BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 25 JUIN 2026
Afrique Le Maroc avance ses pions sur l’échiquier de la réassurance
pour une présence en Afrique du Nord et de l’Ouest. Ainsi, nous avons eu des entreprises comme AIG, IGI, la Coface, les courtiers Lockton et Chedid Re, en plus des Lloyd’s de London et Atlantic Re qui y ont élu domicile. Plusieurs sociétés marocaines ont aussi une pré- sence physique au CFC. Au vu du nombre de sociétés au CFC et de son émergence comme centre d’affaires, on peut dire qu’aujourd’hui le projet s’est établi, avec brio, comme centre financier qui intéresse les réas- sureurs. La volonté de l’État via la CDG est aussi d’utiliser la réassu- rance comme instrument d’in- fluence économique. C’est dans ce contexte qu’en 2025, la SCR a changé de nom pour devenir Atlantic Re. Ce positionnement démontre d’une manière claire l’orientation stratégique afri- caine et atlantique. À ce titre, et au vu de sa surface finan- cière et de la qualité de son actionnaire principal, Atlantic Re est appelée à jouer un rôle important sur le marché de l’assurance africaine. Ceci se voit à travers la métamorphose positive que l’entreprise connaît depuis quelques années, avec une orientation stratégique claire, une vague de recrute- ments de compétences jeunes et une visibilité accrue. De par ma position, je vois les efforts fournis par Atlantic Re à tra- vers les bureaux d’Abidjan, Le Caire et Kigali et sa présence dans les événements régionaux (African Insurance Organisation et General Arab Insurance Federation, entre autres). L’entreprise marocaine de réas- surance est en train d’accroître sa présence et cela lui confère une image très positive. F.N.H. : La réassurance est souvent perçue comme un secteur purement technique et financier. Pour vous, est-ce aussi un outil de diplomatie écono- mique et d'influence afri- caine ? Ch. A. : J’aime dire que la
Longtemps perçue comme une activité discrète et hautement technique, la réassurance s’affirme aujourd’hui comme un véritable levier d’influence économique et de rayonnement continental. Pour Chakib Abouzaid, secrétaire général de l’Union générale arabe d’assurance (UGAA), le Maroc dispose d’atouts solides pour renforcer sa position en Afrique grâce à Atlantic Re, à la montée en puissance de Casablanca Finance City et à la présence croissante de ses groupes financiers sur le continent.
Propos recueillis par Z. A.
servent ainsi les intérêts écono- miques, voire stratégiques des États-Unis et de la France. Au Maroc, en matière de réas- surance, deux exemples me viennent en tête : la création de la Société centrale de réas- surance au début des années 1960. Au tout début, la SCR avait établi des relations avec les pays africains du Nord et francophones essentiellement. Ensuite, les relations d’affaires se sont étendues à tout le conti- nent. Le Royaume est un des pays à l’origine de la création de l’Afri- ca Re en 1986. S’il n’existait pas les rivalités régionales, le Maroc aurait pu abriter le siège social de ce mastodonte de la réas- surance en Afrique, qui pèse aujourd’hui plus de 1,3 milliard de dollars. Depuis le début du siècle, la situation a beaucoup évolué, avec une plus grande présence et coopération avec les pays
du continent. Les grandes compagnies marocaines (Wafa Assurance, AtlantaSanad) ont des filiales disséminées sur le continent africain. La success story du groupe Saham est une parfaite illustration en la matière. Leur aventure a commencé par l’achat de la CNIA en 2005, suivi par Es-Saada en 2006. Mais le plus spectaculaire avait été l’achat de 35 compagnies dans 26 pays du continent. Grâce à une stratégie ambitieuse et de «leverage», Saham a réussi à se hisser au sommet des groupes d’assurance panafricains, avant de revendre l’ensemble des acti- vités «assurance» du groupe, quelques années auparavant, à la Sanlam qui a fusionné récem- ment avec Allianz. Par ailleurs, l’objectif de Casablanca Finance City (CFC) est de faire du Maroc un hub pour permettre à des acteurs multinationaux d’utiliser Casablanca comme d'un relais
Finances News Hebdo : Le Maroc ambitionne d'être le hub financier et économique de l'Afrique. Quel est le rôle spécifique de la réassurance dans cette stratégie continen- tale ? Chakib Abouzaid : Depuis l’in- dépendance, le Maroc a tou- jours ambitionné de jouer un rôle économique sur le conti- nent africain. Un des leviers sur lequel peut se jouer l’influence est celui de l’économie. Mis à part les investissements dans les domaines industriels et touristiques, l’assurance et la réassurance sont des secteurs primordiaux. Nous avons deux exemples contemporains : les groupes AIG et AXA, présents dans la plupart des pays et qui
J’aime dire que la réassurance est le «ministère des Affaires étrangères» de l’assurance.
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