FNH N° 1034 ok

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ECONOMIE

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 9 SEPTEMBRE 2021

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Soutien à la classe moyenne

◆ Une priorité majeure pour le prochain gouvernement. ◆ Cette population a besoin de tout un package englobant des mesures à caractère fiscal, social ou administratif. Beaucoupd’annonces, trèspeude réalisations L’ idée de soute- nir et d’élargir la classe moyenne a été clairement affichée pour la forme dans la réalité. Le sujet a été relevé et débat- tu longuement par les aca- démiciens, la société civile, les sociologues, les éco- nomistes et autres experts. Mais les propositions et les recommandations n’ont pas été prises en compte. Ce schéma n’a plus raison d’exister. Il faut créer des mécanismes plus équitables pour réduire le déphasage entre les classes. Par C. Jaidani

La plupart des pères de famille de cette frange de la société scolarisent leurs enfants dans l’enseignement privé. Ils réalisent les soins et les consultations médicales également dans le privé. Par ces mesures, ils soulagent le budget de l’Etat au niveau des secteurs de l’enseigne- ment et de la santé. Pourquoi ne pas prévoir des subven- tions directes à ce niveau pour les familles concer- nées» , affirme Oubouali. Il est à rappeler que dans sa dernière étude, le Conseil économique, social et envi- ronnemental (CESE) a mis en exergue «la pertinence de renforcer et d’élargir la classe moyenne au Maroc, qui sera un moyen pour his- ser le niveau de croissance et d’assurer la stabilité poli- tique» . Il a relevé que le sou- tien à cette catégorie de per- sonnes permettra de donner une nouvelle impulsion à des secteurs clés comme l’ensei- gnement, la santé et l’habi- tat. La classe moyenne joue également un rôle essentiel dans le maintien de la viabi- lité des systèmes de protec- tion sociale grâce aux coti- sations et au paiement des impôts. Enfin, il est utile de noter que la présence d’une classe moyenne forte sera un levier majeur pour le financement des investissements. De plus, elle promeut l’adoption d’une bonne gouvernance dans la gestion et l’améliora- tion des services publics. ◆

Dans le cadre de son mandat, le prochain gouvernement devra se pencher serieuse- ment sur cette question et lancer de véritables outils de promotion pour assurer la promotion de la classe moyenne, véritable locomo- tive de croissance du pays» , explique Oubouali. Des mesures de soutien public insuffisantes Cette catégorie de personnes ne bénéficie que de très peu de mesures de soutien public. Au niveau de l’habi- tat, les formules lancées ont enregistré un échec cuisant. Le produit dédié exclusive- ment à cette population n’a eu ni l’intérêt des promoteurs ni séduit les acquéreurs. Plusieurs cibles concernées se ruent encore sur le loge- ment social à 250.000 DH, qui est normalement destiné aux acheteurs à revenu limité ou irréguliers. Pour les autres secteurs, les dispositions prévues restent très timides voire inexistantes. «Il faut s’inspirer des expériences pratiquées ou réussies dans plu- sieurs pays. A cet égard, il est préférable de lancer un package englobant des mesures de soutien à caractère fiscal, admi- nistratif et social au profit de la classe moyenne.

première fois au niveau offi- ciel lors du discours du Trône de 2008. Le Souverain avait, à l’époque, insisté sur l’ur- gence de donner à cette catégorie de la population marocaine la place qu’elle mérite et appelé l’Exécutif à «veiller à ce que toutes les politiques publiques soient stratégiquement vouées à son élargissement pour qu’elle devienne le socle de l’édifice social, la base de la stabilité, et un puissant cata- lyseur de la production et de la créativité». Depuis cette date, plusieurs gouvernements se sont suc- cédé, beaucoup de projets et initiatives ont été annon- cés sans pour autant prendre

«En dépit de nombreuses réformes socioéconomiques, le système de répartition des richesses au Maroc présente toujours des limites. Dans le cadre du nouveau modèle de développement envisagé, la fiscalité a un rôle impor- tant à jouer pour drainer des ressources à l’Etat et réduire ainsi les inégalités sociales, régionales ou sectorielles» , souligne Youssef Oubouali, professeur universitaire. «La classe moyenne reste la plus active et la plus dyna- mique et elle est imposée le plus souvent à la source. En revanche, elle ne béné- ficie pas à sa juste valeur du développement du pays.

Le renforce- ment et l’élar- gissement de la classe moyenne au Maroc per- mettra de his- ser le niveau de croissance et d’assurer la stabilité poli- tique.

Pour les pères de famille qui scola- risent leurs enfants dans le secteur privé, il est recom- mandé de leur accorder des sub- ventions dédiées.

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