FNH N° 1241

ECONOMIE

23

FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 3 JUILLET 2026

implique une collaboration rapprochée et pluridiscipli- naire avec les autres dépar- tements de l’entreprise elle- même et ceux de ses parte- naires. La rédaction d’un contrat par exemple avec un client ou un fournisseur impliquera les départements commer- cial, technique et logistique, son exécution aussi. La DAF a donc un rôle en amont et en aval dans sa relation intra et interentreprises. Les processus de collecte des données et de production des informations, en général, et celles financières, en particu- lier, nécessitent une norma- lisation et une modélisation digitale. La DAF est au cœur de ce projet et doit en être la garante. F. N. H. : La qualité des données est présentée comme l’un des princi- paux facteurs de réussite de cette réforme. Les entreprises marocaines sont-elles aujourd’hui suffisamment préparées sur ce volet ? F. A. : Certaines entreprises sont parfaitement prêtes et préparées pour cette réforme. Non seulement elles disposent de toutes les données et infor- mations nécessaires et avec la qualité requise, mais ont mis également en place une gestion du cycle de vie des données pour garantir leur fia- bilité et qualité ainsi que les outils technologiques et logi- ciels de gestion intégrés indis- pensables à cette fin. D’autres le sont moins, mais ont une véritable prise de conscience de la nécessité d’avoir des données fiables et de qualité pour s’inscrire dans cette réforme et la réus- sir. Elles font appel à des pro- fessionnels pour les accom- pagner par la refonte et mise en œuvre des process de ges- tion et traitement des données ainsi que le déploiement des logiciels spécialisés pour sup- porter ces processus.

 La transformation de la facture papier vers la facture électronique passe par une transfor- mation organisationnelle.

F. N. H. : Comment l’IA peut-elle exploiter les données issues de la facturation électronique pour améliorer la prise de décision, renforcer le pilotage financier ou encore optimiser la ges- tion des risques ? F. A. : L’Intelligence artifi- cielle offre un double intérêt. D’abord, elle a cette capacité de traiter de grands volumes de données avec rapidité et fait gagner un temps précieux dans les analyses néces- saires pour des prises de décisions éclairées. Ensuite, elle a la capacité d’apprendre et d’améliorer ses connais- sances, ce qui contribuera à améliorer la qualité des ana- lyses produites au fil du temps. La nature des données liées à la facture électronique, les grands flux d’informations qui circuleront entre les entre- prises et l’Etat à travers des systèmes d’information inté- grés et intelligents repré- sentent la matière indispen- sable à l’IA pour nourrir ses modèles d’apprentissage, améliorer et développer la qualité des analyses mais aussi fournir et produire les indicateurs financiers perti- nents pour la prise de décision en fonction des critères.

F. N. H. : Quels sont les principaux défis que les entreprises devront rele- ver pour réussir cette transition ? F. A. : Je crois que le défi cultu- rel représente la pierre angu- laire de l’édifice. Une entre- prise dotée d’une culture de l’engagement et d’une dyna- mique d’évolution permanente sera mieux préparée à cette transformation. Elle doit égale- ment être consciente des mul- tiples rôles, notamment éco- nomique et social, qui sont les siens et qui la responsabilisent dans un environnement où elle interagit avec de nombreux partenaires. Dans ce contexte, elle s’ap- propriera sans doute le projet de la facture électronique, non pas comme une contrainte réglementaire supplémentaire, mais comme un véritable levier de développement. Le défi organisationnel pourra être relevé grâce à des res- sources humaines impliquées, formées et accompagnées dans la conduite du change- ment inhérente à ce projet.

Les technologies de l’infor- mation, de manière générale, ainsi que les logiciels de ges- tion intégrés et spécialisés, constituent les outils indispen- sables à la réussite de cette transformation. F. N. H. : À l’horizon 2030, comment imaginez-vous l’évolution des échanges financiers entre entre- prises, banques et admi- nistrations sous l’effet combiné de la facture électronique, de l’intel- ligence artificielle et de l’automatisation ? F. A. : J’imagine que nous allons assister à une évolu- tion de plus en plus intégrée et intelligente entre ces diffé- rents acteurs, non seulement à l’horizon 2030, mais pour les années à venir. Aujourd’hui, l’accès aux technologies de l’informa- tion est à la portée de tous, qu’il s’agisse des entreprises de différentes tailles ou des particuliers. Cela représente une véritable opportunité de s’inscrire efficacement dans cette chaîne de valeur et d’en tirer les bénéfices escomp- tés. L’objectif est de faire du cadre réglementaire un véri- table levier d’évolution et de développement. ◆

L’intelligence artificielle a la capacité de traiter de grands volumes de données et d’améliorer la qualité de ses analyses au fil du temps.

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker