ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 18 JUIN 2026
Bilan gouvernemental Cinq ans après, c’est l’heure des comptes ! Cinq années de réformes, de crises et de grands chantiers. Alors que le chef du gouvernement revendique un bilan marqué par l'émergence de l'État social et la préparation du Maroc de demain, demeure une interrogation essentielle : au-delà des chiffres, qu'est-ce qui a réellement changé dans la vie des citoyens ?
cation. Près de 1.400 centres de santé réhabilités, un CHU en voie d'implantation dans chaque région, quatre nouvelles facultés de médecine et de pharmacie, plus de 4.600 écoles pionnières, 788 nouveaux établissements scolaires construits et un taux de préscolari- sation porté à 80%. Mais la question n'est plus celle des moyens mobilisés. Elle est celle des résultats obtenus. Car la santé et l'éducation consti- tuent le premier point de contact entre l'État et le citoyen. Or, mal- gré les investissements engagés, ces deux secteurs continuent d'alimenter une part importante des frustrations exprimées par les Marocains. Dans la santé, la généralisation de l'AMO et le renforcement des infrastructures ont élargi l'accès aux soins. Pourtant, les difficultés d'accès aux spécialistes, les délais de prise en charge, la saturation de certains établissements ou encore les disparités territoriales demeurent des réalités auxquelles de nombreux citoyens restent confrontés. Le constat est plus nuancé dans l'éducation. Le programme des Écoles pionnières, présenté comme l'une des réformes phares du mandat, fait partie des rares chantiers dont les premiers résul- tats commencent à être mesu- rables. Dans les collèges concer- nés, le taux d'abandon scolaire est passé de 8,4% à 4,45% entre les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025, tandis que les évalua- tions font état d'une amélioration des acquis scolaires. À cela s'ajoute la résolution du dossier des enseignants contrac- tuels, qui a permis d'apaiser l'un des principaux foyers de tension sociale du secteur, ainsi que les accords conclus avec les profes- sionnels de santé. Ces avancées témoignent de réformes qui commencent à pro- duire des effets. Mais entre l'ouver- ture d'un chantier et sa traduc- tion durable dans le quotidien des citoyens, le chemin reste souvent long. Car construire un hôpital ou lancer une nouvelle approche pédagogique est une chose; amé- liorer durablement la qualité des
Par M. A. L.
gouvernement y ajoute les reva- lorisations du SMIG et du SMAG, les augmentations salariales dans la fonction publique ainsi que les hausses accordées aux secteurs de la santé et de l'éducation. Sur le papier, peu de gouverne- ments peuvent revendiquer une extension aussi importante de la protection sociale. Mais l'impact d'une politique publique ne se mesure pas uniquement au nombre de bénéficiaires. Il se mesure aussi dans le ressenti des citoyens. Or, c'est précisément là que le tableau se nuance. Selon les der- nières enquêtes du haut-commis- sariat au Plan, près de 78% des ménages estimaient, fin 2025, que leur niveau de vie s'était dégradé au cours des douze mois pré- cédents. Plus révélateur encore, seuls 2,4% déclaraient être en mesure d'épargner une partie de leurs revenus. Un décalage que Mohammed Jadri résume ainsi : «Les statistiques nationales peuvent afficher une croissance économique, une amé- lioration des recettes fiscales ou une hausse des investissements, sans que ces évolutions soient immédiatement perceptibles dans le budget des familles». Toute la complexité du bilan réside dans cette coexistence de deux réalités : celle, tangible, d'un État plus protecteur, et celle, tout aussi réelle, d'une population dont une large partie continue de percevoir son quotidien comme plus difficile qu'hier. Là où les attentes demeurent Dans sa vidéo-bilan, Aziz Akhannouch consacre une place importante à la santé et à l'édu-
C
Aziz Akhannouch, chef du gouvernement
inq ans. En physique, la théorie de la relativité nous enseigne que le temps n'est jamais une don- née absolue. Selon le point d'ob- servation, une même durée peut paraître fugace ou interminable. En politique aussi, un quinquen- nat se dilate parfois sous le poids des crises, des attentes et des urgences, aussi bien pour ceux qui gouvernent que pour ceux qui sont gouvernés. Plus encore lorsqu'il traverse une pandémie mondiale, une poussée inflationniste sans précédent, une succession d'an- nées de sécheresse, un séisme dévastateur et un environnement géopolitique particulièrement ins- table. Entre 2021 et 2026, le gouverne- ment aura exercé dans l'un des contextes les plus complexes qu'ait connus le Royaume au cours des dernières années. Mais s'il est une réforme qui résume le quinquennat d'Aziz Akhannouch, c'est sans doute
celle de la protection sociale. Entre 2021 et 2026, le gouvernement a fait de l'élargissement du filet de sécurité des citoyens l'axe central de son action. La généralisation de l'Assurance maladie obligatoire constitue à cet égard l'une des mesures les plus emblématiques du mandat. Selon les chiffres avancés par l'Exécutif, près de 40 millions de Marocains bénéficient désormais d'une cou- verture médicale, dont plus de 11 millions de personnes vulnérables prises en charge dans le cadre de l'AMO Tadamon. Pour l'écono- miste Mohammed Jadri, «la géné- ralisation de la protection sociale constitue sans doute la réforme la plus structurante du mandat». À cette réforme, s'est ajoutée l'aide sociale directe. Lancé fin 2023, ce dispositif bénéficie aujourd'hui à près de 3,9 millions de familles, soit quelque 12 millions de citoyens, à travers un soutien mensuel destiné aux ménages les plus fragiles. Le
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