veut faire émerger ses champions P.10/11
P. 30/31
P. 3/12 à 21
«La réforme prépare le Maroc aux standards internationaux» Entretien avec Abdelmadjid Belaïche, expert en industrie pharmaceutique. Code du médicament
93% renouvelable, 12% utile Le Maroc s'est-il trompé de transition ?
P. 24 à 26
P. 32/33
Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma
SOMMAIRE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 3 JUILLET 2026
4 5 ACTUALITÉ
ECONOMIE
Editorial
Voyons voir : Croissance à deux vitesses Ça se passe ailleurs
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Entretien avec Fayçal Amar : E-facture, «L’objectif est de faire du cadre réglementaire un véritable levier d’évolution et de développement» Entretien avec Abdelmajid Belaïche : Industrie pharmaceutique, «La réforme du Code du médi-cament prépare le Maroc aux standards internationaux» Entretien avec Mbarka Bouaida : Guelmim-Oued Noun, «L’un des projets phare pour le dévelop- pement de la région est le nouveau port de Tan Tan»
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BOURSE & FINANCES
Revolut : Le Maroc est-il réfractaire à la concurrence étrangère ? Entretien avec Oussama Attahir :
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Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication
Capital-investissement, La nouvelle trajectoire du financement des entreprises marocaines Banque d’investissement : Crédit du Maroc passe à la vitesse supérieure Entretien avec Khalid Aabid : Banque d’investisse- ment, «CDM Capital est en avance sur son plan de développement» Fintech Booster : Le Maroc veut faire émerger ses champions de la fintech
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L La confiance, premier capital des marchés
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e thème choisi pour la première édition du Symposium de l'infor- mation financière organisé par Boursenews posait une question en apparence simple : «Communication financière : levier de confiance ou simple obligation réglementaire» ? Au fil des interven- tions, une évidence s'est imposée : la communication financière n'est plus une obligation administrative que les entreprises et les institutions s'acquittent à échéances fixes. Elle est devenue une infrastructure invisible sans laquelle aucun marché moderne ne peut durablement prospérer. Il suffit d'observer les mutations du marché marocain pour mesurer le chemin parcouru. Modernisation de la Bourse de Casablanca, lancement du marché à terme, renforcement des exigences prudentielles et convergence progres- sive vers les standards internationaux... sont autant d’évolutions techniques qui montrent qu’un marché financier ne se construit pas uniquement avec des plateformes performantes ou des textes réglementaires. Il repose avant tout sur un actif immatériel infiniment plus précieux : la confiance. Cette idée a traversé l'ensemble des interventions. Le directeur du Trésor et des Finances extérieures a rappelé avec raison que transparence et dévelop- pement des marchés avancent de concert. Plus l'information est accessible, fiable et régulière, plus les investisseurs acceptent de financer l'économie. Autrement dit, la communication financière ne crée pas la performance éco- nomique. Elle lui donne sa crédibilité. Les régulateurs l'ont parfaitement compris. Bank Al-Maghrib comme l'ACAPS ne parlent plus uniquement de reporting ou de conformité. Elles évoquent désormais la qualité des données, la gouvernance, les risques climatiques, la cybersécurité, les reportings extra-financiers et l'information prospective. Une évolution qui traduit un changement profond : la supervision ne consiste plus seulement à contrôler les chiffres, mais également à apprécier la capa- cité des institutions à expliquer leur modèle, leurs risques et leur vision. Le président du Conseil d'administration de la Bourse de Casablanca a sans doute résumé cette transformation avec le plus de force en appelant à passer «d'une culture de la publication à une culture du dialogue». Toute la différence est là. Le défi est donc autant culturel que réglementaire. Une entreprise qui attend la date légale de publication pour communiquer reste enfermée dans une logique défensive. Celle qui entretient un dialogue permanent avec ses investisseurs construit progressivement un capital de confiance qui finit par devenir un avantage concurrentiel. Finalement, la question posée au début de cette rencontre appelle une réponse sans ambiguïté. La communication financière n'est plus une obliga- tion réglementaire que l'on subit. Elle est devenue une politique de confiance. Et, dans un monde où les fausses informations circulent parfois plus vite que les faits, la confiance est sans doute le rendement le plus précieux qu'un marché puisse offrir à ses investisseurs. u
28 L'UNIVERS DES TPME
