Vision 2026 06 24

S P O R T S LES NATS 1975-1976 AU TEMPLE DE LA RENOMMÉE DU SPORT D’OTTAWA

YVON LEGAULT nouvelles@eap.on.ca

magique que je n’oublierai jamais. » Forts de ce brillant exploit, les Nats ont vogué par la suite jusqu’à la conquête de la Coupe du Centenaire, devenant la première équipe de la Ligue junior centrale du Canada à mettre la main sur le titre. Ils ont dominé leurs deux prochains adversaires, balayant les Islanders de Charlottetown en quatre matchs, puis disposant des Mets de Sprove Grove 4-1 dans la série finale. Leroux a inscrit huit buts au cours de l’ultime série. « J’avais la chance de jouer sur un trio avec Thibodeau et Waddington. Nous nous complétions à merveille. Je n’avais qu’à bien me positionner autour du filet et ils me donnaient la rondelle directement sur la palette », mentionne-t-il. Un fait intéressant: les Nats ont affronté deux futures vedettes de la Ligue nationale de hockey au cours des deux dernières rondes de leur périple. Rick Vaive portait les couleurs des Islanders et Mark Messier, à l’âge de 14 ans seulement, faisait partie de l’alignement des Mets. Une belle carrière Pour Leroux, cette expérience mémo- rable fut le tremplin vers une belle carrière qui l’a mené de Windsor dans la Ligue de hockey de l’Ontario (LHO) jusqu’à Indiana- polis dans la défunte Association mondiale de hockey (AMH), puis à Muskegon et Flint dans la Ligue internationale et finalement à Wetzikon dans la Ligue professionnelle de Suisse. Parmi les faits saillants de sa carrière, il a terminé au cinquième rang des comp- teurs de la LHO à sa dernière année dans l’uniforme des Spitfires de Windsor avec une fiche de 57 buts et 123 points en 68 parties. Seuls des joueurs de renom tels que Bobby Smith, Wayne Gretzky, Dino Cicca- relli et Keith Acton l’ont devancé dans la colonne des marqueurs cette saison-là. À noter aussi qu’il a joué avec Gretzky et Messier à Indianapolis dans l’AMH. Une expérience qui a duré seulement 10 parties malheureusement, l’équipe ayant fait faillite en cours de route. À l’époque, le hockey professionnel, surtout la LNH, privilégiait beaucoup plus les joueurs costauds. Plus souvent qu’autrement, on levait le nez sur les plus petits hockeyeurs, même s’ils étaient plus talentueux et habiles. Dans le hockey d’aujourd’hui, Gérald Leroux, même à 5 pieds, 6 pouces et 160 livres, aurait certainement trouvé preneur. « Probablement, répond celui qui a fêté ses 68 ans le 9 juin dernier. Le hockey a changé et on fait confiance beaucoup plus aujourd’hui aux joueurs de petite stature. » En terminant, Leroux a tenu à remercier tous ceux et celles qui l’ont encouragé et supporté au cours de sa carrière. Sa famille bien entendu, mais aussi son ami Gaétan Lalonde, de Saint-Isidore. « Cet homme-là a été d’une aide pré- cieuse, surtout après ma carrière junior, souligne Leroux. Je n’avais pas d’agent à l’époque. C’est incroyable tous le temps et les efforts qu’il a mis pour m’aider à me trouver des postes. Il a cogné à plusieurs portes et fait de nombreux appels. Je lui serai toujours très reconnaissant. »

