FNH N° 1249

SOCIÉTÉ

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 8 OCTOBRE 2026

études et les témoignages de ter- rain : la pudeur autour de l'examen clinique, la méconnaissance des symptômes, l'éloignement géogra- phique de certains centres, et le coût réel du parcours de soins. Latifa Chérif cite un chiffre concret une simple mammographie coûte environ 1.000 dirhams au Maroc, une somme qui reste un obstacle majeur pour les femmes les plus vulnérables. Elle appelle le minis- tère de la Santé à accélérer les campagnes de dépistage auprès des femmes rurales et des femmes démunies, et plaide pour que le ministère se modernise en établis- sant des statistiques officielles sur la maladie, un travail qui, selon elle, fait aujourd'hui défaut. Au-delà du mois rose Octobre reste le mois où le sujet sort de l'ombre, porté par des associations comme les Amis du Ruban rose, des campagnes d'en- treprises, des walks de sensibili- sation et des prises de parole de personnalités publiques relayées sur les réseaux sociaux. Sur le ter- rain, l'association de Latifa Chérif déploie des caravanes médi- cales dans les zones rurales pour apprendre aux femmes l'auto-pal- pation et à identifier les signes d'alerte sans céder à la peur, tout en accompagnant moralement et psychologiquement les femmes atteintes ou guéries. Mais les acteurs de santé publique le répètent chaque année : la détec- tion précoce ne se joue pas en un mois. Elle suppose un accès conti- nu à la mammographie, un suivi après dépistage et une prise en charge rapide en cas de diagnos- tic positif, douze mois sur douze. Le ministère affirme poursuivre cet effort «en coordination avec les dif- férents intervenants», sans détailler cette année de nouveaux chiffres de couverture du dépistage. C'est précisément ce qui manque encore au débat public, selon Latifa Chérif: des données actualisées et offi- cielles sur le nombre de femmes effectivement dépistées, pour mesurer si la campagne fait réelle- ment progresser le taux de dépis- tage, ou si elle se contente, chaque automne, de rappeler l'ampleur du problème. ◆

 Le cancer du sein touche chaque année environ 13.000 femmes au Maroc, soit une femme sur huit.

Octobre rose au Maroc La sensibilisation avance, le dépistage traîne D Le ministère de la Santé a lancé, le 1 er octobre, la nouvelle édition de sa campagne contre les cancers du sein et du col de l'utérus. Derrière les rubans roses, un chiffre résiste : le cancer du sein reste le premier cancer féminin au Maroc, souvent diagnostiqué trop tard. Par L . Ch

epuis le 1er octobre et jusqu'au 31, le Maroc vit sa campagne annuelle «Octobre rose» . Cette année, le ministère de la Santé et de la Protection sociale (MSPS) a retenu le slogan «Votre santé est pré- cieuse… la prévention et la détec- tion précoce vous protègent». Spots, affiches, centres de santé mobilisés : le dispositif est rodé, hérité du premier Plan national de prévention et de contrôle du can- cer (2010-2019) et poursuivi par le deuxième, prévu jusqu'en 2029. L'objectif reste le même depuis quinze ans : faire entrer la mam- mographie et l'auto-palpation dans les habitudes, avant que la maladie ne s'installe. Le constat qui justifie cette mobi- lisation n'a, lui, pas changé. Selon Latifa Chérif, députée USFP et présidente de l'Association des amis du Ruban rose, le cancer du sein touche chaque année envi- ron 13.000 femmes au Maroc, soit

une femme sur huit. Un chiffre qui recoupe celui du Registre des cancers de la région Casablanca- Settat (2018-2021), où le cancer du sein représente 39,1% des cancers enregistrés chez les femmes, loin devant celui du col de l'utérus (6,5%). Le Maroc colle ainsi à la tendance mondiale, où le cancer du sein demeure le cancer féminin le plus fréquent. Mais Latifa Chérif insiste sur un point : détecté tôt, le cancer du sein est «guérissable à 100%» . Elle-même en a guéri, d'une forme sévère.

tés mobiles de mammographie ont aussi été déployées pour atteindre les femmes des zones rurales, un public historiquement moins cou- vert par le dépistage, dans un pays où l'accès aux soins reste très inégal entre le monde urbain et le monde rural. Le volet préven- tion s'est élargi avec la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), principal facteur de risque du cancer du col de l'utérus, pro- posée aux filles de 11 ans en coor- dination avec les écoles. Mais la sensibilisation se heurte à une réalité documentée depuis des années par les oncologues maro- cains : une majorité de cancers du sein sont encore diagnostiqués à un stade avancé, ce qui réduit les chances de guérison et alourdit le traitement, par rapport à une détection précoce où les taux de survie sont nettement meilleurs. Les retards tiennent à plusieurs facteurs qui reviennent dans les

Un maillage territorial, des moyens en question

Sur le papier, l'offre de soins s'est étoffée. La campagne 2025 recen- sait 57 centres de référence de la santé reproductive, 12 centres régionaux d'oncologie et deux pôles d'excellence d'oncologie gynéco-mammaire, aux CHU de Rabat et de Casablanca. Des uni-

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