BELA SILVA
Times. « Louise Bourgeois avait l’habitude de recevoir de jeunes artistes chez elle le dimanche. Elle a été très gentille avec moi et m’a conseillé de faire des œuvres en grand format. » Son retour à Lisbonne en 2007 va le lui permettre. Sans abandonner le dessin, elle se consacre de plus en plus à la céramique qui demande de la place. Elle prend un premier atelier et une histoire d’amour, qui la conduit en Belgique, lui offre l’opportunité d’en avoir un second à Bruxelles. Dès lors, entre ces deux villes, Bela Silva ne va plus arrêter de produire. Ses sculptures d’animaux fantastiques et ses grands vases émaillés rencontrent l’intérêt de quelques amateurs avertis. Un début de notoriété qui explose lors de son exposition au Museu Nacional de Arte Antiga à Lisbonne, en 2017. Au même moment, elle croise la route du décorateur Jacques Grange. Lui aussi est séduit par son univers baroque et poétique. Il lui achète des vases, mais surtout il lui commande pour ses chantiers lampes, guéridons, tables basses, manteaux de cheminée, fresques murales, et la notoriété de Bela devient internationale. D’autres décorateurs suivent, comme Lionel Jadot, Gert Voorjans ou encore Peter Marino. « Je suis assez fière d’avoir, grâce à lui, une table chez Tiffany à New York », confie‑t‑elle dans un sourire. Cette activité décorative ne l’empêche pas de continuer à créer des sculptures très personnelles et à s’adonner à sa passion pour les dessins, tout aussi lyriques et colorés. On les retrouve dans la monographie qu’elle publie aujourd’hui, à côté de ses créations émaillées de ce bleu particulier, inspiré par les vagues de l’Atlantique, ou de ce crocodile grandeur nature qui sera le clou de son exposition organisée au même moment à la Galerie du Passage, à Paris. « Jacques Grange et Pierre Passebon sont un peu mes bonnes fées. »
2 l Ce dessin résume assez bien l’univers de l’artiste : la couleur, les oiseaux, le mouvement, une évocation d’azulejos, un parfum d’Inde...
Vibrant Fantasy
To mark the publication of her monograph, Portuguese ceramicist Bela Silva is exhibiting her renowned glazed sculptures, alongside gouaches and collages that share the same lyrical style, at the Pierre Passebon gallery in Paris. By Éric Jansen Ceramics are in vogue. They are now to be found in contemporary art galleries, and specific new fairs such as the Ceramic Art Fair in Paris have sprung up. Bela Silva’s passion for the medium, however, dates back to many years before the current craze. Born in Lisbon in 1966, she studied at the School of Fine Arts while simultaneously attending Ar.Co, an independent art school where she discovered ceramics. Three years into her studies, she headed for England and the Norwich University of the Arts where she discovered the significance of the Arts & Crafts movement. The concept of the artist‑craftsman designing a functional object that is also a work of art hit home. “I love the idea of finding things of beauty throughout a home.” Her curiosity and insatiable appetite for learning led her to also enroll
Bela Silva, éditions Flammarion, 264 pages, 95 euros Exposition Bela Silva, Galerie du Passage www.galeriedupassage.com
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