Finances News Hebdo 1242

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 16 JUILLET 2026

mière nation africaine et arabe à atteindre le dernier carré d'un Mondial. Cette image de réussite collective rejaillit sur la perception globale du pays, y compris dans des cercles éco- nomiques et diplomatiques qui n'ont a priori aucun lien avec le sport. C'est un actif immatériel qu'il faut désormais gérer avec la même rigueur qu'un actif économique classique, en le connectant systématiquement aux messages de la marque Maroc portés par les instances de promotion touristique et d'investissement. F. N. H. : La Coupe du monde 2026 peut-elle être considérée comme une répétition grandeur nature pour le Maroc avant le Mondial 2030 ? Quelles priorités le Royaume doit- il retenir de cette expé- rience afin de transformer cet engouement sportif en un levier durable de crois- sance, d’investissement et de rayonnement inter- national ? S. T. : D’abord, professionna- liser la captation de l'attention médiatique pendant les grands évènements sportifs internatio- naux, avec des dispositifs de promotion économique et tou- ristique activés en temps réel, et non a posteriori. Deuxièmement, accélérer les chantiers d'infrastructures et de capacité d'accueil qui seront scrutés d'ici 2030, à savoir hôtellerie, transport, connec- tivité aérienne… pour que la réalité opérationnelle soit à la hauteur de l'image projetée. Troisièmement et non des moindres, structurer davantage la mobilisation de la diaspora et des relais d'opinion étran- gers acquis à la cause maro- caine, pour qu'ils deviennent des ambassadeurs permanents et non de simples supporters ponctuels. Le vrai succès se mesurera dans les chiffres du tourisme et de l'investissement de 2027 à 2029, pas seulement dans les résultats sportifs de 2026. ◆

 Le mot «Maroc» a été recherché plus de 17 millions de fois sur Internet et a généré près de 180 millions d’interactions sur les réseaux sociaux.

relation d’affaires et parfois par- ticiper directement à l’investis- sement, notamment à travers les transferts, la création d’en- treprises et les franchises. Le vrai enjeu réside dans l’ab- sence d’un dispositif structuré permettant de capter systé- matiquement ce potentiel au- delà des initiatives ponctuelles. Structurer cette mobilisation nécessiterait des dispositifs plus formels, à savoir des plate- formes de mise en réseau, des incitations à l’investissement de la diaspora et des événements dédiés dans les grandes villes nord-américaines. F. N. H. : Les supporters étrangers découvrent le Maroc à travers les per- formances des Lions de l’Atlas. Comment le Royaume peut-il transfor- mer cet intérêt croissant en une hausse durable des flux touristiques et en un renforcement de son attractivité ? S. T. : Le Mondial agit comme un formidable voyage dans la destination pour des millions de téléspectateurs qui n'auraient probablement jamais envisagé le Maroc autrement. Mais l'intérêt suscité par le foot- ball est volatil. Il faut le cap- ter au bon moment avec des offres concrètes, des packages combinant Mondial 2030 et découverte du Maroc dans sa

pluralité, avec une connectivité aérienne renforcée, une expé- rience visiteur à la hauteur des standards internationaux. Le vrai test sera la capacité du secteur à convertir la curio- sité en réservations réelles dans les 12 à 24 mois suivant l'évé- nement, avant que l'attention médiatique ne se déplace ail- leurs. Cela suppose aussi de muscler les indicateurs de suivi, notamment le taux de conver- sion et origine géographique des nouveaux flux… afin de mesurer objectivement cet effet. F. N. H. : L’élan de sym- pathie manifesté par une partie des suppor- ters mexicains envers les Lions de l’Atlas peut-il constituer un atout pour renforcer les échanges touristiques et écono- miques entre le Maroc et le Mexique, et plus large- ment avec l’Amérique du Nord ? S. T. : Le phénomène est notable et nous l’avons confirmé sur le terrain. A Monterrey, une large partie du public mexicain a affiché sa préférence pour les Lions de l'Atlas face aux Pays- Bas. Les supporters maro- cains et mexicains ont célébré ensemble la qualification dans une ambiance formidable créant une solidarité spontanée. Nous avons vu des Marocains bran- dir les drapeaux mexicains, et

inversement. Ce capital de sym- pathie populaire est précieux même s’il est informel. Il faut en faire un atout structurel, et l'accompagner d'accords bila- téraux concrets, touristiques, facilitation des visas, lignes aériennes directes ou corres- pondances facilitées…. Afin que cette proximité affective se tra- duise en flux réels de touristes et d'échanges commerciaux entre les deux pays, et plus largement avec la zone ALENA. C’est la vraie manifestation de la diplomatie sportive. F. N. H. : Dans quelle mesure les performances des Lions de l’Atlas contri- buent-elles à renforcer la marque Maroc et son attractivité à l’internatio- nal ? S. T. : Le football est aujourd'hui l'un des vecteurs de soft power les plus puissants et les moins coûteux dont dispose un pays. Les performances des Lions de l'Atlas, dans la continuité de la demi-finale historique du Qatar en 2022, ont installé durable- ment le Maroc dans l'imaginaire international comme une nation compétitive, organisée et fière de ses racines. Au Qatar, le Maroc était devenu la pre-

Le football est aujourd'hui l'un des vecteurs de soft power les plus puissants et les moins coûteux dont dispose un pays.

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