Entretien avec Iness El Amine : Cosmétique, «Le Made in Morocco ne doit pas être un argument d’origine, mais un argument d’exigence»
30 POLITIQUE
Entretien avec Peer de Jong : France-Maroc, Le traité d'amitié d'une relation qui se réinvente
FOCUS SYMPOSIUM DE L'INFORMATION FINANCIÈRE
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Communication financière : Changement de paradigme Disty Technologies : La transparence comme levier de confiance et de valorisation Information financière : De la conformité réglementaire à l'utilité stratégique du marché Marché des capitaux : A l'épreuve de la désinforma- tion numérique Reportage photos
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93% renouvelable, 12% utile : Le Maroc s'est-il trompé de transition ? 32 DEVELOPPEMENT DURABLE
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34 35 HIGH-TECH
Élections 2026 : L'IA change déjà les règles du jeu Smartphones : Le marché mondial change de modèle
• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine • Mise en page : Zakaria Beladal
• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL
• Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021
• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com
VOYONS VOIR
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 3 JUILLET 2026
Croissance à deux vitesses
le pouvoir d'achat et améliore la visibilité des entreprises. Le besoin de financement de l'économie demeure également limité à 1,5% du PIB, malgré un taux d'investisse- ment qui atteint désormais 32,9% du PIB contre 30,7% un an auparavant. Peu de pays émergents affichent aujourd'hui un tel niveau d'investissement. Mais une autre statistique mérite toute l'attention : les importations augmentent de 12,7%, beaucoup plus rapidement que les exportations (9,2%). Conséquence, les échanges extérieurs amputent la croissance de 2,3 points contre seulement 0,3 point un an plus tôt. Autrement dit, une partie de la richesse créée s'échappe vers l'extérieur, signe que l'appareil productif national ne répond pas encore pleinement à la vigueur de la demande. Ces comptes nationaux montrent donc une économie qui résiste, investit, consomme davantage et qui préserve ses grands équi- libres. Mais ils rappellent aussi que le véri- table test de résilience ne sera pas celui des années pluvieuses. Il viendra lorsque l'agri- culture retrouvera un rythme plus ordinaire. Le jour où le Maroc pourra afficher une croissance de 4 ou 5% sans avoir besoin d'une récolte exceptionnelle pour y parvenir, il aura véritablement changé de modèle éco- nomique. C'est sans doute ce chiffre-là, plus encore que celui de la croissance trimes- trielle, qui marquera une véritable rupture. ◆ oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)
Cette photographie de l'économie maro- caine est riche d’enseignements. Depuis des années, les stratégies publiques visent justement à réduire la dépendance du pays aux aléas climatiques. Or, dès qu'une bonne campagne agricole survient, elle cache immédiatement les difficultés structurelles de l'industrie. A l'inverse, lorsqu'une séche- resse frappe, toute la croissance vacille. Cette alternance n'est plus seulement un constat, mais plutôt une faiblesse récur- rente. Pour autant, tout n'est pas sombre. La demande intérieure confirme sa solidité. Les ménages retrouvent de l'appétit, avec une consommation qui progresse de 4,6% contre seulement 1,1% un an auparavant. Les dépenses publiques accélèrent égale- ment (+4,9%), tandis que l'investissement, malgré un ralentissement, affiche encore une progression remarquable de 10,8%. Résultat : la demande intérieure contribue à elle seule à 6,9 points de la croissance. Autre motif de satisfaction : l'inflation reste contenue à 1,1%, un niveau qui soutient
4 ,6%. C'est le taux de croissance enregis- tré par l'économie marocaine au premier trimestre 2026. Un chiffre qui ferait envie à bien des économies. Pourtant, cette perfor- mance masque une réalité beaucoup moins homogène : la croissance marocaine repose encore largement sur une agriculture excep- tionnelle (+18,4%), tandis que le reste de l'économie donne des signes d'essouffle- ment. En effet, alors que le secteur agricole bondit de près de 20%, les activités non agricoles voient leur rythme de croissance tomber de 4% à seulement 2,6%. Pis encore, le secteur secondaire bascule dans le rouge, avec une contraction de 1%, après une progression de 2,9% un an plus tôt. Les industries extrac- tives reculent de 3,2%, les industries manu- facturières de 1,3%, tandis que l'électricité et l'eau enregistrent une baisse de 3,4%. Même la construction, pourtant portée par les grands projets d'infrastructures, ralentit brutalement, passant de 7,1% à 1,5%. Par D. William
La locomotive agricole tire seule un train dont plusieurs wagons peinent à suivre.
En clair, la locomotive agricole tire seule un train dont plusieurs wagons peinent à suivre.
