BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 11 JUIN 2026
forte perturbation. Cela a créé une forme de panique sur plusieurs places financières. Le marché maro- cain a été affecté, comme les autres marchés, avec peut-être une ampli- fication du mouvement. Cette amplification s’explique en partie par le poids croissant des investisseurs particuliers sur notre marché. C’est une bonne chose pour la profondeur du marché, mais cela peut aussi accentuer la volati- lité, aussi bien à la hausse qu’à la baisse. Cela étant dit, cette volatilité liée au contexte géoéconomique et géo- politique ne remet pas en cause les fondamentaux. L’économie maro- caine reste résiliente et les perspec- tives des sociétés cotées demeurent bien orientées. F. N. H. : Sur le plan macroé- conomique, quels sont les élé- ments qui soutiennent cette lecture ? H. S. : Les projections de crois- sance pour 2026 convergent autour de 5,5% à 5,8%. C’est un niveau élevé par rapport à l’historique du Maroc et qui se rapproche de l’ob- jectif fixé dans le cadre du nouveau modèle de développement. L’inflation reste également sous contrôle. Il existe, bien sûr, un risque d’inflation importée si la crise au Moyen-Orient se prolonge et si les prix du pétrole continuent d’aug- menter. Mais, à ce stade, les projec- tions tournent autour de 1%. Même dans un scénario moins favorable, avec une inflation à 1,5% ou 2%, nous resterions sur des niveaux maîtrisés, sans dérapage majeur. Il ne faut pas oublier non plus que le pays est engagé dans plusieurs chantiers stratégiques, avec une mobilisation importante de moyens financiers et humains. Cela donne une trajectoire de croissance assez lisible pour les trois ou quatre pro- chaines années. F. N. H. : Les sociétés cotées ont terminé 2025 sur de bons chiffres et le premier trimestre 2026 ressort avec une crois- sance des revenus autour de 7%. Comment faut-il lire ces premières publications ? H. S. : Les chiffres du premier trimestre doivent être lus avec pru-
dence. Ils donnent une indication sur le pouls de l’activité, mais ils ne suffisent pas à juger l’ensemble de l’année. Pour les valeurs industrielles, il faut tenir compte d’un élément important : depuis deux ans, une partie du cœur de l’activité s’est déplacée du premier semestre vers le second. Le calendrier, avec le Ramadan et les fêtes religieuses, ralentit davantage l’activité au pre- mier semestre. Cela pèse méca-
niquement sur certaines sociétés industrielles au T1, sans remettre en cause leur potentiel sur le reste de l’année. Pour 2026, nos prévisions restent très positives. Nous estimons une croissance bénéficiaire d’environ 10%, soit une masse bénéficiaire globale proche de 50 milliards de dirhams. En retraitant l’effet excep- tionnel lié à Maroc Telecom/inwi enregistré l’année précédente, la croissance ressortirait encore plus
robuste, à plus de 13%.
F. N. H. : En résumé, vous restez donc confiants sur les fondamentaux du marché ? H. S. : Oui. Les fondamentaux éco- nomiques restent solides et ceux des sociétés cotées également. L’année 2026 s’annonce comme un bon millésime pour la capacité bénéficiaire du marché, malgré un environnement international plus volatil. ◆
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