BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 25 JUIN 2026
Facturation électronique Bien plus qu'une réforme fiscale Processus financiers, systèmes d'information, gestion des données ou encore paiements : la facturation électronique promet des changements qui dépassent largement le cadre de la simple facture. Par K. A.
projet à la conformité réglemen- taire passent souvent à côté de ses véritables bénéfices. «C’est un projet d’entreprise» , résume une consultante spé- cialisée ayant accompagné plu- sieurs déploiements à l’interna- tional. La qualité des données Pour les experts, la réussite de la facture électronique ne dépen- dra pas uniquement des outils déployés, mais aussi de la qua- lité des données utilisées par les entreprises. Avant même de penser aux plateformes ou aux logiciels, les entreprises devront revoir leurs référentiels clients et fournisseurs, corriger les dou- blons, mettre à jour les informa- tions obsolètes et harmoniser les données utilisées dans leurs différents systèmes. Pour les grands groupes, le défi peut être encore plus com- plexe. Beaucoup fonctionnent aujourd’hui avec plusieurs ERP hérités de fusions, d’acquisitions ou d’évolutions successives de leur organisation. L’arrivée de la facturation électronique pourrait accélérer les projets d’intégra- tion ou d’harmonisation des sys- tèmes d’information. Dans ce cadre, le principal mes- sage adressé aux entreprises est clair : il ne faut pas attendre la publication définitive du cadre réglementaire pour commencer les préparatifs. Selon les inter- venants, la phase de prépara- tion peut durer entre 6 et 18 mois selon la taille et la matu- rité de l’entreprise. Plus encore, une grande partie des travaux nécessaires (cartographie des flux, revue des processus, net- toyage des données ou prépa- ration des équipes) peuvent être engagés dès aujourd’hui. L’expérience des pays déjà passés à la facturation électro- nique montre que les organisa- tions ayant anticipé la réforme ont généralement transformé cette contrainte réglementaire en levier de performance. À l’inverse, celles qui ont attendu les dernières échéances se sont souvent retrouvées dans des projets menés dans l’urgence. ◆
Rachid Saïh, Directeur général du Centre monétique interbancaire
A
u-delà de son volet réglemen- taire, la facture électronique s'annonce comme un chantier de transformation majeur pour les entreprises. Pour Rachid Saïh, Directeur général du Centre monétique interbancaire (CMI), l’enjeu dépasse largement la simple dématérialisation des documents. «L’avenir ne réside plus uniquement dans la digita- lisation des services, mais dans la capacité à les intégrer au sein de parcours utilisés quotidien- nement par les citoyens et les entreprises» , a-t-il souligné à l’ouverture d’une rencontre avec la presse. Derrière cette évolution, se pro- file également un changement de paradigme. La facture n'est plus appelée à être un simple document administratif, mais un flux de données pouvant cir- culer automatiquement entre entreprises, banques et admi- nistrations. Une transformation qui ouvre la voie à une auto- matisation croissante des pro-
cessus financiers. La dynamique est mondiale. Selon les experts réunis lors du panel d’ouverture, plus de 80 pays ont déjà adopté la facturation électronique, tan- dis qu’une cinquantaine d’autres préparent son déploiement. La réforme vise à automatiser une partie croissante des opérations liées à la facturation. «La facture devient un message», résume un intervenant. Autrement dit, la facture électronique est appe- lée à circuler directement entre les systèmes d'information des entreprises, des banques et de l'administration, avec moins de traitements manuels et moins de risques d'erreur. À terme, l'émission, la transmis- sion, la validation ou encore le traitement comptable des fac- tures pourraient s'effectuer de manière beaucoup plus fluide, avec une intervention humaine réduite. Selon les intervenants, cette automatisation devrait permettre de limiter les erreurs, d’accélérer les délais de traite-
ment et d’améliorer la qualité des données financières.
Une révolution pour les DAF Pour les directeurs administratifs et financiers (DAF), la réforme représente un changement de paradigme. Le Directeur général du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), El Hadi Chaïbaïnou, a rappelé que la facturation électronique s’inscrit pleinement dans la stra- tégie Maroc Digital 2030 et dans la dynamique de digitalisation déjà engagée par l’adminis- tration fiscale. Il a notamment salué les avancées réalisées ces dernières années en matière de télédéclaration, de télépaiement et de digitalisation des procé- dures fiscales. Mais pour les experts présents, considérer la facture électro- nique comme un simple projet fiscal ou informatique serait une erreur. Plusieurs retours d’expé- rience internationaux montrent que les entreprises qui limitent le
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