ÇA SE PASSE AU MAROC
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Énergie
265 M$ de la Banque mondiale pour la STEP d’Ifahsa
L e Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un financement de 265 millions de dollars en faveur de la future station de transfert d'énergie par pompage (STEP) d'Ifahsa, près de Chefchaouen. Parmi les plus importants projets de stockage d'électricité du continent africain, cette installation de 300 MW renforcera la stabilité du réseau national en facilitant l'intégration des énergies renouvelables. Véritable batterie hydraulique, elle permettra de stocker les excédents de production solaire et
DGI
Les nouvelles mesures fiscales entrées en vigueur le 1 er juillet L a Direction générale des impôts (DGI) a rappelé l'entrée en vigueur, à compter du 1 er juillet 2026, de plusieurs dispositions fiscales issues de la Loi de Finances, portant sur l'impôt sur les sociétés (IS), l'impôt sur le revenu (IR) et les droits d'enregistrement. La principale évolution concerne l'instauration d'une retenue à la source de 5% sur les revenus locatifs. Au titre de l'IS, cette obligation s'applique aux entreprises dont le chiffre d'affaires annuel hors TVA atteint ou dépasse 500 millions de dirhams. Au titre de l'IR, elle concerne les loyers versés à des personnes phy- siques imposées selon les régimes du résultat net réel (RNR) ou du résultat net simplifié (RNS). Les sommes prélevées devront être reversées à l'administration fiscale avant la fin du mois suivant celui de la retenue et pourront être imputées sur l'impôt dû. La DGI précise également que cette retenue porte sur les loyers des biens immobiliers bâtis ou non bâtis, à l'exclusion des personnes bénéficiant d'une exonération permanente de l'IS. Autre nouveauté, un droit d'enregistrement supplé- mentaire de 2% est désormais applicable aux cessions de biens immobiliers de plus de 300.000 dirhams et aux fonds de commerce lorsque les modalités de paiement ne sont pas mentionnées dans l'acte ou ne permettent pas d'assurer leur traçabilité. Cette majoration ne s'applique toutefois qu'à la fraction du prix réglée en espèces lorsqu'un paiement mixte est effectué. ■
éolienne avant de les restituer lors des pics de consommation. Le projet devrait générer près de 820 emplois directs par an durant sa phase de construction et ouvrir la voie à environ un milliard de dollars d'investissements privés dans les énergies renouvelables. Cofinancée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, la STEP d'Ifahsa contribuera également à réduire de près de 1,7 million de tonnes les émissions annuelles de CO 2. ■
Commerce extérieur
Les prix à l'import reculent, ceux à l'export progressent au T1 2026 L es indices des valeurs unitaires à l'importation ont reculé de 0,5% au premier trimestre 2026, tandis que ceux à l'exportation ont progressé de 2,6%, selon le haut-commissariat au Plan (HCP). Le repli des prix à l'import s'explique principalement par la baisse des valeurs unitaires de l'énergie et des lubrifiants (-7,8%), des produits d'équipement industriel
(-3,3%), des produits alimentaires (-6%) et des demi-produits (-1,3%). À l'inverse, la forte progression des produits bruts d'ori- gine minérale (+80,9%) et la hausse des produits finis de consommation (+2,8%) ont limité le recul de l'indice global. Du côté des exportations, l'évolution est portée notam- ment par les produits alimentaires (+7,1%), les produits finis de consommation (+5,6%) et les équipements agricoles (+20,5%), mal- gré un repli des demi-produits (-5,6%), des produits bruts d'origine animale et végétale (-12%) et de l'énergie (-4,8%). ■
France-Maroc : Laâyoune accueille une Alliance française
L’ Alliance française de Laâyoune a été officiellement inaugurée mercredi en pré- sence de l'ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot. Dédiée à l'enseignement de la langue française, aux échanges culturels et à la promotion de la création artistique, cette nou- velle structure ambitionne de développer une offre pédagogique et culturelle à destination de diffé- rents publics, tout en favorisant le dialogue inter- culturel et le rayonnement culturel de la région. Il s'agit de la troisième Alliance française implantée au Maroc, après celles de Safi et de Ouarzazate, portant à quinze le nombre d'établissements du
gement des engagements pris lors de la visite d'État du président français Emmanuel Macron au Maroc en 2024 et témoigne du renforcement de la coopération culturelle et éducative entre les deux pays. En marge de cette inauguration, Philippe Lalliot a rencontré les autorités régionales afin d'échanger sur la dynamique de développement des provinces du Sud et les perspectives de coopération. La délégation française a également visité plusieurs infrastructures structurantes de Laâyoune, notamment la Cité des métiers et des compétences, le Centre hospitalier universitaire et la grande médiathèque. ■
réseau culturel français dans le Royaume, aux côtés des douze Instituts français. Selon l'ambas- sadeur, cette ouverture s'inscrit dans le prolon-
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BOURSE & FINANCES
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Revolut Le Maroc est-il réfractaire à la concurrence étrangère ?
justification. Toutefois, l’évocation par le banquier central de la pré- sence d’acteurs nationaux couvrant déjà un segment convoité par un acteur international en l’occurrence Revolut, soulève des interrogations. «Ce n'est plus un argument régle- mentaire, c'est un argument de marché. Et pour un investisseur étranger, c'est une ligne rouge. Cela ressemble à de la protection des acteurs en place, pas à de la régulation prudentielle. Pour moi, le vrai risque n'est pas ce report en lui-même; c'est l'absence de lisibi- lité sur les critères d'accès. Quand est-ce que les chantiers seront ter- minés ? Quelles conditions permet- tront de rouvrir le dossier ? Sans réponse à ces questions, le Maroc envoie un signal de flou réglemen- taire; ce qui coûte cher en termes d'attractivité, surtout pour un pays qui se positionne comme hub finan- cier régional», précise Sara Sbai.
dominaient les encours avec près de 1.000 milliards de crédits distri- bués et 1.200 milliards de dépôts cumulés. D’autre part, la croissance de l’éco- nomie marocaine est ressortie à 4,9% en 2025 et les prévisions de Bank Al-Maghrib tablent sur un niveau de croissance de 5,2% pour l’année 2026, avant un ralentisse- ment à 3,1% en 2027. R Avec 75 millions de clients dans le monde, Revolut voit dans le Maroc un marché à fort potentiel. Mais si la néobanque britannique affiche ses ambitions, Bank Al-Maghrib privilégie la prudence, invoquant des impératifs réglementaires et internationaux. Par J. O.
