DEVELOPPEMENT DURABLE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 25 JUIN 2026
qui assume à la fois le risque de construction et le risque de marché, sans subvention et sans impact sur les finances publiques» , souligne Omar Alaoui Mhamdi. Le surplus de production peut être cédé à l'ONEE, mais la logique première demeure celle d'une rela- tion directe entre producteur et consommateur industriel. L'expérience revêt aujourd'hui une résonance particulière dans un contexte marqué par l'accéléra- tion des exigences environnemen- tales sur les marchés internatio- naux. Pour de nombreux industriels exportateurs, l'accès à une électri- cité bas carbone devient progressi- vement un facteur de compétitivité. «Nous avons été, depuis le départ, un acteur de décarbonation des secteurs énergivores», affirme Omar Alaoui Mhamdi. Bien avant l'entrée en vigueur du mécanisme européen d'ajustement carbone aux frontières (MACF), Khalladi ali- mentait déjà des activités forte- ment consommatrices d'énergie, offrant à certains industriels la pos- sibilité d'intégrer une composante renouvelable dans leur mix éner- gétique. Pour Acwa, le projet représente également le point de départ d'une aventure plus vaste. Premier pro- jet éolien du groupe à l'échelle mondiale, il a précédé la constitu- tion d'un portefeuille qui totalise aujourd'hui 1.460 MW en exploita- tion et 14.500 MW en développe- ment. Une trajectoire qui accom- pagne l'expansion d'un groupe désormais présent à travers 110 actifs répartis dans quinze pays. Le développement du site n'est d'ailleurs pas achevé. Une exten- sion de 40 MW, déjà autorisée, devrait porter sa capacité à 160 MW à l'horizon 2028. Mais au-delà du cas de Khalladi, Acwa estime que le véritable enjeu des pro- chaines années résidera dans le renforcement des infrastructures électriques. «Le pari gagnant sera celui du couple renouvelables-réseau. Plus nous investirons dans le réseau, plus nous disposerons de capa- cités renouvelables capables d'accompagner l'industrialisation du pays », conclut Omar Alaoui Mhamdi. ◆
Avec 120 MW de capacité installée et 1,8 Md de DH d'in- vestissements privés, Khalladi est devenu l'un des projets pionniers de l'ouverture du marché marocain de l'électricité renouvelable au privé.
Parc Khalladi
Le projet qui a ouvert la voie à l'électricité privée
Mis en service en 2018, le parc éolien de Khalladi s'est progressivement imposé comme l'un des symboles de l'ouverture du marché marocain de l'électricité renouvelable.
Par M. A. L. S
ur les hauteurs de Jbel Sendouq, à une cinquantaine de kilomètres de Tanger, les quarante éoliennes de Khalladi poursuivent leur rotation avec une régularité presque silen- cieuse. Huit ans après sa mise en service commerciale, le parc de 120 MW figure parmi les projets qui ont marqué une étape importante dans l'évolution du secteur des renouvelables au Maroc. Lorsque le projet prend forme à la fin de l'année 2014, la loi 13-09 n'en est encore qu'à ses premières applications concrètes. L'ouverture de la production d'électricité renouvelable aux opérateurs pri- vés demeure alors un pari dont peu mesurent encore la portée. Acwa choisit pourtant d'y enga- ger son premier projet éolien à l'échelle mondiale. «Khalladi a été un des pionniers dans le cadre de la loi 13-09 et un exemple de son application», rappelle Omar Alaoui Mhamdi, Directeur général d'Acwa Maroc. Le projet mobilise alors 1,8 milliard de dirhams pour l'installation de quarante éoliennes Vestas V90 de 3 MW chacune. Entièrement financé
par des capitaux privés, il repose sur une structure composée à 77% de dette et à 23% de fonds propres. Aujourd'hui, son capital est détenu par Acwa (51%), le fonds marocain ARIF (25%) et Sanlam (24%). Le financement bancaire a été assuré par Bank of Africa et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), dont il s'agissait alors de la première opération dans les énergies renou- velables au Maroc. Huit ans plus tard, les perfor- mances dépassent les projections initiales. Conçu pour produire 390 GWh par an, le parc affiche désor- mais une production moyenne de 397 GWh, soit l'équivalent de la consommation électrique annuelle d'une ville d'environ 400.000 habi- tants. L'évitement carbone atteint près de 180.000 tonnes de CO2 par an, contre 144.000 tonnes prévues lors de la conception du projet. Sur le plan opérationnel, la disponibilité du site s'établit à 99,05%, large- ment au-dessus du seuil contrac- tuel de 97%. Pour Kamal Zennouhi, CEO d'Acwa Khalladi, ces résultats traduisent la
maturité opérationnelle atteinte par le site après plusieurs années d'ex- ploitation. Ils illustrent également la capacité du parc à maintenir dans la durée un niveau de performance supérieur aux hypothèses retenues lors de son développement.
Le véritable héritage de Khalladi
Le principal apport de Khalladi réside dans le modèle écono- mique qu'il a contribué à installer. Contrairement au schéma tradi- tionnel reposant sur un acheteur public unique, l'électricité produite par le parc est commercialisée directement auprès d'industriels marocains à travers des contrats d'achat de long terme. Les cimen- teries, les entreprises du textile ou encore les acteurs de la sidérurgie peuvent ainsi accéder à une éner- gie renouvelable compétitive dans un cadre fondé sur des méca- nismes de marché. Cette architecture a permis de valider la viabilité d'un modèle dans lequel l'investisseur assume l'intégralité du risque. «Le risque est porté uniquement par le privé,
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