Finances News Hebdo 1242

Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc

Du 16 juillet 2026 - 8 DH - N° 1242

PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC

Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli

Fusion Sanlam Maroc-Allianz Quand deux leaders ne font plus qu'un

Fiscalité agricole

Le Maroc muscle ses incitations

P. 6/7

P.8/9

P. 24 à 35

Développement de l’Afrique

Hôtellerie

Le vibrant plaidoyer de Mezzour pour le continent

Le Maroc, nouvelle terre de conquête des grandes enseignes  Entretien avec Zoubir Bouhoute, expert en tourisme

P. 15 à 17

P. 18/19

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

SOMMAIRE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 16 JUILLET 2026

4 Voyons voir : Croissance : Mieux répartir la richesse ACTUALITÉ Fiscalité agricole Le Maroc muscle ses incitations pour soutenir l'investissement Fusion Sanlam Maroc-Allianz : Quand deux leaders ne font plus qu'un Bourse de Casablanca : Les fondamentaux reprennent les commandes 6 8 10 BOURSE & FINANCES

36 L'UNIVERS DES TPME

Editorial

Entretien avec Saad Kemmou : Hsabati, «Nous voulons construire une véritable plateforme de pilotage de l’entreprise»

39 HIGH-TECH

Cloud souverain : Le Maroc pose les premières briques de son autonomie numérique

Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication

D Dix ans pour gagner la bataille de l'emploi

Entretien avec Rachid Yazami : Energies renou- velables, «Le Maroc peut alimenter l'Europe en électricité» 40 DEVELOPPEMENT DURABLE

ECONOMIE

ix ans. C'est l'horizon que se donnent le Maroc et le Groupe de la Banque mondiale pour changer de modèle de croissance et pla- cer enfin la création d'emplois au cœur des politiques publiques. L'ambition est à la hauteur des défis. Le nouveau Cadre de partenariat signé entre Rabat et la Banque mondiale ne ressemble pas aux précédents. Il ne s'agit plus seule- ment de financer des infrastructures ou d'accompagner des réformes sectorielles. Cette fois, l'objectif affiché est explicite : faire de l'emploi le principal indicateur de réussite des politiques économiques. Le

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eTrade.ma : Le numérique comme passeport à l'export Entretien avec Saïd Tahiri : Mondial 2026, «Le vrai enjeu est de transformer cette «rente d’attention» en actifs durables» Symposium économique africain : La Zlecaf érigée en moteur de la transformation du continent Développement de l’Afrique : Le plaidoyer poignant de Ryad Mezzour Entretien avec Zoubir Bouhoute : Hôtellerie, «L’arrivée des grandes enseignes traduit la confiance des investisseurs dans le Maroc» 5G : Le Maroc entre dans une nouvelle phase Entretien avec Sami Amine : Habitudes alimentaires, Pourquoi le Maroc change de grille de lecture Smara Invest Experience : Grosse opération séduction des investisseurs Entretien avec Omar Alaoui El Balrhiti : «Smara peut bâtir son identité autour du ciel et du désert»

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pari consiste à accompagner la transition d'une croissance longtemps portée par l'investissement public vers une économie davantage animée par l'initiative privée, l'innovation et l'entrepreneuriat. L'intention est incontestablement pertinente. Car le pays investit, modernise ses infrastructures, améliore ses équilibres macroéconomiques et affiche une résilience saluée par les institutions internationales. Pourtant, cette dynamique ne produit pas suffisamment d'emplois, ou du moins pas ceux qu'attendent des centaines de milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Les chiffres publiés pour le premier trimestre 2026 illustrent cette contradiction. Le taux de chômage ressort à 10,8%, mais cette moyenne masque une réalité beaucoup plus préoccupante. Près de trois jeunes sur dix sont sans emploi selon la nouvelle méthodologie du haut-commissariat au Plan, tandis que les femmes demeurent largement sous-représentées sur le marché du travail avec un taux d'activité de seulement 17,5%. Plus révélateur encore, le taux composite de sous-utilisation de la main-d'œuvre atteint 22,5%, signe que le problème dépasse largement le seul chômage statistique. Aujourd’hui, le véritable défi réside dans l'adéquation entre les compétences dispo- nibles et les besoins d'une économie en pleine mutation. Les entreprises recherchent désormais des profils capables de s'adapter à des métiers en constante évolution et d'évoluer dans un environnement économique de plus en plus concurrentiel et mondialisé, alors que l'école continue trop souvent à produire des compétences qui ne correspondent plus à la demande. C'est précisément sur ce terrain que le partenariat avec la Banque mondiale sera jugé. Les trois piliers annoncés (amélioration de la compétitivité des entreprises, réduction des disparités territoriales et renforcement du capital humain) répondent aux principaux blocages identifiés depuis plusieurs années. Encore faudra-t-il que ces réformes avancent au même rythme que les transformations de l'économie. Car le temps économique n'est plus celui des plans décennaux. Les métiers évo- luent en quelques années, parfois en quelques mois. L'intelligence artificielle, les nouvelles chaînes de valeur industrielles et la transition énergétique redessinent déjà les besoins en compétences. Former aujourd'hui pour les emplois d'hier reviendrait à préparer de futurs chômeurs. En cela, le mérite de ce nouveau partenariat est d'ailleurs de vouloir mesurer ses résultats autrement. Les indicateurs annoncés (emplois créés, investissements privés mobilisés et amélioration de l'accès aux services publics) traduisent une volonté de passer d'une logique de moyens à une logique d'impact. Cette exigence de résultats sera probablement la meilleure garantie de son efficacité. Mais les financements internationaux, aussi importants soient-ils, ne remplaceront jamais les réformes nationales. L'environnement des affaires, la qualité de l'enseigne- ment, la gouvernance des politiques publiques, la confiance des investisseurs et la capacité des entreprises à grandir demeureront les véritables moteurs de l'emploi. u

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42 TRIBUNE LIBRE

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Lecture, cognition et formation de l’esprit : Enjeux psychologiques et sociologiques pour l’éducation marocaine

FOCUS

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Pénuries de médicaments : Quand la rupture de stock met des vies en danger Entretien avec Dr Khalid Ouquezza : Psychiatrie, Les ruptures de médicaments mettent les hôpitaux sous tension Entretien avec Pr Samir Ahid : AMMPS, Quelle stra- tégie pour diminuer les pénuries des médicaments essentiels ? Entretien avec Abdelmajid Belaïche : Médicaments, «La fabrication locale constitue l'un des principaux socles de la souveraineté pharmaceutique» Entretien avec Najia Rguibi : Médicaments , Entre tensions d'approvisionnement et quête de souve- raineté pharmaceutique

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• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine • Mise en page : Zakaria Beladal

• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL

• Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021

• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com

VOYONS VOIR

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Croissance

Mieux répartir la richesse

L

Par D. William

e Maroc produit davantage de richesse, mais celle-ci reste plus concentrée que jamais. En 2024, trois régions seulement (Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima) ont généré 58,4% du PIB national, tandis que l'écart moyen de richesse entre les régions est passé de 83,6 à 90,9 milliards de dirhams en une seule année. Dans le même temps, l'économie nationale a pourtant enregistré une croissance solide de 4,4%, et huit des douze régions ont fait mieux que cette moyenne. Ce double constat montre que la croissance progresse, mais les dispari- tés territoriales aussi. Voilà le véritable enseignement des comptes régionaux 2024 publiés par le haut-commissariat au Plan. Au-delà des statistiques, ce document met en lumière une réalité que les décideurs ne peuvent plus ignorer : la croissance économique, aussi robuste soit-elle, ne produit pas automatiquement davantage d'équilibre territorial. Elle peut même, lorsqu'elle s'appuie sur les mêmes moteurs écono- miques et les mêmes pôles d'investisse- ment, accentuer les écarts existants. En cela, les régions du Sud impressionnent. Laâyoune-Sakia El Hamra affiche la plus forte croissance du pays (7,6%), devant Dakhla-Oued Eddahab (7%) et Souss- Massa (6,8%). Pourtant, leur poids dans l'économie nationale reste marginal. Les

quatre régions du Sud, auxquelles s'ajoute Drâa-Tafilalet, ne représentent ensemble que 7,8% du PIB national. Autrement dit, elles progressent rapidement, mais à par- tir d'une base économique encore limitée. Leur dynamique témoigne de l'effet des investissements réalisés ces dernières années, notamment dans les infrastruc- tures, les ports, la pêche, les énergies renouvelables ou encore le tourisme. Mais ces performances ne suffisent pas encore à modifier l'architecture économique du Royaume. Il faudra plusieurs années de croissance soutenue pour que ces régions puissent peser davantage dans la création de richesse nationale. A l'inverse, Casablanca-Settat continue de dominer sans partage avec 32,3% de la richesse nationale, soit près d'un Dirham sur trois créé au Maroc. Cette région, avec Rabat-Salé-Kénitra (15,5%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,7%), constitue toujours le véritable moteur de l'économie marocaine. Cette concentra-

tion n'est pas en soi un problème. Elle devient préoccupante lorsqu'elle s'ac- compagne d'un élargissement continu des écarts entre les territoires. Car une économie trop polarisée finit par créer un cercle où les régions les plus riches attirent naturellement davantage d'entre- prises, de capitaux, de compétences et d'infrastructures, tandis que les autres peinent à franchir un nouveau seuil de développement. Les disparités apparaissent également dans les revenus. Le PIB par habitant atteint 92.904 DH à Dakhla-Oued Eddahab contre 28.692 DH à Marrakech-Safi, pour une moyenne nationale de 43.891 DH. Les dépenses de consommation suivent la même logique : cinq régions concentrent 74,4% de la consommation des ménages, et leur dispersion continue de s'accentuer. Ces chiffres posent une question simple : à quoi sert une croissance soutenue si elle ne réduit pas les fractures territoriales ? La question mérite d'être posée, d'autant plus que le Nouveau modèle de dévelop- pement a précisément fait de la réduc- tion des disparités territoriales l'un de ses objectifs majeurs. La croissance est évidemment une condition indispensable du développement, mais elle ne consti- tue pas une finalité en soi. Encore faut-il qu'elle profite à l'ensemble du territoire et qu'elle crée suffisamment d'opportunités au-delà des grands pôles économiques historiques. La régionalisation avancée devait pré- cisément permettre un développement plus équilibré des territoires. Les résultats montrent que certaines régions gagnent en dynamisme, mais pas encore en poids économique. Ce qui manque encore, c'est une crois- sance suffisamment inclusive pour rap- procher ces régions plutôt que de les éloigner. Une croissance qui ne se mesure pas uniquement à l'évolution du PIB natio- nal, mais aussi à sa capacité à réduire les écarts de richesse, créer des emplois qua- lifiés et faire émerger de nouveaux centres de décision économique. C'est sur ce terrain que se jouera la réussite du modèle de développement. ◆

Casablanca-Settat continue de dominer sans partage avec 32,3% de la richesse nationale, soit près d'un Dirham sur trois créé au Maroc.

oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)

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Fiscalité agricole Le Maroc muscle ses incitations pour soutenir l'investissement

soumise à l'IS. Cette mesure est toutefois encadrée par plusieurs conditions, notamment l'évalua- tion des apports par un commis- saire aux apports, choi s i parmi les personnes habilitées à exercer les fonctions de com- missaire aux comptes, et l'enga- gement de conserver les titres reçus pendant au moins quatre ans. L La fiscalité agricole poursuit sa mue. Le dispositif mis en place conjugue protection des petites exploitations, encouragement à la structuration des entreprises agricoles et réduction du coût des facteurs de production. Une approche qui fait de l'incitation fiscale un instrument au service de la transformation du secteur. Par D. William

a Direction générale des impôts (DGI) vient de publier un guide relatif au dispositif d'incitations fiscales dédié au secteur agri- cole. Il recense l'ensemble des principaux dispositifs fiscaux applicables au secteur agricole: impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu, TVA, droits d'enregis- trement, taxe professionnelle, mais aussi taxe spéciale annuelle sur les véhicules. Le principal enseignement réside dans le maintien d'une exonéra- tion totale et permanente de l'IS et de l'IR pour les exploitants agricoles dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 5 millions de dirhams. Cette exonération ne devient toutefois définitive qu'après trois exercices consé- cutifs durant lesquels le chiffre d'affaires demeure sous ce seuil. Ce choix confirme la volonté de protéger les petites et moyennes exploitations de la pression fis- cale afin de préserver leur ren- tabilité dans un contexte où les aléas climatiques fragilisent déjà leurs revenus. En revanche, les exploitations dépassant ce seuil intègrent progressivement le régime fiscal de droit commun. Dans cette logique, le législa- teur cherche à accompagner la montée en puissance des exploi- tations plus structurées en leur offrant un cadre fiscal stable et des mécanismes facilitant leur développement.

