BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 25 JUIN 2026
travaillent sur des dizaines de marchés, même s’ils ne sont pas de grande taille, pourvu qu’ils soient prometteurs et que les résultats soient positifs. Le réassureur national marocain et les compagnies domiciliées au CFC ne dérogent pas à cette règle. F.N.H. : Et lesquels pré- sentent le plus fort poten- tiel de croissance ? Ch. A. : La liste est longue, les marchés sont prometteurs pour des raisons démographiques et aussi en termes d’investis- sements dans les économies africaines. Au niveau des indivi- dus, la classe moyenne devient plus demandeuse d’assurance dans tous les pays. La micro- assurance et l’assurance santé ont un bel avenir devant eux. À titre d’exemple, le Ghana, le Rwanda, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, la Tunisie présentent un fort potentiel sur le moyen et long terme. F.N.H. : Quel est l'inté- rêt concret pour un assu- reur marocain d'opérer à CFC ? Ch. A. : Un groupe financier pourrait installer sa holding au CFC et bénéficier des avan- tages offerts, surtout le cadre urbanistique et certains avan- tages. D’ailleurs, des entre- prises marocaines et Atlantic Re sont présentes au CFC. Une entreprise pourrait éven- tuellement optimiser sa capa- cité de réassurance en montant un agent général de gestion spécialisé (MGA - Managing General Agent) pour pouvoir accepter des affaires de réas- surance. Des groupes industriels et/ ou financiers pourraient créer leurs propres captives (société d'assurances détenue par une entreprise non assurantielle, ndlr) pour optimiser leur coût d’assurance. En matière d’as- surance et de réassurance, il y a beaucoup de possibilités, et notamment pour les insurtechs. Le CFC peut offrir une plate- forme régionale. ◆
Le Maroc ambitionne d'être le hub financier africain.
cilement atteignable. Mais les réassureurs nationaux africains, comme Atlantic Re et l'Africa Re, gagnent du terrain sur les marchés africains. F.N.H. : Les compagnies marocaines d'assurances disposent-elles des méca- nismes de réassurance sophistiqués nécessaires pour couvrir les risques africains complexes ? Ch. A. : Avec 6,8 milliards de dollars de primes et une pénétration (primes sur le PIB), dépassant les 4%, le Maroc est le deuxième pays en Afrique derrière l’Afrique du Sud en matière d’assurance. Ces deux indicateurs sont suffisants pour comprendre que l’écosystème assurantiel marocain est suf- fisamment avancé. Par ail- leurs, les assureurs marocains ont certains mécanismes qui les protègent, notamment la volonté politique de dynamiser le secteur et le cadre régle- mentaire élaboré qui veille à ce que toutes les entreprises respectent des marges de sol- vabilité élevées. La surface financière des entreprises leur permet d’être parmi les plus grandes entités sur le continent en termes de fonds propres; cela renforce leur solvabilité. En termes de volumes de primes, les entreprises marocaines sont aussi parmi les plus impor- tantes du continent. D’ailleurs, le management stra- tégique des sociétés maro-
caines et les qualités profes- sionnelles de leur encadrement leur confèrent un avantage indéniable, en comparaison avec leurs homologues sur le continent. Les programmes de réassu- rance de toutes les entreprises marocaines ont de grandes capacités et sont soutenus par les grands réassureurs mon- diaux. Tous ces facteurs per- mettent aux sociétés maro- caines d’accepter des risques sur le continent, y compris les plus complexes. D’ailleurs, Atlantic Re prend part à des programmes de réassurance dans la plupart des pays afri- cains et arabes. Elle étend aussi son offre à des branches considérées comme difficiles, notamment l’agriculture ou l’as- surance-crédit. Le Maroc a été pionnier en matière d’assurance agricole depuis 1999 avec le programme «sécheresse» de la MAMDA, qui continue à servir de modèle en la matière pour d’autres pays. En matière de catastrophes naturelles, la création du fonds de solidarité contre les événe- ments catastrophiques (FSEC) reste un projet phare qui a mon- tré son efficacité, surtout lors du tremblement de terre d’El Haouz. Il a été érigé comme
un modèle, non seulement à travers le continent, mais aussi dans le monde arabe. F.N.H. : Quels pays afri- cains représentent les plus gros volumes pour la réassurance marocaine ? Ch. A. : Sur le continent, il y a trois types de marchés : l’Afrique du Sud fait plus de primes que le reste du conti- nent (autour de 45 milliards de dollars), un marché comparable aux marchés européens. Nous avons les pays d’Afrique du Nord (Égypte et Tunisie par exemple), qui sont des parte- naires de longue date d’Atlantic Re. Cette dernière a un bureau au Caire. Le Maroc, à travers Atlantic Re, ex-SCR, faisait également partie du placement maghrébin commun des flottes aériennes et maritimes, dans les années 80 et 90. L’entreprise maro- caine est aussi membre de la Fédération afro-asiatique de réassurance et, à ce titre, elle a eu le privilège d’être le gestion- naire de son pool «aviation». Et nous avons également les pays au sud du Sahara, avec quelques marchés intéressants, soit en volume de primes (Côte d’Ivoire, Kenya), soit en raison des liens historiques et écono- miques avec le Maroc. La réassurance étant une acti- vité globale par nature, pour se diversifier, il n’existe pas de petit marché. Toutes les entreprises, y compris les plus grandes,
Avec 6,8 milliards de dollars de primes et une pénétration (primes sur le PIB), dépassant les 4%, le Maroc est le deuxième pays en Afrique.
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