FNH N° 1241

L'UNIVERS DES TPME

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 3 JUILLET 2026

Cosmétique «Le Made in Morocco ne doit pas être un argument d’origine, mais un argument d’exigence»

crèmes qui en sont faites, à dix fois le prix, avec une éti- quette étrangère. La cosmé- tique, c'est l'illustration par- faite d'une économie qui vend sa matière première et rachète sa valeur transformée. Quant à la concurrence, un marché saturé et bien tenu ne laisse aucune place. Un mar- ché concurrentiel mais flou, où des produits non règlemen- tés se vendent sous le mot naturel, laisse au contraire une place immense à qui décide de prouver. C'est précisément cette place que nous occu- pons. F.N.H. : Comment décri- riez-vous aujourd’hui la place de Yazine dans l’écosystème entre- preneurial marocain et quelle est votre contribu- tion au développement du Made in Morocco ? I. E. A. : Pour nous, le Made in Morocco est avant tout un argument économique, non patriotique. Notre contribu- tion n'est pas de brandir un drapeau, c'est d'élever un standard. Quand une marque marocaine impose à ses fournisseurs des cahiers des charges plus stricts que la réglementation locale, forme des coopératives à formu- ler au-delà de l'huile pres- sée, et utilise des ingrédients comme le safran ou l'argan non comme du folklore mais comme une ressource scien- tifique, il fait avancer toute la filière, pas seulement sa marque. La place de Yazine dans l’écosystème, c’est celle

Yazine s’impose progressivement dans le paysage de la cosmétique marocaine en faisant du Made in Morocco un véritable argument d’exigence, porté par la qualité et la recherche. L’entreprise poursuit sa croissance en misant sur une stratégie de développement axée sur l’intégration industrielle et la création de valeur. Entretien avec Iness El Amine, chimiste, cosmétologue et cofondatrice de Yazine.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

attentive à tout ce qu'on met sur sa peau, ne tenaient jamais leurs deux promesses à la fois. Naturels, mais approximatifs. Ou agréables, mais chargés de perturbateurs endocriniens dont on ne voulait pas. Jamais les deux. Ce qu'on cherchait était pour- tant d'une simplicité décon- certante, à savoir un soin natu- rel, efficace et beau à utiliser. Le genre de produit qui devrait exister partout et qu'on ne trouvait nulle part. En famille, nous avons alors décidé de le créer. Le vrai obstacle n'était pas l'idée, mais la compétence, impossible de recruter un for- mulateur à la hauteur de cette exigence. C’est à ce moment, alors que j’étais enceinte de

mon premier fils, que j’ai déci- dé de reprendre des études en chimie cosmétique. Parce que l’expertise que l’on ne trouve pas, il faut savoir la créer soi- même. F.N.H. : Pourquoi avoir choisi précisément le secteur de la beauté et des cosmétiques, un marché particulière- ment concurrentiel, pour entreprendre ? I. E. A. : Nous n'avons pas entrepris dans la cosmétique par passion pour le produit, mais parce que c'est le sec- teur où le paradoxe marocain est le plus visible. Notre pays exporte de l'huile d'argan, de la figue de barbarie, du ghassoul brut et réimporte des

Finances News Hebdo : Yazine a vu le jour en 2012. Pouvez-vous reve- nir sur la genèse de cette aventure entrepreneu- riale et sur les motiva- tions qui vous ont pous- sée, avec votre associée, à vous lancer dans le sec- teur de la cosmétique ? Iness El Amine : Yazine est d'abord une histoire de famille. À mesure que les nôtres s'agrandissaient, une frus- tration montait. En effet, les produits qu'on utilise tous les jours et plus encore pendant une grossesse, où l'on devient

La distribution sélective protège le positionnement et la marge, là où la course au volume les dilue.

AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM

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