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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 25 JUIN 2026

Semis direct Un levier pour moderniser les cultures céréalières et économiser l’eau Le semis direct s’impose progressivement comme une alternative prometteuse pour l’agriculture marocaine. Son extension à grande échelle pourrait contribuer à moderniser durablement les filières céréalières et légumineuses du Royaume. Par C. Jaidani.

conséquent, et cela n’est pas à la portée de tout le monde. Lors de l’introduction du semis direct au Maroc, seuls de grands agriculteurs et quelques coopératives ont pu l’utiliser. La généralisation de la tech- nique à grande échelle dans le Royaume devrait prendre du temps, mais à terme, elle devra booster la filière céréalière et légumineuse qui occupe 80% de la superficie agricole utile nationale, estimée à 10 millions d’hectares. Elle serait aussi d’un apport considérable pour d’autres filières comme les acti- vités oléagineuse ou sucrière. Cette technique est recomman- dée aux terroirs à faible pluvio- métrie, puisque le rendement à l’hectare peut atteindre 6 à 10 quintaux de plus par rap- port aux méthodes convention- nelles» . Et Guennouni d’ajouter que « cette technique assure une stabilité des récoltes à travers l’entretien du sol contre l’éro- sion, en conservant la teneur en matière organique et en favori- sant la rétention de l’eau. Ce qui garantit un approvisionnement prolongé en eau des cultures. La technique est fortement recommandée par Génération Green afin de faire face à la sécheresse» , assure-t-il. Avec le concours de plusieurs associations ou coopératives, l’OCP a contribué à la vulgari- sation de la technique du semis direct dans pas moins de 20.000 hectares par an dans plusieurs régions, dont une centaine de patelins répartis sur une tren- taine de provinces. Le nombre d’agriculteurs bénéficiaires s’élève actuellement à près de 4.000 et pourrait atteindre près de 10.000 à la fin du pro- gramme. Ainsi, dans le cadre du programme Al Moutmir, l’OCP a scellé un partenariat avec l’Institut national de recherche agronomique (INRA) et l’univer- sité polytechnique Mohammed VI de Benguerir, dont l’objec- tif est de faire de cette tech- nique un levier de transition entre l’agriculture traditionnelle et l’agriculture moderne. ◆

 La technique du semis direct est fortement recommandée pour les régions à climat semi-aride comme celui du Maroc.

L

a quête d'une productivité accrue et d'un meilleur rende- ment est un objectif clé pour le secteur agricole. Il s’agit avant tout de répondre aux besoins croissants d’une population en expansion tout en améliorant la qualité des récoltes et en maî- trisant les coûts de production. Dans ce contexte, la préserva- tion de l'environnement, deve- nue une priorité avec la montée en puissance de l’agriculture intensive, nécessite l’adop- tion de solutions innovantes. Parmi celles-ci, la technique du semis-direct se distingue par son efficacité prouvée. Initialement déployée en

Amérique du nord où elle a été mise en œuvre à grande échelle avant de s’étendre à l’Europe, cette méthode trouve désormais progressivement sa place au Maroc. Introduite dans le pays par le ministère de l’Agriculture en collabora- tion avec l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), cette technique a d’abord été testée sur un nombre limité de parcelles expérimentales. Toutefois, c’est grâce au pro- gramme Al Moutmir de l’OCP que le semis direct a véritable- ment gagné du terrain et ren- contré un succès avéré. Les résultats obtenus au fil des années ont confirmé l'effica- cité de ce procédé, favorisant ainsi son adoption croissante. La superficie couverte est ainsi passée de 22.000 hectares lors de la campagne 2021-2022 à 118.000 hectares en 2023-2024,

avant d’atteindre 160.000 hec- tares en 2025-2026. Fort de cette dynamique, le départe- ment de tutelle ambitionne de porter cette superficie à un mil- lion d’hectares prochainement. «D'un point de vue technique, le semis direct est une méthode agricole qui réduit le recours à des opérations de prépara- tion du sol, comme le labour ou le décompactage. Ce sys- tème favorise une meilleure protection contre l'érosion des sols tout en offrant une opti- misation des pratiques cultu- rales», souligne Abdelmounaim Guennnouni, ingénieur agro- nome et consultant agricole. Selon lui, «le semis direct n’est pas facile à être adopté par les exploitants marocains car la plupart d’entre eux sont habi- tués à des pratiques ances- trales. D’abord, il nécessite un matériel adapté et un budget

Le semis direct a montré sa pertinence dans les terroirs à faible pluviométrie en permettant un rendement à l’hectare de 6 à 10 Q de plus par rapport aux méthodes conventionnelles.

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