evolut compte aujourd’hui à son actif près de 75 millions de clients à travers le monde. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 46% à 5,2 milliards d’euros en 2025, la banque britannique a formulé l’ambition d’étendre son réseau à plus de 100 pays et d’élargir sa base de clients à 100 millions à moyen terme. L’intérêt porté sur le marché maro- cain n’est donc pas anodin. Le Maroc, c’est quelque 38 millions d’habitants, près de 1.300 milliards de dirhams de crédits distribués et 1.400 milliards de dépôts bancaires, en croissance régulière depuis quelques années. Les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE) représentent une manne tout aussi importante. À fin 2025, ces transferts ont atteint 122 milliards de dirhams, en progres- sion de 2,6% sur un an. Par ailleurs, le secteur bancaire national reste concentré autour de quelques établissements. À fin 2025, Attijariwafa bank, Banque Centrale Populaire et Bank of Africa
acteurs européens sur le cadre réglementaire applicable aux trans- ferts de fonds des Marocains rési- dant à l’étranger (MRE). D’autre part, il y a les évaluations attendues en fin d’année des institutions financières internationales, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Cette contrainte n’est d’ailleurs pas des moindres. En effet, «ces institutions n’évaluent pas seule- ment les chiffres; elles évaluent la qualité de la supervision bancaire et la capacité du régulateur à maîtriser les risques. Autoriser une fintech étrangère de cette taille, sans cadre réglementaire adapté, enverrait un signal négatif, celui d’un régulateur qui prend des décisions précipi- tées. En cas de problème (fuite de capitaux, fraude, instabilité…), c’est Bank Al-Maghrib qui en porterait la responsabilité devant ces institu- tions. Le timing est donc crucial» , fait savoir Sara Sbai, PhD - Senior Lead International Consultant - Corporate Finance, Strategy and Risk management. Autre impératif, les évaluations prévues par le Groupe d’action financière (GAFI) dans le cadre des mécanismes internationaux de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Un point tout aussi important. «Le Maroc est sorti de la liste grise en 2023 après des efforts considé- rables. Ouvrir le marché à une pla- teforme de transfert massif avant de valider ces dispositifs serait ris- qué», précise Sbai. En somme, il s’agit de contraintes réelles auxquelles la prudence de la Banque centrale trouve toute
Le consommateur, grand perdant ?
Bien que solide et rentable, le sec- teur bancaire marocain reste mar- qué par sa forte concentration, avec cinq groupes qui contrôlent près de 80% des actifs. La concurrence sur ce marché bancaire présente des bénéfices indéniables pour le consommateur marocain. «Quand les acteurs en place ne sont pas challengés, les incitations à innover sur les prix, l'expérience client ou les services diminuent mécaniquement» , explique Sbai. Et de conclure qu’« Attijariwafa bank a lancé Simple, une néobanque avec architecture freemium, carte vir- tuelle, virement instantané, directe- ment inspirée du modèle Revolut. Elle a été présentée en mai 2026, quelques semaines avant la réunion avec Jouahri. Ce n'est sûrement pas une coïncidence, c'est exactement la pression concurrentielle à l'œuvre, même sans entrée effective de Revolut. La concurrence fonctionne donc, mais elle fonctionne à moitié. Les acteurs locaux s'adaptent à la menace, mais sans que le consom- mateur bénéficie de la vraie mise en concurrence sur les prix. C'est le paradoxe, la simple présence de Revolut à l'horizon a déclenché de l'innovation, imaginez ce qu'une entrée réelle produirait». ◆
Le Maroc constitue ainsi une réelle opportunité d'affaires tant par son économie dynamique et en crois- sance continue que par son marché bancaire mature et en pleine trans- formation numérique. La néobanque britannique n’a cependant fait aucune demande d’agrément auprès de la Banque centrale pour le moment. Toutefois, un intérêt a été formulé auprès de cette dernière en juin 2025. Le momentum inadéquat Avec son modèle de super applica- tion financière qui cherche à cen- traliser tous les services financiers du quotidien sur une seule plate- forme, Revolut convoite ainsi un segment de marché déjà investi par des acteurs nationaux. C’est l’un des arguments évoqués par le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, à l’issue du Conseil de la Banque centrale de juin dernier. De plus, ajoute-t-il, le Maroc est engagé sur des impératifs régle- mentaires et de conformité qui limitent actuellement les agréments pour des établissements de cré- dit. Au nombre de ces impératifs, on retrouve, d’une part, les négo- ciations encore en cours avec les
La néobanque britannique a formulé l’ambition d’élargir sa base de clients à 100 millions à moyen terme.