Les sociétés agricoles sont désormais soumises au taux uni- fié de 20% de l'impôt sur les sociétés, conformément à la réforme générale de l'IS. Seules les entreprises dont le bénéfice net atteint ou dépasse 100 mil- lions de dirhams sont imposées au taux de 35%. Cette harmonisation vise à sim- plifier le système tout en main- tenant une fiscalité relativement attractive pour les entreprises agricoles de taille intermédiaire. Le différentiel entre le taux de 20% et celui de 35% réservé aux entreprises dégageant au moins 100 millions de dirhams de bénéfice net traduit égale- ment une logique de progressi- vité. Les exploitations agricoles les plus importantes participent davantage à l'effort fiscal, tandis que les entreprises de taille inter- médiaire conservent un niveau d'imposition compétitif destiné à soutenir leurs capacités d'inves- tissement. Le guide introduit également plu- sieurs mécanismes destinés à favoriser la transformation des exploitations individuelles en sociétés. Ainsi, les exploitants soumis à l'IR réalisant un chiffre d'affaires supérieur ou égal à 5 millions de dirhams bénéficient d'un sursis d'imposition sur les plus- values lorsqu'ils apportent leur patrimoine agricole à une société

progressivement le secteur agri- cole des dynamiques d'innova- tion et de digitalisation qui trans- forment aujourd'hui l'ensemble de l'économie. Une fiscalité pensée pour réduire le coût de production L'effort de l'Etat ne s'arrête pas à l'imposition directe. Il se tra- duit également par un traitement particulièrement favorable en matière de TVA et de fiscalité indirecte, afin d'alléger les coûts supportés par les agriculteurs. Le secteur agricole demeure, dans son ensemble, hors du champ d'application de la TVA. Les ventes de produits agricoles à l'état naturel ou simplement transformés dans le prolonge- ment normal de l'activité agricole ne sont donc pas soumises à cette taxe. Le guide précise toutefois que cette exonération n'est pas abso- lue. Dès lors que les produits agricoles subissent une transfor- mation industrielle ou qu'ils sont élaborés à partir de matières pre- mières achetées auprès de tiers,

L'objectif est double : favoriser la professionnalisation des exploi- tations et faciliter leur transmis- sion ou leur développement sous une forme sociétaire. Le dispositif prévoit également des obligations déclaratives pré- cises. La société bénéficiaire dis- pose d'un délai de 60 jours à compter de la signature de l'acte d'apport pour déposer auprès de l'administration fiscale l'en- semble des états récapitulatifs des actifs transférés, des plus- values, des provisions ainsi que l'acte d'apport lui-même. Cette formalisation vise à sécuriser juridiquement les opérations de restructuration tout en garantis- sant leur traçabilité fiscale. Le guide rappelle par ailleurs que les exploitants agricoles imposables peuvent bénéficier d'une réduc- tion d'impôt lorsqu'ils prennent des participations dans le capital d'entreprises innovantes opérant dans les nouvelles technologies. Cette disposition, peu connue, traduit la volonté de rapprocher

