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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 3 JUILLET 2026
Élections 2026 L'IA change déjà les règles du jeu
39 jours de période électorale, 13 jours de campagne officielle et, pour la première fois, un encadrement des contenus électoraux générés par IA.
À l'approche des législatives du 23 septembre 2026, la HACA renforce son dispositif de régulation des médias en intégrant les nouveaux risques liés à l'intelligence artificielle. Par K. A. L
un véritable test pour les autori- tés chargées de préserver l'inté- grité de l'information. Au fil des campagnes, plusieurs contenus générés par intelligence artificielle (vidéos, images ou enregistrements audio) ont cir- culé sur les réseaux sociaux, ali- mentant les inquiétudes quant à leur capacité à influencer le débat public. Même lorsque leur impact électoral reste difficile à mesu- rer, ces contenus contribuent à brouiller les repères des citoyens et à fragiliser la confiance accor- dée aux informations diffusées. Pour Henry Ajder, spécialiste mondial des médias synthé- tiques et conseiller auprès de plusieurs organisations interna- tionales, le sujet ne relève plus de la prospective. «La question n'est plus de savoir si des deepfakes seront utilisés à des fins malveil- lantes, mais dans quelle mesure ils seront capables d'influencer l'opinion publique et les résultats des élections» , estime-t-il. Les réseaux sociaux, l'autre champ de bataille La décision de la HACA s'ap- plique aux opérateurs de radio et de télévision. Pourtant, une part importante de la campagne se jouera également sur les pla- teformes numériques. Selon le Reuters Institute Digital News Report 2025, 78% des Marocains s'informent en ligne, principa- lement via les réseaux sociaux et les applications de message-
rie. YouTube est utilisé comme source d'information par 49% des répondants, devant Facebook (47%), Instagram (32%), les groupes WhatsApp (30%) et TikTok (24%). Dans ce contexte, Facebook, TikTok, Instagram, YouTube, X ou encore WhatsApp sont deve- nus des espaces privilégiés de diffusion des contenus poli- tiques. La rapidité de circulation des publications, leur viralité et la facilité avec laquelle elles peuvent être modifiées ou sor- ties de leur contexte compliquent considérablement les opérations de vérification. Selon Ajder, la réponse ne peut d'ailleurs pas reposer unique- ment sur la détection des faux contenus. Commentant les initia- tives développées à l'approche des grands scrutins, il souligne que «les technologies de certifi- cation des contenus constituent une piste essentielle». Selon lui, les systèmes permettant de sécu- riser les métadonnées des com- munications électorales offrent davantage de transparence et créent des canaux d'information fiables pour les électeurs». Cette réflexion rejoint, en par- tie, la démarche engagée par la HACA. Au-delà de l'interdiction des contenus trompeurs générés par IA, le régulateur entend ren- forcer les conditions d'un débat public fondé sur une information fiable, équilibrée et clairement identifiable. ◆
es prochaines élections légis- latives se dérouleront dans un contexte inédit. Si les précédents scrutins avaient déjà été marqués par l'essor des réseaux sociaux, celui du 23 septembre 2026 sera le premier à être organisé à l'ère de l'intelligence artificielle géné- rative. Consciente des nouveaux risques qui pèsent sur la qualité de l'information, la Haute auto- rité de la communication audio- visuelle (HACA) a adopté un dis- positif de régulation qui intro- duit, pour la première fois, des dispositions visant les contenus électoraux falsifiés ou générés par IA susceptibles de tromper le public. La décision de la HACA ne se limite pas à rappeler les principes de pluralisme, d'équité et de neu- tralité qui encadrent traditionnel- lement la couverture médiatique des élections. Elle traduit surtout une prise de conscience face aux nouvelles formes de manipulation de l'infor- mation rendues possibles par les
technologies d'intelligence arti- ficielle. Le texte interdit ainsi la diffu- sion de contenus électoraux fal- sifiés ou générés par IA lorsqu'ils sont susceptibles d'induire les électeurs en erreur ou de por- ter atteinte à l'intégrité du débat démocratique. Les contenus produits grâce à l'IA à des fins pédagogiques ou explicatives restent autorisés, mais devront être accompagnés d'une men- tion claire signalant leur caractère artificiel. Cette mesure s'inscrit dans un dispositif plus large qui couvrira les 39 jours de la période électo- rale, du 15 août au 22 septembre 2026. La HACA y renforce égale- ment les obligations des médias audiovisuels en matière de neu- tralité éditoriale, de transparence, de lutte contre la désinformation et d'encadrement des interven- tions des candidats, des journa- listes et des experts.
L'IA, un nouveau défi pour les scrutins
Du 15 août au 22 septembre 2026, les radios et télévisions seront soumises à un dispositif renforcé pour garantir le pluralisme et lutter contre la désinformation.
L'année 2024, qualifiée de plus grande année électorale de l'his- toire, a vu plus de 4 milliards d'électeurs appelés aux urnes dans plus de 70 pays. Cette suc- cession de scrutins a constitué
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