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Le capital-investissement s’affirme comme un complément majeur au financement bancaire, tant les levées de fonds ont atteint des niveaux historiques en 2025. Près de 6,57 milliards de dirhams de capitaux injectés dans l’économie réelle pour soutenir l’innovation, l’industrialisation et la croissance. Entretien avec Oussama Attahir, Docteur en économie appliquée. Capital-investissement La nouvelle trajectoire du financement des entreprises marocaines
la gouvernance et les réseaux qu'ils apportent, essentiels pour assu- rer la profondeur et la robustesse financière nécessaires à nos ambi- tions. Mais lever des fonds ne suffit pas à faire un marché mature. F. N. H. : Les conditions de cette maturité sont-elles déjà remplies au Maroc ? O. A. : Le succès du capital-inves- tissement ne peut plus se mesurer à la seule capacité de collecte. Le véritable test de maturité réside dans la fluidité du cycle global : levée, investissement, création de valeur, et enfin sortie. Au Maroc, le verrou se situe au niveau des mécanismes de sor- tie. Pour franchir un nouveau cap, l'écosystème doit impérati- vement s'adosser à une Bourse de Casablanca dynamique. L'introduction en Bourse (IPO) est le maillon manquant qui permet de recycler plus rapidement les capitaux vers de nouveaux projets, créant ainsi un cercle vertueux de financement de l'innovation. Une Bourse plus dynamique ne bénéfi- cie pas uniquement aux fonds d'in- vestissement; elle élargit également les possibilités de financement des entreprises et améliore l'allocation du capital à l'échelle de l'écono- mie. Sans cette vélocité, le risque de goulot d'étranglement freinerait le renouvellement des fonds et la dynamique de croissance globale. En conclusion, le Maroc semble amorcer une transition vers un modèle où les fonds propres occupent une place croissante aux côtés du financement bancaire. Cette évolution est le corollaire indispensable de nos ambitions nationales. Au-delà des montants levés, l'enjeu réel est celui de la transforma- tion durable de l'épargne nationale en capital productif. Le véritable enjeu n'est donc plus de savoir si le capital-investissement peut remplacer le crédit bancaire, mais s'il parviendra à s'imposer dura- blement comme son complément naturel. La réussite se mesurera à la capacité du capital-investisse- ment à irriguer l'économie réelle, à accompagner l'émergence de nou- veaux champions nationaux et à renforcer la résilience du modèle de croissance marocain. ◆
Propos recueillis par J. M.
distinctes. La banque finance la solvabilité (le passé et le présent garantis), là où le capital-investis- sement finance le potentiel (le futur à construire). Plus fondamentalement, le capi- tal-investissement apporte ce que l'on nomme le «capital patient». Contrairement au crédit bancaire, soumis à des échéances de rem- boursement strictes, le capital- investissement accepte un horizon de temps long, permettant d'ac- compagner les entreprises dans leurs phases de pivot, de R&D ou d'expansion. La progression des investisse- ments en phase d'amorçage, qu'il convient de distinguer de la col- lecte globale des fonds, illustre cette spécialisation. Ces segments, vitaux pour l'innovation, sont struc- turellement délaissés par le crédit bancaire classique, qui exige des garanties et un historique de renta- bilité. En injectant du capital propre, les fonds permettent de dérisquer les entreprises et de structurer leur gouvernance. Le capital-investisse- ment prépare ainsi les entreprises à accéder, dans de meilleures condi- tions, au financement bancaire. Encore faut-il que les capitaux soient au rendez-vous. F. N. H. : Les résultats de l’année écoulée indiquent une montée en puissance des capitaux marocains dans l’enveloppe globale des levées de fonds. Qu’est-ce qui explique ce changement de paradigme ? O. A. : La montée en puissance des capitaux marocains est un indica-
Finances News Hebdo : Les levées de fonds en capital- investissement ont atteint un record de 6,57 milliards de dirhams en 2025. Peut- on parler d’un changement d’échelle du capital-investis- sement au Maroc ? Oussama Attahir : Dans toutes les économies cherchant à accélé- rer leur industrialisation, leur inno- vation et leur montée en gamme technologique, le capital-investis- sement est devenu un instrument stratégique de financement. Le Maroc semble aujourd'hui franchir un nouveau palier dans cette tra- jectoire. L'année 2025 marque un tournant avec un montant record de 6,57 milliards de dirhams de levées de fonds. Mais au-delà du volume, la dynamique observée sur les segments d'amorçage et la pré- dominance des capitaux domes- tiques (60% des fonds levés sur 2020-2025) nous invite à poser une problématique centrale : assiste- t-on à la naissance d'un véritable deuxième moteur du finance- ment de l'économie marocaine, ou sommes-nous face à un cycle conjoncturel porté par une impul- sion publique exceptionnelle ? F. N. H. : Dans l’écosystème du financement au Maroc justement, quel rôle joue le capital-investissement ? O. A. : Il est tout d’abord primordial d'évacuer une confusion fréquente: le capital-investissement n'a pas vocation à remplacer le crédit ban- caire. Ce sont deux instruments qui répondent à des logiques
teur de maturité. Elle témoigne d'un basculement de l'épargne natio- nale, historiquement orientée vers des placements plus traditionnels, vers l'investissement productif. Ce changement de paradigme est porté par une volonté de diver- sification des portefeuilles institu- tionnels face aux évolutions des conditions de marché, ainsi que par les besoins immenses de finan- cement des ambitions industrielles, énergétiques et technologiques du Royaume. Si le Fonds Mohammed VI pour l'investissement (FM6I) a indénia- blement joué un rôle de catalyseur, notamment en partageant une par- tie du risque et en rassurant les investisseurs privés, il ne doit pas être perçu comme l'explication unique. Cette dynamique reflète une volonté croissante des acteurs locaux de capter la création de valeur nationale. Toutefois, le défi de demain demeure l'attractivité internationale : un marché mature est un marché ouvert, capable d'attirer des investisseurs interna- tionaux, mais aussi les méthodes,
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BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 3 JUILLET 2026
en phase avec les meilleurs standards du mar- ché. Cette transformation a instauré un esprit d’adaptabilité et d’agilité fort qui permet de développer rapidement et durablement. La même dynamique a été mise en place du côté de l’activité Securities Services. Longtemps considérée comme une activité de support, cette ligne métier a connu une transforma- tion complète qui en fait aujourd’hui un véri- table levier de création de valeur. Désormais, l’activité Securities Services accompagne les investisseurs avec un haut niveau de service et d’efficacité qui en fait un des acteurs impor- tants de son segment.