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taires, ainsi que des avantages spécifiques pour les baux de longue durée portant sur les ter- rains domaniaux destinés à des projets d'investissement agri- cole. Ces mesures facilitent la restructuration foncière, souvent considérée comme l'un des prin- cipaux freins à la modernisation de l'agriculture marocaine. Autre mesure importante : les sociétés agricoles bénéficient d'une exonération de la cotisation minimale pendant les 36 premiers mois suivant le démarrage de leur exploitation, dans la limite des 60 premiers mois après leur créa- tion. Au-delà, la cotisation mini- male est fixée à un taux de seu- lement 0,25% contre des niveaux historiquement plus élevés. Ce mécanisme réduit sensiblement la pression fiscale durant les pre- mières années d'investissement, période où les besoins de finan- cement sont généralement les plus importants. Enfin, les exploitants agricoles continuent de bénéficier d'une exonération permanente de la taxe professionnelle pour leurs activités directement liées à la production agricole, sous réserve qu'elles ne relèvent pas d'une activité commerciale ou indus- trielle. A travers ce dispositif, le Maroc confirme que la fiscalité demeure un levier central de sa politique agricole. En limitant la charge fiscale sur les exploitants, en favorisant les investissements, en encourageant la modernisa- tion des exploitations et en rédui- sant le coût des intrants, l'Etat cherche à renforcer la résilience d'un secteur devenu stratégique. Cette orientation s'inscrit dans un contexte où la sécurité alimen- taire, la gestion durable des res- sources naturelles et l'améliora- tion de la compétitivité des filières agricoles constituent désor- mais des priorités économiques majeures. Si ces incitations ne suffiront pas, à elles seules, à résoudre les difficultés structu- relles de l'agriculture marocaine, elles offrent néanmoins un envi- ronnement fiscal particulièrement favorable à l'investissement et à la transformation du secteur. ◆

 Les véhicules agricoles, y compris les tracteurs, restent exclus de la taxe spéciale annuelle sur les véhicules (TSAV).

l'activité sort du champ stricte- ment agricole et devient impo- sable à la TVA. Cette distinction permet de préserver la compéti- tivité des exploitations agricoles tout en maintenant une égalité de traitement avec les industries agroalimentaires. En parallèle, la liste des pro- duits bénéficiant d'exonérations demeure particulièrement éten- due. Elle couvre notamment les céréales destinées à l'alimenta- tion humaine, le sucre brut, les dattes produites au Maroc, la viande fraîche, l'huile d'olive arti- sanale, les pompes à eau fonc- tionnant à l'énergie solaire ou renouvelable, ainsi que les opé- rations réalisées par les coopéra- tives agricoles. Par ailleurs, plusieurs intrants agricoles (engrais, matières fer- tilisantes, supports de culture et divers équipements agricoles) bénéficient d'une exonération avec droit à déduction, réduisant ainsi le coût de production pour les exploitants. Le guide rappelle également que

les matières fertilisantes et les supports de culture définis par la loi 53-18 bénéficient de ce régime favorable lorsqu'ils sont destinés exclusivement à un usage agri- cole. Cette disposition concerne une large gamme d'intrants deve- nus indispensables à l'amélio- ration des rendements dans un contexte de raréfaction des res- sources hydriques. Le même objectif guide les mesures appliquées aux impor- tations, destinées à sécuriser les approvisionnements et à main- tenir la compétitivité des filières agricoles. Le dispositif 2026 pré- voit ainsi des exonérations de TVA à l'importation pour de nom- breux produits stratégiques. Parmi eux, figurent notamment les animaux vivants, les engrais, les semences, certains équipe- ments agricoles, ainsi que les pompes fonctionnant à l'énergie solaire. Le guide souligne éga- lement, jusqu'au 31 décembre 2026, une exonération concer- nant l'importation de 300.000 bovins et de 10.000 camélidés afin de soutenir l'approvisionne-

ment du marché. En complément, plusieurs pro- duits agricoles et aliments pour bétail continuent de bénéficier du taux réduit de TVA de 10%. A ces dispositions s'ajoutent plu- sieurs allégements portant sur les autres prélèvements fiscaux, renforçant encore l'attractivité du secteur. Les véhicules agricoles, y com- pris les tracteurs, restent exclus de la taxe spéciale annuelle sur les véhicules (TSAV). Les opérations d'apport du patri- moine agricole à une société bénéficient d'un droit fixe d'enre- gistrement limité à 1.000 dirhams, tandis que certains actes rela- tifs aux terres agricoles pro- fitent d'exonérations ou de taux réduits. De même, il est prévu un droit réduit de 1,5% sur certains trans- ferts de biens agricoles détenus en indivision entre coproprié-

Il est prévu un droit réduit de 1,5% sur cer- tains transferts de biens agricoles détenus en indivision entre copropriétaires.

