HIGH-TECH
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 AVRIL 2026
IPTV pirates Un phénomène mondial qui continue de séduire R Accéder à des milliers de chaînes, aux grands championnats de football ou à des films et séries payants pour quelques dizaines de dirhams par an. Portés par les services d’IPTV pirates, ces abonnements illégaux séduisent des millions d’utilisateurs dans le monde malgré les interdictions. Par K. A.
l’accès aux principales plateformes de streaming et aux chaînes spor- tives nécessite souvent plusieurs abonnements distincts, les ser- vices pirates proposent un accès global pour une fraction du coût. Pour suivre certaines compéti- tions sportives ou accéder à dif- férents catalogues de contenus, les consommateurs doivent parfois cumuler plusieurs abonnements. Dans de nombreux pays, les risques juridiques pour les utilisa- teurs restent perçus comme limi- tés, ce qui contribue à maintenir l’attractivité de ces services.
Un phénomène largement répandu
Au Maroc, aucune étude officielle ne permet aujourd’hui d’éva- luer précisément l’ampleur du recours aux services IPTV pirates. Parallèlement, la commercialisa- tion de ces abonnements s’est largement déplacée vers Internet. Sur les réseaux sociaux ou via des applications de messagerie, des revendeurs proposent régu- lièrement des accès IPTV à des prix très attractifs, généralement compris entre 100 et 300 dirhams par an. Un coût nettement infé- rieur aux abonnements cumulés aux chaînes sportives et aux plate- formes de streaming. Pour de nombreux ménages, ces offres apparaissent ainsi comme une alternative accessible pour accéder à une large variété de contenus internationaux. La frag- mentation des offres légales, réparties entre plusieurs plate- formes payantes, renforce éga- lement l’attrait de ces solutions pirates. De fait, les services IPTV pirates répondent à une demande importante de divertissement et d’accès à l’information. Si les autorités européennes ont intensifié ces dernières années la lutte contre le piratage audiovisuel, notamment par le blocage de sites et le démantèlement de réseaux internationaux, la question d’une régulation plus stricte reste encore peu visible au Maroc. Le phéno- mène continue ainsi de prospérer dans un environnement relative- ment tolérant, porté par la géné- ralisation de l’Internet haut débit et la multiplication des téléviseurs connectés. ◆
egarder des chaînes du monde entier, suivre le football ou accé- der à des films et séries payants pour quelques dizaines de dirhams par an : derrière cette promesse séduisante, les services d’IPTV pirates attirent aujourd’hui des mil- lions d’utilisateurs dans le monde. Et ce, malgré les interdictions et les efforts croissants des autorités pour endiguer ce phénomène. L’IPTV, acronyme de Internet Protocol Television, désigne à l’ori- gine une technologie permettant de diffuser des contenus télévisés via Internet plutôt que par satel- lite ou câble. Utilisée de manière légale par certains opérateurs et plateformes, cette technologie a toutefois donné naissance à un marché parallèle particulièrement lucratif : celui des abonnements IPTV pirates. Concrètement, ces services per- mettent d’accéder à des milliers de chaînes et à des catalogues de films ou de séries normalement
payants. Les utilisateurs peuvent ainsi regarder des contenus spor- tifs premium, des chaînes interna- tionales ou encore des plateformes de streaming, le tout depuis un simple boîtier ou une application. Selon plusieurs enquêtes euro- péennes, des dizaines de mil- lions d’utilisateurs dans le monde auraient recours à des services IPTV pirates. En Europe, certaines estimations évoquent plus de 17 millions de consommateurs de contenus audiovisuels piratés via ce type de services. Les réseaux démantelés ces der- nières années donnent également une idée de l’ampleur du mar- ché. En 2024, une opération coor- donnée par Europol a permis de démanteler un vaste réseau IPTV illégal qui desservait plus de 22 millions d’utilisateurs dans plu- sieurs régions du monde. Selon les enquêteurs, cette organisation générait jusqu’à 250 millions d’eu- ros de revenus mensuels.
Dans certains pays, le phéno- mène est particulièrement marqué. En Suède, par exemple, environ 640.000 foyers utiliseraient des abonnements IPTV pirates, soit près de 14% des ménages. Dans le même temps, une étude indique qu’environ 30% de la population suédoise consommerait chaque mois des contenus audiovisuels piratés sous différentes formes. Face à cette situation, les auto- rités et les détenteurs de droits intensifient leurs efforts pour lutter contre ces pratiques. En France, l’Autorité de régulation de la com- munication audiovisuelle et numé- rique a bloqué près de 1.800 sites et domaines liés à la diffusion illégale de contenus sportifs en 2024, contre seulement quelques dizaines l’année précédente. Des sanctions de plus en plus ciblées Si les premières actions visaient surtout les revendeurs et les réseaux criminels, plusieurs pays commencent désormais à s’atta- quer directement aux utilisateurs. L’Italie fait figure de pionnière dans ce domaine. En 2025, les autorités italiennes ont infligé des amendes à plus de 2.200 utilisateurs iden- tifiés comme abonnés à des ser- vices IPTV illégaux. Les sanctions peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros selon la gravité des infrac- tions. Malgré les interdictions et les sanctions, les services IPTV pirates continuent de séduire. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Le premier reste le prix. Bien que
Au Maroc, aucune étude officielle ne permet aujourd’hui d’évaluer précisément l’ampleur du recours aux services IPTV pirates.
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