Crédit du Maroc a relevé -en deux ans- le défi de bâtir une plateforme intégrée et pluridisciplinaire.
Créer et développer les activités complémentaires
Crédit du Maroc a également relevé le défi de créer, ex nihilo, plusieurs activités clés pour une couverture complète des besoins des clients. La banque a ainsi d’abord créé la société d’intermédiation boursière. Construite de zéro, CDM Capital Bourse est aujourd’hui pleinement opérationnelle et reconnue par les acteurs du marché. Son intégration étroite avec les autres métiers de la banque lui permet d’offrir à ses clients une expérience fluide et cohérente, illustrant la pertinence du modèle de banque d’investissement intégrée. Ensuite, CDM a créé la Gestion sous mandat qui permet d’offrir une gestion sur-mesure aux différents acteurs de la place. Enfin, et plus récemment, la banque a franchi une nouvelle étape avec le lancement de son activité de Conseil (Advisory) et d’Alternative Investment. Cette nouvelle activité, portée par une équipe expérimentée et reconnue, constitue l’un des axes majeurs de développement. L’objectif est d’accompagner les entreprises et les investis- seurs dans leurs opérations stratégiques, allant de la levée de fonds à la transmission d’entre- prises, en passant par la croissance externe, la restructuration ainsi que l’accès à des solutions de financement à forte valeur ajoutée. Cette dynamique de croissance s’est égale- ment traduite par une capacité à saisir rapide- ment les opportunités offertes par le marché. L’entrée dans le capital de Nema Capital, société de gestion d’OPCI, s’inscrit dans cette logique. Elle permet à la banque de renforcer son expertise et de proposer à sa clientèle des solutions complémentaires dans une classe d’actifs en plein essor, à savoir le secteur immobilier. La banque dispose désormais d’une banque d’investissement couvrant l’ensemble des ser- vices à la clientèle : marchés de capitaux, intermédiation boursière, conservation et Asset services, OPCVM, gestion d’OPCI, conseil financier et investissements alternatifs. Ainsi, Crédit du Maroc a su diversifier ses activités et ses revenus en s’imposant rapidement sur ces métiers. ◆
Banque d’investissement Crédit du Maroc passe à la vitesse supérieure Dans le cadre de sa nouvelle dynamique stratégique portée par le plan «CDM Boost 2028», Crédit du Maroc accélère le déploiement de ses métiers de banque d’investissement. Entre refonte profonde des activités historiques, lancements d’activités d’expertise et prises de participation stratégiques, ce pôle se positionne comme un levier majeur de croissance et de diversification pour la banque. Par Y . Seddik
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l’heure où le marché marocain connaît des mutations profondes, Crédit du Maroc (CDM) fait de sa banque d’investissement un pilier cen- tral de sa stratégie de conquête. Engagée dans une nouvelle ère de développement depuis sa reconfiguration actionnariale sous le giron du Groupe Holmarcom, l'institution déploie une feuille de route ambitieuse visant à élargir sa proposition de valeur auprès des institutionnels, des corporates et de la clientèle patrimoniale. Objectif : installer durablement la banque parmi les acteurs de référence des métiers de la banque d’investissement. Portant les fruits des chantiers lancés dans cette perspective, Crédit du Maroc a relevé - en deux ans - le défi de bâtir une plateforme intégrée et pluridisciplinaire. Un chantier d’une ampleur rare, mené avec une ambition claire: proposer à la clientèle une offre de services complète, performante et parfaitement intégrée au service d’une clientèle exigeante. «Nous avons de grandes ambitions, des pers- pectives prometteuses et, surtout, une feuille de route claire, aujourd’hui mise en œuvre de manière très efficace» , souligne-t-on auprès du top management du groupe lors de la confé- rence de presse financière. En effet, l’agilité commerciale, adossée à une
expertise technique renforcée, permet à la banque d’investissement CDM de s'affirmer comme un challenger de premier plan face aux majors historiques de la place. Le déploiement de ces activités ne s'opère pas en silo. Tout l’enjeu réside dans la forte complé- mentarité développée entre les activités de la banque d’investissement et chacune des autres activités de la banque et la nécessité d’intégrer l’expertise de la banque d’investissement dans le dispositif commercial global. Ces passerelles fluides entre la banque de financement, la banque commerciale et les métiers d’expertise permettent à Crédit du Maroc d’assurer un ser- vice d’excellence et d’optimiser ses ressources en allant vers des produits et services à haute valeur ajoutée.