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l'autre, l'expertise technique, la culture de l’innovation et l'en- vergure internationale d'Allianz, appelées à élargir le champ d'ac- tion de la nouvelle compagnie. Le nouvel ensemble dispose désormais de plus de 750 agences, réparties dans 237 villes et 230 localités rurales, renfor- çant ainsi sa proximité avec les assurés. S'y ajoutent des capaci- tés financières accrues, près de 25 milliards de dirhams investis dans l'économie marocaine et un accès élargi aux expertises inter- nationales des groupes Sanlam et Allianz, permettant notamment d'accompagner les entreprises marocaines présentes sur le continent africain à travers une couverture intégrée dans une trentaine de pays. Pour le dirigeant, cette montée en puissance ne se résume tou- tefois pas à une accumulation de moyens. «Quand on retravaille un parcours client, on prend ce qui fonctionne le mieux chez Sanlam Maroc et ce qui fonctionne le mieux chez Allianz Maroc. On prend le meilleur des deux mondes», souligne-t-il. La fusion s'est d'ailleurs construite bien en amont de son entrée en vigueur. Plus de 200 ateliers ont réuni les collabora- teurs des deux compagnies afin de définir les futurs processus, les organisations et les outils de la nouvelle entité. «Le plus dur dans une fusion, c'est l'humain» , reconnaît Yahia Chraïbi. Selon lui, les deux années qu'a durées le processus ont permis de limi- ter fortement son impact social, notamment grâce au gel progres- sif des recrutements et à la mobi- lité interne. Une croissance sélective Si la nouvelle compagnie change de dimension, elle ne change pas pour autant de philoso- phie. «Nous ne jouons pas la taille. Nous jouons la rentabilité», affirme le Directeur général. Le ton est donné et le message est clair : l'objectif n'est pas de conquérir des parts de marché à n'importe quel prix, mais de pré- server les équilibres techniques de la compagnie. Cette stratégie

 La fusion donne naissance à un groupe couvrant plus de 6 millions d'assurés.

Fusion Sanlam Maroc-Allianz Quand deux leaders ne font plus qu'un L La fusion entre Sanlam Maroc et Allianz Maroc, effective depuis le 2 juillet, donne naissance à l'un des poids lourds de l'assurance nationale. Le nouvel ensemble veut mettre sa puissance financière et son expertise au service d'une croissance plus sélective, de nouveaux marchés et d'une assurance davantage adaptée aux mutations de l'économie marocaine. Par M. A. L. dimension répond avant tout à l'évolution du contexte écono- mique marocain. «Le monde évo- lue extrêmement vite. Le Maroc évolue encore plus vite. Les attentes de nos clients changent à une vitesse considérable et nous devons être capables d'y répondre», explique-t-il. Les grands projets d'infrastruc- tures, l'internationalisation des entreprises marocaines, l'émer- gence de nouveaux risques et la sophistication croissante des besoins constituent autant de facteurs qui poussent les assu- reurs à revoir leur modèle.

es fusions ne racontent pas toutes la même histoire. Certaines répondent à une logique d'optimi- sation, d'autres marquent un véri- table changement de trajectoire. Celle qui unit désormais Sanlam Maroc et Allianz Maroc relève davantage de cette seconde catégorie. Si l'opération, effective depuis le 2 juillet, fait émerger l'un des principaux acteurs de l'assu- rance nationale, elle traduit sur- tout une conviction : un marché en pleine mue requiert de nouvelles réponses, de nouvelles expertises et une nouvelle manière de conce- voir la croissance. «Cette fusion est le fruit d'une conviction : créer un acteur plus

utile. Pas simplement un acteur plus grand, mais un acteur plus utile pour nos assurés, nos parte- naires et, plus largement, pour le marché», résume Yahia Chraïbi, Directeur général de Sanlam Maroc. L'opération vient clore un processus engagé en 2023 avec la création de la joint-venture Sanlam Allianz et déjà concrétisé dans dix autres pays africains. Au Maroc, le rapprochement aura nécessité plus de deux années d'échafaudage, sous l'œil des autorités de régulation, avant d'aboutir à la naissance d'une nouvelle entité qui revendique désormais plus de 8,2 milliards de dirhams de primes émises en 2025 et près de 23% du marché non-vie. Une fusion pour accompagner les mutations du marché Pour Yahia Chraïbi, cette nouvelle

La complémentarité entre Sanlam Maroc et Allianz s'inscrit à propre- ment parler dans cette logique. Le rapprochement conjugue, en effet, deux héritages: d'un côté, l'ancrage territorial construit par Sanlam Maroc et sa connais- sance du marché africain; de

La nouvelle entité affiche plus de 8,2 milliards de dirhams de primes émises en 2025 et près de 23% de part de marché en non-vie.

