Finances News Hebdo 1238

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FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 11 JUIN 2026

F. N. H. : Les dernières évolutions autour du détroit d’Ormuz donnent l’impression que l’Iran cherche désormais moins à menacer de fermer le passage qu’à installer une capacité durable de contrôle et de régulation des flux. Comment analy- sez-vous cette situation ? G. L. : Aux premiers jours de cette guerre, l’opinion majori- taire était qu’il ne serait pas possible de fermer le détroit. Si l’Iran, comme maintes fois il l’a menacé, essayait d’interdire la navigation, les pays intéressés auraient pris les mesures néces- saires pour assurer la réouver- ture. Maintenant, on a vu que ce n’est pas le cas : l’Iran a pro- clamé le détroit fermé et tout le monde l’a accepté. Même les États-Unis n’ont pas essayé de rouvrir le passage par la force. L’Iran contrôle donc le détroit de facto. F. N. H. : Cette straté- gie de monétiser Ormuz représente-t-elle une menace économique et stratégique majeure pour les monarchies du Golfe ? G. L. : La fermeture d’Ormuz n’est pas un problème pour Oman, qui au contraire pourrait même bénéficier d’un condomi- nium en accord avec l’Iran. De même l’Arabie saoudite peut réorienter ses échanges vers la mer Rouge. Les Émirats arabes unis ont une alternative partielle avec Fujaïrah et les autres ports côté Océan indien. L’Irak peut, à terme, revitaliser un des nom- breux pipelines qui le relient à la Méditerranée et à la mer Rouge. Le problème se pose principalement pour le Koweït et le Qatar. F. N. H. : Plus large- ment, cette crise révèle- t-elle une transformation durable du modèle éner- gétique mondial ? G. L. : Il est trop tôt pour tirer des conclusions. Le droit de la mer affirme la liberté de

mais aussi, par exemple, pour le Bosphore ou l’Öresund, entre Copenhague et Malmö. Il est possible que ce soit préfé- rable de négocier de nouvelles règles acceptables pour tout le monde plutôt que d’insister sur une liberté totale de passage qui contraste avec la réalité d’une congestion amenant des risques considérables. ◆

Le droit de la mer affirme la liberté de navigation à travers les détroits naturels, alors que le passage à travers les voies d’eaux faites par l’homme, comme le Canal de Suez, est contrôlé et payant.

navigation à travers les détroits naturels, alors que le passage à travers les voies d’eaux faites par l’homme, comme le Canal de Suez, est contrôlé et payant.

Il n’est pas exclu qu’on évolue vers une acceptation de cer- tains contrôles et redevances même pour les détroits naturels, pas seulement pour Ormuz,

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