FNH N° 1241

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 3 JUILLET 2026

nationale et la préservation des devises. Pour ce qui est des ten- sions et pénuries observées sur certains médicaments, notamment après la pandémie de Covid-19, y compris pour des médicaments essentiels, il est indispensable que l’AMMPS assure un suivi rigoureux des stocks de sécurité ainsi que des flux commerciaux des médi- caments. L’AMMPS et le ministère de la Santé devront travailler en étroite coordination avec l’Office des changes et le ministère de l’Industrie afin de suivre ces flux, d’identifier les éventuelles lacunes et d’y apporter les corrections nécessaires. Il faut rappeler que depuis 2012, plusieurs contrats-programmes et plans d’accélération industrielle ont été mis en œuvre, sans tou- tefois atteindre leurs objectifs, en raison d’un manque de concer- tation et de coordination entre le ministère de l’Industrie et le minis- tère de la Santé, à travers son bras pharmaceutique de l’époque, la DMP. Cette dernière continuait à délivrer des AMM à l’importa- tion plutôt que des AMM pour la fabrication locale de médicaments pourtant fabricables au Maroc. Cette situation a compromis les efforts visant à substituer une par- tie des importations par une pro- duction nationale. Les médicaments importés seront désormais soumis à des contrôles plus rigoureux. Un visa sanitaire sera exigé, en plus de l’AMM, afin de renforcer la traçabilité des médicaments, notamment en ce qui concerne les sites de produc- tion, les fournisseurs, la conformité des produits ainsi que l’origine et la qualité des matières premières. Relever ces défis afin de tirer plei- nement parti de cette réforme sup- pose des investissements impor- tants dans les compétences, aussi bien au sein du secteur industriel qu’au niveau de l’AMMPS. Ces investissements devront égale- ment porter sur l’amélioration de la qualité et de la traçabilité des médicaments, la modernisation de la gouvernance du secteur des médicaments et des produits de santé, ainsi que la mise à niveau du cadre réglementaire, afin d’at- teindre le niveau de maturité régle- mentaire ML3. ◆

 La réforme de la loi 17.04 vise à renforcer la sécurité sanitaire et la compétitivité du secteur.

l’AMMPS. Elle instaure aussi des sanctions drastiques et coûteuses en cas de manquement aux règles de bonnes pratiques de fabrica- tion, de pharmacovigilance ou aux autres exigences réglementaires. F. N. H. : Quels défis majeurs l’écosystème pharmaceu- tique national devra-t-il rele- ver pour tirer pleinement parti de cette réforme ? A. B. : Les défis importants que l’écosystème pharmaceutique marocain devra relever concernent notamment la consolidation de la gouvernance de la nouvelle Agence marocaine des médica- ments et des produits de santé (AMMPS) et la mobilisation de res- sources humaines dotées de com- pétences techniques pointues. Ils portent également sur la maî- trise des flux des médicaments, notamment des importations, l’atteinte du niveau de maturité réglementaire ML3 de l’OMS, la transformation numérique, le développement de la recherche et développement (R&D) ainsi que de l’innovation, la construction d’une véritable culture de pharmacovi- gilance, sans oublier l’intégration de l’écosystème pharmaceutique marocain dans les réseaux afri- cains et internationaux. Concernant l’AMMPS, je rappelle que celle-ci a connu une nais- sance dans la douleur après le départ volontaire de la majorité des fonctionnaires de l’ancienne Direction du médicament et de la pharmacie (DMP), soit plus de 200 employés. Heureusement, ce choc institutionnel a été rapide- ment surmonté grâce à d’impor-

tants appels à candidatures, qui ont permis de recruter aussi bien de hauts cadres spécialisés que de jeunes recrues, principalement des pharmaciens et des ingé- nieurs. L’Agence s’appuie désor- mais sur un nouveau modèle de fonctionnement fondé sur la res- ponsabilisation, les objectifs et les résultats. Le nouveau pôle des vigilances, qui a centralisé l’ensemble des vigilances (pharmacovigilance, matériovigilance, vaccinovigilance et cosmétovigilance), est déjà très actif. Il reste toutefois à respon- sabiliser l’ensemble des acteurs et opérateurs médicaux, para- médicaux et pharmaceutiques, notamment les établissements pharmaceutiques, sur la nécessité de déclarer les effets indésirables médicamenteux. Il faudra égale- ment mettre en place les organi- grammes, les circuits décisionnels et une coordination effective entre l’AMMPS, les centres régionaux de pharmacovigilance, les hôpi- taux, les officines, les médecins et l’industrie pharmaceutique, car cette nouvelle organisation des vigilances est encore en phase de transition. S’agissant du contrôle des flux commerciaux des médicaments, celui-ci passera essentiellement par un meilleur contrôle des importations, qui ont connu ces dernières années une progression injustifiée, y compris pour des médicaments parfaitement fabri- cables au Maroc. Cette situation a contribué à creuser le déficit de la balance commerciale pharma- ceutique, avec des effets néga- tifs sur l’emploi, la valeur ajoutée

torisation d’utilisation d’urgence, délivrée en cas de crise sanitaire ou d’état d’urgence sanitaire déclaré, pourra être convertie ulté- rieurement en AMM classique si l’ensemble des critères requis est rempli. L’objectif est de permettre un accès rapide des patients marocains aux traitements inno- vants. Dans cette nouvelle réforme, les exportateurs pharmaceutiques ne pourront pas privilégier les expor- tations au détriment du marché local, puisqu’ils auront l’obligation de maintenir des stocks de sécu- rité destinés au marché national. Avec cette réforme de la loi 17.04, l’ensemble des opérateurs inter- venant dans le secteur des médi- caments et des autres produits de santé sera soumis au pouvoir d’inspection exercé par les phar- maciens inspecteurs assermen- tés de l’AMMPS. Ces inspections concerneront les établissements pharmaceutiques, les officines, les cliniques ainsi que les dépôts de médicaments. Elles porteront essentiellement sur le respect des règles de pharmacovigilance, des bonnes pratiques de fabrication, de distribution et sur la gestion des stocks. La nouvelle réforme prévoit éga- lement le paiement de nouvelles redevances par les établissements pharmaceutiques industriels pour certains services rendus par

Dans le cadre de cette réforme, les exporta- tions pharmaceutiques ne pourront plus se faire au détriment du marché national; les industriels devront maintenir des stocks de sécurité destinés aux patients marocains.

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