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se traduit notamment par une gestion plus sélective des porte- feuilles et par la volonté assumée de renoncer à certains contrats lorsque leur niveau de sinistralité compromet leur rentabilité. La fusion ouvre surtout de nou- velles marges de manœuvre pour investir des segments encore peu développés. «Cette fusion nous donne enfin le temps et les moyens d'investir des niches de marché» , explique Yahia Chraïbi, évoquant aussi bien les nouveaux risques que les solutions desti- nées aux entreprises ou les pro- duits capables de répondre à des besoins encore insuffisamment couverts. Au fond, l'ambition affichée dépasse la seule consolidation de positions existantes. «L'idée n'est pas de se battre pour une plus grosse part du même gâteau. L'idée est d'élargir le gâteau lui-

même», résume le dirigeant. À court terme, la priorité reste d'assurer une transition sans rup- ture. Les contrats, les garanties et les interlocuteurs demeurent inchangés, tandis que les nou- veaux produits, les nouveaux parcours clients et les nouvelles

solutions seront déployés pro- gressivement. La compagnie devrait également adopter, dans les prochains mois et sous réserve des dernières autorisations réglementaires, la dénomination Sanlam Allianz Maroc, rejoignant ainsi les autres

filiales fusionnées du groupe sur le continent. Pour Yahia Chraïbi, le véritable jugement ne se fera toutefois ni à l'issue de cette fusion ni à la publication des prochains résultats financiers. «Si, dans dix ans, nous regardons en arrière en constatant que cette fusion a permis d'apporter quelque chose de nouveau au marché maro- cain, alors nous aurons réussi» , conclut-il. Au-delà des indicateurs finan- ciers, c'est bien cette capacité à transformer le changement d'échelle en innovation, en proxi- mité et en création de nouveaux usages qui déterminera la réus- site de cette nouvelle entité. Elle dira aussi si cette fusion aura constitué un simple rapproche- ment d'entreprises ou le point de départ d'une nouvelle étape pour l'assurance marocaine. ◆

Assurances

Le secteur confirme sa solidité en 2025 Le secteur marocain des assurances a poursuivi sa dynamique de croissance en 2025, confirmant sa résilience face à un environnement économique incertain, selon le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS), réuni récemment à Rabat. Le chiffre d'affaires du secteur s'est établi à 63,2 milliards de dirhams, en hausse de 7,5% par rapport à 2024, soutenu aussi bien par la branche vie (+8,4%) que par la non-vie (+6,6%). L'activité épargne a notamment continué de porter la progression de la branche vie, avec une collecte en hausse de 8,9%. La rentabilité s'est également améliorée, le résultat net du secteur atteignant 5,3 milliards de dirhams, en progression de 21,4%, grâce notamment à la bonne tenue du résultat financier. Le rendement des fonds propres (ROE) s'est ainsi hissé à 11,1%, son plus haut niveau en dix ans. C’est dans ce contexte que les stress tests réalisés au titre de 2025 font ressortir une résilience globale des compagnies d'assurances face à des conditions macroéconomiques et techniques défavorables. Cette solidité est renforcée par l'amélioration du ratio réglementaire de solvabilité du secteur, qui s'est établi à 409,4%.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’Assemblée Générale Ordinaire d’Africa First Assist a été tenue le 26 Juin 2026, sous la présidence de Monsieur Yahia CHRAIBI, en sa qualité de Président de l’Assemblée Générale. Après avoir passé en revue l’activité de la société durant l’année 2025, l’Assemblée Générale, à titre ordinaire, a approuvé le rapport de gestion du Conseil d’Administration et les rapports des commissaires aux comptes et a donné quitus aux Administrateurs et aux commissaires aux comptes pour l’exécution de leur mandat au titre de l’exercice 2025.

L’Assemblée Générale, à titre ordinaire, a approuvé les états de synthèse de l’exercice 2025, tels qu’ils ont été arrêtés par le Conseil d’Administration du 17 Février 2026 et publiés le 31 Mars 2026.