Transformer et repositionner les activités historiques
Parmi les premières réalisations de la banque d’investissement figure la profonde transforma- tion d’activités comme l’a connue la salle des marchés. Entièrement repensée, tant dans son organisation que dans ses processus et ses outils, la salle des marchés s’est rapidement imposée comme une plateforme performante, offrant une qualité d’exécution et une expertise
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 3 JUILLET 2026
Propos recueillis par Y. Seddik Dans cet entretien, Khalid Aabid, directeur du Pôle banque d’investissement du Crédit du Maroc, revient sur la transformation engagée par CDM Capital ces dernières années. Structuration des métiers, intégration au dispositif commercial de la banque, montée en expertise des équipes, développement du conseil, de l’intermédiation boursière, de la gestion sous mandat et des OPCI…, il détaille les principales étapes d’une montée en puissance désormais présentée comme un axe stratégique pour le groupe. Banque d’investissement «CDM Capital est en avance sur son plan de développement»
d’OPCI. En termes de réalisations finan- cières, nous disposons aujourd’hui d’une banque d’investissement per- formante, en avance sur son plan de développement et sur sa feuille de route. Beaucoup de choses restent à faire, mais nous avons la convic- tion que notre modèle nous permet d’accompagner nos clients au plus près et que nous sommes outillés pour relever les défis à venir et accompagner la dynamique écono- mique que connait le Royaume et qui s’intensifie de jour en jour. F. N. H. : Quels ont été les facteurs clés qui ont permis une telle réussite ? Kh. A. : Pour réussir un projet de cette ampleur dans des délais aussi courts, l’alignement parfait de toutes les parties prenantes et à tous les niveaux est indispensable. L’impulsion et le soutien du groupe Holmarcom dès son entrée dans le capital du Crédit du Maroc ainsi que la confiance et l’implication du management de la banque ont été décisifs. Ces éléments ont conduit à poser une stratégie de développe- ment claire et partagée. Ensuite, le plan d’implémentation de cette stratégie a été déployé avec rigueur et discipline, sans tou- tefois manquer d’agilité : à chaque fois que des ajustements ont été nécessaires pour répondre au mieux aux attentes du marché et de nos clients, la banque a fait preuve d’une agilité et d’une rapidité de prise de décision que j’ai rarement vu au cours de ma carrière. Enfin, l’autre facteur clé de succès est l’adhésion et l’engagement de tous les collaborateurs autour de ce projet, la forte implication de celles et ceux qui y ont cru puis porté avec professionnalisme et enthousiasme. Et cela vaut aussi bien pour les collaborateurs de la banque d’investissement que pour les collaborateurs des autres pôles de la banque, que ce soit au niveau des fonctions commerciales ou des fonctions supports. Je tiens d’ail- leurs à saluer l’ensemble de ces collaborateurs, sans qui une telle banque d’investissement n’aurait pas pu voir le jour. C’est leur inves- tissement à tous qui a fait naître CDM Capital et qui continue de la faire développer chaque jour. ◆
de financement. Pour nos action- naires, elle contribue à la diversifica- tion des revenus de la banque; pour nos clients, elle renforce la proximité de la banque avec les entreprises et les investisseurs et permet de les accompagner à chaque étape de leur développement en couvrant aussi bien les besoins opération- nels, tels que les opérations de placement, que les besoins straté- giques, tels que les opérations de structuration et d’ingénierie finan- cière. Dès lors, notre objectif est de faire de cette plateforme l’une des plateformes de référence du marché marocain, en poursuivant notre développement avec la même exigence que celle qui a guidé sa construction, à savoir une exigence d’innovation, d’expertise et de qua- lité de services. F. N. H. : En pratique et en quelques mots, quelles ont été les principales réalisa- tions ? Kh. A. : En termes de réalisations opérationnelles, nous avons trans- formé en profondeur et modernisé notre salle des marchés ainsi que nos activités de Securities services, redonné une nouvelle dynamique à notre activité OPCVM, créé une société d’intermédiation boursière devenue un acteur reconnu de son secteur, lancé une activité de Conseil (haut de bilan) et d’Alterna- tive Investment, mis en place l’acti- vité Gestion sous mandat et ren- forcé notre expertise dans les actifs immobiliers grâce à l’acquisition de Nema Capital, société de gestion
Finances News Hebdo : Crédit du Maroc a engagé ces dernières années une montée en puissance de ses métiers de banque d’investissement. Comment cette activité est- elle structurée aujourd’hui ? Khalid Aabid : Depuis deux trois années, la banque d’investissement de Crédit du Maroc, CDM Capital, a effectivement engagé une trans- formation profonde de ses activités. Cette dernière passe non seule- ment par la refonte des activités historiques, mais aussi par l’inté- gration de nouvelles activités dans une optique de compléter l’offre de services. Toutefois, pour nous, il ne s’agissait pas simplement d’ajou- ter de nouveaux métiers, mais plu- tôt de construire un écosystème complet, cohérent et intégré; notre finalité est d’offrir à nos clients un accompagnement dans la durée et sur l’ensemble de leurs besoins en matière de conseil, de structuration, d’investissement et de gestion des différents risques. Pour cela, chaque volet de chaque métier a été pensé et mis en place de manière à aboutir à un système efficient : systèmes d’informations, organisation et gouvernance, stra- tégie risque, stratégie commerciale, moyens humains, etc. Les moyens humains sont d’ailleurs la pierre angulaire de notre dispositif, avec une montée en expertise franche et rapide qui aboutit à ce jour à une équipe métier multidisciplinaire aux expertises reconnues et complé- mentaires appuyée par une équipe de pilotage transverse, impliquée
