Finances News Hebdo 1240

BOURSE & FINANCES

19

FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 25 JUIN 2026

tés liées à la Coupe du monde 2030. Cette dynamique doit impérativement profiter aux TPME, qui représentent plus de 95% du tissu économique national et constituent le princi- pal gisement de création d’em- plois. Je pense qu’il est nécessaire d’agir simultanément sur plu- sieurs leviers. Premièrement, renforcer l’accompagnement avant et après financement. L’accès aux fonds ne suffit pas, il faut également accompagner les entrepreneurs dans la ges- tion, la digitalisation, l’innova- tion et la montée en compé- tences. Deuxièmement, faciliter davan- tage l’accès à la commande publique et aux grands projets structurants. Les TPME doivent pouvoir intégrer les chaînes de valeur créées autour des grands chantiers nationaux, notam- ment dans les secteurs du BTP, des services, du numérique, du tourisme, de la logistique et de Troisièmement, développer des mécanismes de financement alternatifs plus adaptés aux réalités des petites structures: fonds régionaux d’investisse- ment, financement participa- tif, capital-risque de proximité, financement basé sur la perfor- mance ou sur les flux d’activité. Quatrièmement, accélérer la transformation digitale des TPME. Aujourd’hui, la digita- lisation n’est plus un choix, mais un facteur déterminant de compétitivité. Une entre- prise digitalisée inspire davan- tage confiance aux investis- seurs, améliore sa productivité et accède plus facilement aux marchés nationaux et interna- tionaux. Il est essentiel d’investir davan- tage dans le capital humain. Les entreprises qui recrutent, forment et développent les compétences de leurs colla- borateurs créent davantage de valeur et présentent générale- ment une meilleure capacité de croissance durable. Le Mondial 2030 représente une opportunité exceptionnelle. Si nous parvenons à mobiliser

 Les TPME représentent plus de 95% du tissu économique national et constituent le princi- pal gisement de création d’emplois.

efficacement les TPME autour de cette dynamique, nous pour- rons non seulement stimuler la croissance économique, mais également créer des milliers d’emplois durables et renforcer l’émergence d’un tissu entre- preneurial marocain plus rési- lient, plus innovant et plus com- pétitif à l’échelle internationale. F. N. H. : Face aux limites du financement tradi- tionnel, les fintechs, le crowdfunding et les nou- velles solutions digitales peuvent-ils constituer un véritable levier pour démocratiser l’accès au financement des TPME ? K. H. : Les fintechs, le crowd- funding et les nouvelles solu- tions digitales représentent aujourd’hui l’une des transfor- mations les plus prometteuses de l’écosystème financier. Ils ne remplaceront pas totalement les mécanismes traditionnels, mais ils peuvent considérable- ment élargir et démocratiser l’accès au financement pour les TPME. L’un des principaux avan- tages de ces solutions réside dans leur capacité à réduire les barrières d’entrée. Là où les circuits classiques reposent souvent sur des critères his- toriques, des garanties maté- rielles et des procédures rela-

tivement longues, les fintechs utilisent davantage la donnée, l’analyse comportementale et les flux d’activité de l’entreprise pour évaluer son potentiel et sa capacité de remboursement. Le crowdfunding, quant à lui, permet à des entrepreneurs de mobiliser directement une communauté de contributeurs ou d’investisseurs autour d’un projet innovant ou à fort impact. Il offre également un avantage stratégique, celui de la vali- dation du marché. Lorsqu’un projet réussit à convaincre une communauté de le soutenir financièrement, cela constitue souvent un premier indicateur de son potentiel commercial. Les solutions digitales apportent également davantage de rapi- dité, de transparence et d’inclu- sion financière. Elles permettent aux entrepreneurs, notamment dans les régions éloignées des grands centres économiques, d’accéder à des services finan- ciers sans contraintes géogra- phiques importantes. Cette dimension est essentielle dans un pays où les enjeux de déve- loppement territorial et d’inclu- sion économique sont au cœur

des priorités nationales. Dans les années à venir, je pense que leur rôle sera déter- minant, notamment pour les jeunes entrepreneurs, les star- tups innovantes, les travailleurs indépendants et les TPME qui ne disposent pas encore d’un historique financier suffisam- ment solide pour accéder faci- lement au crédit bancaire clas- sique. Toutefois, pour que ces solu- tions atteignent pleinement leur potentiel, plusieurs conditions doivent être réunies, à savoir le renforcement du cadre régle- mentaire, le développement de la confiance des investisseurs, l’accélération de la culture financière et digitale des entre- preneurs ainsi que l’interopéra- bilité avec les dispositifs publics existants. L’avenir du financement des TPME ne reposera probable- ment pas sur un modèle unique, mais sur une complémentari- té intelligente entre banques, fonds d’investissement, garan- ties publiques, fintechs et plate- formes de financement partici- patif. C’est cette diversification des sources de financement qui permettra de soutenir effi- cacement la croissance des entreprises marocaines et de renforcer leur contribution à la création de richesse et d’em- plois. ◆

Les fintechs, le crowdfunding et les nou- velles solutions digitales représentent aujourd’hui l’une des transformations les plus prometteuses de l’écosystème financier.

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker