Finances News Hebdo 1238

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 11 JUIN 2026

Accords de libre-échange Le Maroc dans le grand jeu du commerce mondial

en termes de saut technologique.

F. N. H. : Dans un contexte international marqué par la recomposition des routes commerciales, pensez-vous que le Maroc devrait revoir à son tour sa stratégie d'ou- verture commerciale ? Kh. D. : Il est évident aujourd’hui que la bonne gouvernance éta- tique marocaine n’est plus une gageure, mais une réalité palpable et perceptible sur le terrain. Avec un taux de croissance de 4,9% en 2025, prévue à 5% en 2026, le Maroc est en train de se poser en partenaire économique de plus en plus fiable pour les Etats-Unis et la zone EMEA (Europe, Middle-East and Africa). De nombreuses entre- prises manufacturières mondiales et de plus en plus de nos pays amis et frères africains misent sur le Maroc comme le point d’an- crage et d’appui de leur souve- raineté économique et financière. Et ceci est dû en grande partie au changement de statut régional dont est en train de bénéficier le Maroc grâce à la politique éclairée du Roi Mohammed VI. En termes d’accords de partena- riats industriels réussis, et de poli- tique de grands travaux d’infras- tructures engageant un ensemble de pays africains frères, le nou- veau positionnement du Maroc sur la scène internationale est on ne peut plus flatteur. Et avec la Coupe du monde 2030 en ligne de mire, notre pays ne devrait pas trop souffrir de la recomposition supposée des routes commer- ciales actuelles. Bien au contraire, le Maroc est en train de réaliser un effort colossal en matière d’élar- gissement de ses capacités de transport et logistique aérienne, aéroportuaire, routière et por- tuaire. L’énorme réussite commer- ciale du port de Tanger Med et l’essor de la LGV (Ligne à grande vitesse) devant très bientôt relier Tanger à Marrakech, ont tôt fait de convaincre les derniers sceptiques de l’importance de la création de nouvelles escales portuaires stratégiques en Méditerranée (Complexe industriel de Nador West Med) et sur l’Atlantique sud marocain (Port de Dakhla).

Avec un nombre considérable d'accords de libre-échange, le Maroc a fait le choix de l’ouverture de son marché à la concurrence. Quelles en sont les retombées et comment le tissu productif national s’adapte à cette nouvelle configuration ? Entretien avec Khalid Doumou, économiste et expert financier.

Propos recueillis par J. M.

Finances News Hebdo : Le Maroc bénéficie de nom- breux accords de libre- échange. Quel rôle ces accords ont-ils joué dans la dynamique du commerce extérieur marocain ? Ont- ils amélioré le niveau des exportations ? Khalid Doumou : Le Royaume du Maroc, me semble-t-il, n'a pas réellement bénéficié de l’immense vague d’Accords de libre-échange (ALE) signés depuis le courant des années 1990 (une cinquan- taine d’accords). D’ailleurs, la tendance mondiale actuelle est plus à la recherche de synergies productives multilatérales, dans le cadre d’économies désormais semi-libérales en quête d’une plus grande souveraineté industrielle et technologique, que dans la construction d’instances suprana- tionales devant régir les échanges commerciaux mondiaux, comme c’était le cas de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un passé pas si lointain. L’époque actuelle est plus celle de la construction de partenariats stratégiques lors de déplacements officiels de chefs d’État, accom- pagnés de décideurs politiques et économiques devant poser les jalons de partenariat public-privé

devant bénéficier aux deux pays, dans un ensemble de domaines où ces deux pays peuvent mutuel- lement bénéficier de l’apport du partenaire étranger. Ce genre d’accords se matérialise d’ailleurs très bien dans la Déclaration rela- tive au «Partenariat d'exception renforcé» entre le Royaume du Maroc et la République française, qui est un parfait exemple illus- trant cette nouvelle tendance de renouveau d’un multilatéralisme pragmatique (22 accords straté- giques sectoriels signés par les deux pays). A une période charnière de recons- truction d’une économie mondiale surendettée et en mal de crois- sance, notre modèle de dévelop- pement économico-politique est d’ailleurs très bien pensé. Il encou- rage à la fois les IDE, les parte- nariats stratégiques entre entre- prises leaders sur leur marché, et le redéploiement d’un savoir-faire bancaire et industriel vers des par- tenariats sud-sud pour lesquels notre Souverain Mohammed VI

a énormément œuvré depuis le début de son règne en 1999, et jusqu’au jour d’aujourd’hui. La dynamique de notre commerce extérieur repose sur une devise stable, une main-d’œuvre bon mar- ché par rapport à nos voisins euro- péens, et une gouvernance finan- cière, administrative et technique ayant fait ses preuves à l’échelle du continent africain depuis main- tenant au moins trois décennies. Sans oublier la stabilité politique dont jouit le Royaume, lequel atout n’est pas des moindres lorsque l’on sait ce qui se passe dans de nombreuses régions du monde actuellement. Et puis, il ne vous a sûrement pas échappé récemment que l’Indice d’industrialisation en Afrique en 2025 a couronné les efforts du Maroc en matière industrielle, en le plaçant devant l’Afrique du sud à la première place. Ce qui est une première historique dans ce clas- sement qui révèle une tendance de fond de ce que le Maroc a pu accomplir depuis plus de vingt ans

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