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FINANCES NEWS HEBDO
VENDREDI 3 JUILLET 2026
FOCUS SYMPOSIUM DE L'INFORMATION FINANCIÈRE Information financière
De la conformité réglementaire à l'utilité stratégique du marché A La transition d'une transparence subie à une transparence choisie constitue le principal défi de la place casablancaise. Lors du premier panel du Symposium de l’information financière organisé par Bourse News, intitulé «Pourquoi l’information financière devient un enjeu de confiance, d’attractivité et de profondeur du marché», les régulateurs, dirigeants de banques, gérants de fonds et experts de la gouvernance ont procédé à une analyse complète des infrastructures techniques et des comportements culturels qui régissent la donnée financière au Maroc. Par Y. Seddik
d'annonces légales. Le second texte date de 2019 (circulaire 03/19), avec le passage d'un rythme de publication biannuel à un suivi trimes- triel par indicateurs, couplé à l'obliga- tion du Rapport financier annuel intégré et du rapport extra-financier ESG. Le véritable tournant opérationnel s'est donc opéré avec l'entrée en vigueur de cette circulaire 03/19 de l'AMMC. Ce texte a refondu le dispositif de transpa- rence en augmentant la fréquence des échanges et en rehaussant la qualité via l'extra-financier. L'intégration obliga- toire du rapport ESG aligne la place sur les standards internationaux, où la seule lecture des états financiers classiques ne suffit plus à évaluer la viabilité à long terme d'une entreprise. Cette densification de la donnée a modi- fié les circuits de diffusion. L'AMMC constate un recours systématique des entreprises aux agences de commu- nication spécialisées pour structurer le format des rapports, ainsi qu'une migration massive vers les plateformes de presse digitales. Ces circuits numé- riques garantissent la flexibilité, la rapi- dité d'insertion et une stricte confiden- tialité : l'intégration des communiqués s'effectue directement par les émet- teurs via des accès sécurisés par mots de passe, interdisant l'accès des tiers (y compris des journalistes) aux informa- tions sensibles avant leur mise en ligne officielle.
u Maroc, le marché financier regorge de données, mais manque encore cruelle- ment de repères prospectifs. Si l’arse- nal réglementaire post-2019 a forcé les émetteurs de la place casablancaise à publier davantage, l'abondance quanti- tative n'a pas encore enfanté la liquidité tant attendue. Il faut dire que l'accès à l'information financière au Maroc a connu une rupture structurelle majeure, séparant l'architecture de la place entre un «avant» et un «après» 2019. Leila Regragui, chef du département Opérations et Informations financières au sein de l’Autorité marocaine du mar- ché des capitaux (AMMC), a rappelé les jalons de cette évolution. Le premier texte fondateur remonte à la loi de 2016 sur les Sociétés ano- nymes, qui a imposé l'obligation légale pour toute entité faisant appel public à l'épargne de disposer d'un site Internet dédié. Avant cette date, l'accès aux pièces comptables fondamentales, telles que le rapport de gestion, le rapport spécial ou le rapport des com- missaires aux comptes, exigeait une démarche physique de l'actionnaire au siège social de l'émetteur, ou une consultation fastidieuse des journaux
L'industrialisation des comptes internes face à l'agilité du message En amont de la publication, la produc- tion de la donnée financière s'apparente à une infrastructure industrielle lourde, qualifiée de «fabrique de la donnée» par Younes Zoubir, Directeur général délégué en charge de la Stratégie, des Finances et du Développement de CIH Bank. Au sein d'un groupe bancaire sou- mis à la double supervision de l'autorité de marché et de la Banque centrale, le premier comptable demeure le sys- tème d'information (SI). Les directions financières doivent s'organiser autour d'un triptyque rigoureux : une cellule de production de l'information, une unité de contrôle de la fiabilité et de l'exhaus- tivité, et une équipe dédiée à l'allocation des ressources et au reporting vers les parties prenantes (stakeholders). Cette organisation est dictée par des calendriers de clôture (closings) trimes- triels extrêmement denses, s'exécutant à des rythmes effrénés : J+10 à J+15 pour les comptes sociaux, et J+25 à l'échelle consolidée du groupe. Un tel cadencement exige des procédures strictes, auditées et validées en amont par le comité d'audit. Toutefois, la rigueur comptable ne doit pas paralyser la clarté du message stra-
La circulaire 03/19 de l'AMMC a refondu le dispositif de transparence en augmentant la fréquence des échanges et en rehaussant la qualité via l'extra-financier.
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