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FINANCES NEWS HEBDO
VENDREDI 3 JUILLET 2026
FOCUS SYMPOSIUM DE L'INFORMATION FINANCIÈRE
largement son capital. La place casa- blancaise doit briser le blocage psycho- logique historique qui limite le flottant réglementaire au seuil minimal de 20%. Les rares émetteurs ayant accepté de libérer leur flottant bien au-delà de cette limite cohabitent harmonieusement avec des fonds d'investissement, la pression de ces actionnaires activistes les obligeant à maintenir une commu- nication rigoureuse pour défendre la valeur de leur titre. Pour dynamiser le marché et inciter les entreprises à rompre avec la passivité, les panélistes ont tracé une feuille de route opérationnelle articulée autour de plusieurs recommandations concrètes : Régulation (Leila Regragui) : Utiliser le Code de bonne gouvernance des entreprises (version 2025) comme une feuille de route opérationnelle basée sur le principe du Comply or Explain, instaurer en début d'exercice un calen- drier annuel prévisionnel des instances et investir activement les canaux numé- riques et réseaux sociaux où les petits porteurs sont présents. Gouvernance (Rachid Belkahia) : Stimuler l'activisme actionnarial des professionnels, impliquer davantage d'administrateurs indépendants dans les différents comités pour réduire l'asymé- trie d'information, généraliser la figure de «l'administrateur référent» comme contre-pouvoir en structure concentrée, et désigner un tiers indépendant qualifié pour certifier les rapports ESG. Émetteurs (Younes Zoubir) : Systématiser les réunions avec les ana- lystes financiers en y associant l'exécutif pour lier les indicateurs financiers au nar- ratif stratégique, et préparer dès mainte- nant le basculement vers la norme IFRS 18 prévu pour l'échéance 2027. Gestion de capitaux (Tarik Amiar) : Généraliser des présentations standar- disées incluant des indicateurs secto- riels et des KPI de performance clés pour accroître la visibilité, la liquidi- té et sécuriser le maintien dans les indices internationaux comme le MSCI Emerging. Stratégie de place (Omar Amine) : Lever les verrous psychologiques liés au contrôle du capital en incitant les actionnaires majoritaires (souvent à 85-90%) à libérer du flottant au-delà du seuil des 20% via des pactes d'action- naires. Il suggère également la création d'un palmarès de la communication financière pour introduire une émulation comparative entre émetteurs. ◆
breuses valeurs moyennes se limitent à une logique passive de conformité, consistant à «cocher des cases» régle- mentaires sans chercher à dialoguer avec le marché. Omar Amine, fondateur d’OFinance et expert en communication financière, a dressé un bilan sans concession de la structure du marché marocain. Sur les 78 sociétés officiellement listées, l'exclusion des entités en situation de liquidation judiciaire avancée (telle que la Samir et autres) réduit le périmètre réel d'investissement des analystes. Plus marquant encore, environ 25% de la cote boursière se sont installées dans une véritable «zone silencieuse». Cette zone silencieuse se caractérise par des indicateurs particulièrement cri- tiques : • Une liquidité marginale : Le volume de transactions quotidien global de ces valeurs s'effondre sous la barre des 100.000 DH. • Un profil financier modeste : Près de 15% de la cote affichent un résultat net inférieur à 5 millions de dirhams, ce qui rend les coûts de communication financière (double commissariat aux comptes, frais de cotation) dispropor- tionnés. • Une rupture avec le public : Ces émetteurs publient au strict minimum légal (parfois de simples rapports Word textuels) et se coupent d'une nouvelle génération d'investisseurs particuliers connectés qui négocient en ligne des lignes de 5.000 à 10.000 dirhams. Aucun gérant de fonds institutionnel ne
peut investir dans des valeurs dont le flottant réel est inférieur à 5%. Sortir de cette léthargie impose une démarche lourde, comparable à une nouvelle intro- duction en Bourse (IPO). Le management doit rebâtir une equity story, mandater des agences spécialisées et réengager un dialogue direct avec les analystes financiers, qui agissent comme les véri- tables grossistes et prescripteurs des titres auprès des investisseurs finaux. Le verrou du capital et les leviers d'action pour la place de Casablanca Par ailleurs, l'impulsion profonde de la transparence boursière se heurte à un verrou structurel majeur, qui est le refus historique des actionnaires de perdre le contrôle exclusif de leur capital. Le mar- ché marocain demeure pénalisé par une concentration extrême, où de nombreux émetteurs maintiennent un niveau de contrôle familial ou de blocage compris entre 85% et 90% du capital. Dans une telle configuration, l'Assemblée géné- rale perd sa portée de débat et le management ne perçoit plus l'utilité économique d'investir dans une com- munication financière de haut niveau. Il existe pourtant des instruments juri- diques et des pactes d'actionnaires per- mettant de sécuriser le contrôle opéra- tionnel d'une entreprise tout en ouvrant
L'impulsion profonde de la transparence boursière se heurte au refus historique des actionnaires de perdre le contrôle exclusif de leur capital.
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