L’édition 1975-1976 des Nationals de Rockland a été intronisée récemment au Temple de la renommée du sport d’Ottawa. Cinquante ans après leur conquête de la Coupe du Centenaire, le trophée emblématique du championnat de hockey junior A au Canada. Les Nats de l’époque avaient connu une lancée irrésistible ce printemps-là, remportant, coup sur coup, quatre séries consécutives contre les autres champions régionaux du pays. Gérald Leroux, qui, malgré ses 16 ans, avait été proclamé le joueur par excellence, s’en souvient comme si c’était hier. Cette conquête demeure l’un des plus beaux souvenirs de sa belle carrière au hockey. « Nous avions toute une équipe, déclare- t-il d’emblée. Une formation qui n’avait pas vraiment de failles. Nous étions solides devant le filet, gros et fiables à la ligne bleue et bien équilibrés à l’attaque. « Nous étions bâtis pour affronter n’importe quelle équipe, peu importe le style de jeu », ajoute l’ancien numéro 4 des Nats qui est l’un des quatre frères de la famille Leroux originaire de St-Bernardin qui a produit certains des meilleurs hockeyeurs de l’Est ontarien dans les années 1970 et 1980. Le sexagénaire, qui demeure maintenant à Hawkesbury, garde un souvenir indélébile de l’engouement des partisans de l’équipe et des amateurs de hockey de la région ce fameux printemps-là. C’était la folie furieuse à Rockland. Les Nats étaient devenus l’attraction principale dans la petite municipalité de 4,000 habitants et on s’arrachait les billets pour les matchs locaux. À un point tel qu’il a fallu à un certain moment donné ajouter des estrades temporaires dans l’aréna pour essayer de répondre à la demande. « À l’âge de 16 ans, pouvoir jouer dans ma cour, devant ma famille et mes amis, dans une telle ambiance, c’était vraiment spécial. Définitivement, l’un de mes plus beaux souvenirs de hockey », souligne Leroux. La carte de l’intimidation Tout au long de leur parcours jusqu’à la Coupe du Centenaire, les Nationals ont dû faire face aux tactiques d’intimidation de leurs adversaires. Et ce dès la première série contre les Royals du Lac-Mégantic, les champions québécois. Battus 9-4 lors du match initial à Rockland, les Royals ont décidé de jouer la carte de la robustesse et de s’en prendre aux meilleurs joueurs des Nats. Leroux et Michel Brisebois, deux attaquants de petite taille, ont été les cibles de choix des Royals. « Une mêlée générale a éclaté dès la fin de la deuxième partie, rappelle Leroux qui faisait 5 pieds, 6 pouces et moins de 140 livres à l’époque. Ils (Royals) nous atten- daient de pied ferme lors de la troisième joute au Lac-Mégantic. Ils avaient ajouté deux batailleurs au sein de leur alignement en espérant nous intimider, mais ça n’a rien donné. J’étais capable de me défendre,

Gérald Leroux, an integral piece of the 1976 Rockland Nationals team that captured the Centennial Cup. (Yvon Legault, EAP)

ça c’est certain. » Pour le numéro 4 des Nats – reconnu comme un des plus féroces compétiteurs de l’époque – il était hors de question d’abandonner, même si l’équipe était acculée au pied du mur. « Je me souviens que mes parents s’étaient déplacés à Guelph. Après le troisième match, mon père m’a dit que ma mère et lui retournaient à St-Bernardin et qu’ils me reverraient le lendemain. Il était persuadé que la série était terminée, raconte Leroux. Je lui ai répondu qu’il ne me reverrait pas le lendemain. J’étais convaincu que nous allions rebondir. « Il suffisait que nos leaders, les joueurs les plus vieux et les plus expérimentés de l’équipe, se lèvent et qu’ils prennent les choses en mains, ajoute-t-il. Et, c’est exactement ce qui est arrivé. Brisebois (Michel), Thibodeau (Jean), Waddington (Steve) ont montré le chemin et nous avons gagné les deux parties suivantes à Guelph avant d’ajouter deux autres victoires devant nos partisans à Rockland. Un moment

mais Brian (Murray, l’entraîneur-chef des Nats) ne voulait surtout pas que je jette les gants. Nous avions des gars au sein de l’équipe qui étaient capables de faire ce job-là, me répétait-il. » L’équipe de Rockland a gagné ce troi- sième match, puis elle a scellé l’issue de la série en remportant la cinquième joute par la marque de 6-4. Toute une remontée La belle aventure des Nationals a bien failli se terminer à la ronde suivante, lors de la finale ontarienne. Les Platers de Guelph ont causé une certaine surprise en remportant les trois premières parties de la série. Des victoires convaincantes de 6-2, 3-0 et 7-2. « J’ai encore un peu de difficulté à m’expliquer ce qui s’est passé au début de cette série, de dire Leroux. Étions-nous trop confiants? Avons-nous été affectés par le fait qu’on ait déplacé nos deux premiers matchs locaux à Hull, dans un lieu qui ne nous était pas familier? Je ne sais pas, mais nous n’avons pas été à la hauteur,

Made with FlippingBook interactive PDF creator