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BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 25 JUIN 2026

Financement des TPME «L’enjeu n’est plus l’accès aux fonds, mais leur adaptation aux réalités du terrain»

apparaissent. Les TPME ont besoin d’un accompagnement global qui combine financement, conseil stratégique, digitalisation, déve- loppement commercial, res- sources humaines et accès aux marchés. Or, les mécanismes actuels sont parfois encore trai- tés de manière cloisonnée. Par ailleurs, le capital-investis- sement demeure relativement concentré sur des entreprises ayant déjà atteint une certaine taille ou un niveau de matu- rité avancé. De nombreuses TPME en phase intermédiaire se retrouvent ainsi dans ce que l’on appelle souvent la «val- lée du financement», c’est-à- dire une zone où elles sont trop développées pour bénéficier de certains programmes d’amor- çage, mais pas suffisamment structurées pour attirer les investisseurs privés. La véritable question n’est donc pas uniquement celle de la dis- ponibilité des financements, mais aussi celle de leur adap- tation aux réalités du terrain. Les entrepreneurs ont besoin de solutions plus flexibles, plus rapides et davantage orientées vers le potentiel de croissance que vers les garanties tradition- nelles. F. N. H. : Quelles mesures faudrait-il privilégier pour permettre aux TPME de mieux accéder au finan- cement, de se dévelop- per et de créer davantage d’emplois ? K. H. : Le Maroc entre dans une phase historique marquée par des investissements structu- rants, des projets d’infrastruc- tures majeurs et les opportuni-

Pilier du tissu économique national, la TPME reste confrontée à plusieurs défis en matière de financement. Si l’offre s’est diversifiée ces dernières années, de nombreux entrepreneurs peinent encore à trouver des solutions adaptées à leurs besoins de développement. Entretien avec Keltoum Houssni, Directrice générale de HoussniJob Innovation, experte en entrepreneuriat, employabilité, transformation digitale et développement des compétences.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Beaucoup d’entrepreneurs, notamment les très petites entreprises et les jeunes por- teurs de projets, disposent d’un savoir-faire métier mais manquent d’outils de gestion, de structuration financière et de visibilité stratégique. Les business plans sont souvent insuffisamment documentés, les prévisions financières peu fiables et la gouvernance par- fois informelle. Le deuxième frein concerne les exigences de garanties. Même avec l’existence de méca- nismes publics de garantie, de nombreux entrepreneurs conti- nuent à percevoir le finance- ment bancaire comme diffici- lement accessible, notamment lorsqu’ils ne disposent pas d’actifs à mettre en garantie ou d’un historique financier solide. Les entreprises opérant dans des secteurs innovants, digi- taux ou à forte composante technologique rencontrent souvent des difficultés supplé-

mentaires, car leurs modèles économiques sont parfois mal appréhendés par les circuits de financement traditionnels. F. N. H. : Les disposi- tifs actuels répondent-ils réellement aux besoins des TPME à chaque étape de leur développement ? K. H. : Les dispositifs exis- tants ont considérablement évolué ces dernières années et constituent une avancée impor- tante pour l’écosystème entre- preneurial marocain. Toutefois, leur efficacité reste inégale selon la taille de l’entreprise, son niveau de maturité et son secteur d’activité. Pour les phases de création et d’amorçage, plusieurs pro- grammes apportent un soutien appréciable. Cependant, c’est souvent durant les phases de croissance, d’industrialisation ou d’internationalisation que les besoins deviennent plus com- plexes et que certaines limites

Finances News Hebdo: Malgré les différents mécanismes de soutien mis en place ces der- nières années, l’accès au financement reste une préoccupation majeure des TPME. Quels sont les principaux obstacles aux- quels les entrepreneurs marocains continuent de faire face ? Keltoum Houssni : Malgré les efforts importants consen- tis par l’État, les institutions financières et les organismes d’accompagnement, l’accès au financement demeure l’un des principaux freins au dévelop- pement des TPME marocaines. Le premier obstacle reste la difficulté à démontrer la via- bilité économique du projet.

Même avec l’existence de mécanismes publics de garantie, de nombreux entrepre- neurs continuent à percevoir le financement bancaire comme difficilement accessible.

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