sur les volets commercial et opé- rationnel. Tous nos métiers sont aujourd’hui connectés les uns aux autres, mais aussi et surtout inté- grés au dispositif commercial de la banque. Ce qui fait aujourd’hui notre force, ce n’est pas uniquement la qualité de chacun de nos métiers, mais surtout leur complémentari- té. Tous nos métiers fonctionnent comme une plateforme unique où l’intelligence collective est mise au service de la recherche de solu- tions globales pour nos clients, qu’il s’agisse d’entreprises privées, d’institutionnels, d’entreprises et établissements publics ou d’inves- tisseurs. F. N. H. : Quelle place occupe CDM Capital dans l’offre glo- bale de la banque ? Kh. A. : CDM Capital occupe désor- mais une place centrale dans le modèle de Crédit du Maroc. Elle est devenue un pilier stratégique de la banque, aux côtés des activités de banque commerciale et de banque
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mutations mondiales, il demeure profondément ancré dans les réa- lités nationales. Car, derrière l'es- sor des fintechs, les défis restent considérables. Le premier est celui de la pré- dominance persistante du cash. À cela s'ajoutent une adoption encore limitée des paiements numériques, des écarts d'inclu- sion financière entre territoires et catégories de population, ainsi qu'une digitalisation incomplète des flux publics. «La faiblesse de l'usage des moyens de paiement numérique et de leur acceptation par les commerçants, les gaps impor- tants dans l'inclusion financière dans les zones rurales et chez les femmes et la dématérialisa- tion encore incomplète des flux de paiement du gouvernement soulignent toute l'importance du potentiel de digitalisation des services financiers et des paie- ments dans notre pays» , a insisté Abderrahim Bouazza. Le DG de Bank Al-Maghrib a éga- lement rappelé que le rôle du régulateur ne consiste plus uni- quement à contrôler, mais aussi à créer un environnement favorable à l'innovation. «Il est de notre devoir de créer les conditions permettant à l'innovation de se développer dans un cadre com- pétitif, transparent et propice à la confiance», a-t-il déclaré. Cette orientation se traduit déjà par plusieurs chantiers structu- rants : développement du paie- ment mobile, évolution du cadre applicable aux établissements de paiement, montée en puis- sance du financement participatif, mais aussi préparation du cadre conventionnel de l'open ban- king, appelé à ouvrir la voie à de nouveaux services d'agrégation de comptes, d'initiation de paie- ments ou encore de scoring de crédit. De l'idée au marché Cette volonté réglementaire trouve son prolongement opéra- tionnel dans le Morocco Fintech Center, créé en 2025 pour fédérer l'ensemble des acteurs de l'éco- système. Présentant le bilan de cette pre-
23 startups de la première cohorte du Fintech Booster ont présenté leurs solutions devant les principaux acteurs de l'écosystème finan- cier marocain.
Fintech Booster Le Maroc veut faire émerger ses champions de la fintech
n an après sa création, le Morocco Fintech Center (MFC) estime être entré dans une nouvelle phase. Celle où l'ambition de structu- rer un écosystème fintech laisse progressivement place à ses pre- miers résultats. À l'occasion du Demo Day de la première édition du programme Fintech Booster, le Centre a dressé le bilan d'une année consacrée à rapprocher régulateurs, institutions finan- cières, investisseurs et entre- preneurs, avec l'objectif de faire émerger un véritable vivier de U À l'occasion du Demo Day de la première cohorte du programme Fintech Booster, régulateurs, institutions financières et entrepreneurs ont affiché une ambition commune : transformer l'inno- vation en solutions capables d'accélérer la digitalisation des services financiers et de répondre aux défis de l'inclusion financière, des paiements numériques et du financement de l'économie. Par M. A. L. confiance, de protection des don- nées et d'intégrité des systèmes financiers. Pour le responsable, le secteur financier ne peut rester en marge de cette accélération. « Le secteur financier doit être à l'avant-garde de cette accélération de l'inno- vation et les fintechs ont un rôle important à jouer» , a-t-il affirmé, appelant à créer les conditions d'un développement de l'innova- tion dans un cadre à la fois com- pétitif, transparent et propice à la confiance.
technologies financières maro- caines. Cette montée en puissance inter- vient dans un contexte où les mutations technologiques redes- sinent en profondeur les services financiers. «La finance décentrali- sée, l'émergence des stablecoins, la tokenisation, la monnaie digi- tale de Banque centrale et l'intel- ligence artificielle sont en train de transformer profondément les services financiers», a rappelé Abderrahim Bouazza, Directeur général de Bank Al-Maghrib. Si ces évolutions ouvrent de nouvelles perspectives, elles imposent également, selon lui, de répondre à des enjeux de
Le secteur financier doit être à l'avant-garde de cette accélération de l'innovation et les fintechs ont un rôle important à jouer.
Une réponse à des défis très marocains Si le discours se projette vers les
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