POUR NE RIEN RATER DE LA BOURSE @bourse_news @boursenews www.boursenews.ma Bourse news

Africa First Assist, Entreprise régie par la loi N°17-99 portant code des assurances. SA au capital de 50.000.000 Dh - RC Casablanca N°40.225 - IF : 1030998 - CNSS : 1038662 – TVA : 806364 Patente : 36100217 - Siège Social : Lot CIVIM, Route de l’aéroport QI. Sidi Maârouf - Casablanca.

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Bourse de Casablanca Les fondamentaux reprennent les commandes

80,5 milliards de dirhams, tan- dis que leur capacité bénéficiaire progresserait de 10,7% à 19,7 milliards. Les industries devraient, de leur côté, afficher une croissance des revenus de 16% en 2026, à 246,2 milliards de dirhams. Le RNPG sectoriel est attendu à 27,7 mil- liards de dirhams, en hausse de 7,7%, et de 13,5% hors effet Maroc Telecom. La dynamique serait notamment soutenue par les mines, les infrastructures et les grands chantiers d’investis- sement. Dans les assurances, l’exercice 2026 sera marqué par l’effet périmètre de la fusion-absorp- tion d’Allianz Maroc par Sanlam Maroc. Les primes acquises nettes sont attendues en hausse de 15,1% à 25,5 milliards de dirhams, avec une capacité bénéficiaire en progression de 28,5% à 2,4 milliards. En plus des résultats, plusieurs catalyseurs pourraient continuer à soutenir la cote. La capitalisa- tion boursière dépasse désor- mais 1.028 milliards de dirhams, signe d’un marché plus profond. La liquidité s’améliore, portée par la hausse des échanges et le poids du marché central dans les volumes. BMCE Capital met également en avant la dynamique des IPO, après des introductions large- ment souscrites en 2024 et 2025, ainsi que le cycle d’investisse- ment lié aux grands projets d’in- frastructures, notamment ceux associés à la Coupe du monde 2030. Dans ce contexte, les grandes valeurs cotées apparaissent bien positionnées pour capter une partie de cette dynamique, en particulier dans la banque, la construction, le ciment, les maté- riaux et les services. Le scénario reste néanmoins exposé à plu- sieurs risques : aléas climatiques, tensions géopolitiques, pres- sion sur les prix de l’énergie ou fermeture éventuelle du détroit d’Ormuz. Pour BMCE Capital, la séquence actuelle impose donc davantage de sélectivité, sans invalider le potentiel de crois- sance du marché. ◆

Après trois années de forte hausse, la Bourse de Casablanca entre dans une phase plus sélective. Pour BMCE Capital Global Research, la respiration observée en 2026 ne remet pas en cause le scénario de fond : celui d’un marché actions encore soutenu par la croissance des bénéfices, un environnement macroéconomique porteur et plusieurs relais structurels. Par Y . Seddik

 Après un rallye exceptionnel de trois ans, marqué par une envolée cumulée du MASI de plus de 60%,

le marché actions s'est accordé une pause légitime en 2026.

L

e bureau de recherche rappelle que le MASI sort d’un cycle exceptionnel, avec des pro- gressions de 12,8% en 2023, 22,2% en 2024 et 27,6% en 2025. Dans ces conditions, la correc- tion engagée depuis le début de l’année apparaît davantage comme une consolidation après excès qu’un retournement de tendance, même si les tensions géopolitiques et la remontée de l’aversion au risque ont accentué le mouvement. Le marché reste, selon BMCE Capital, adossé à une dynamique bénéficiaire robuste. La capacité bénéficiaire des sociétés cotées est passée de 28,6 milliards de

dirhams en 2021 à 50,9 milliards en 2025, confirmant que la hausse des cours n’a pas été unique- ment portée par une expansion des multiples. L’amélioration des résultats demeure donc l’un des principaux arguments en faveur de la cote casablancaise. Sur le plan macroéconomique, le contexte reste jugé favorable. La croissance du Maroc est attendue à 5,2% en 2026, por- tée par la reprise agricole, la demande intérieure et l’investis- sement, dans un environnement d’inflation contenue et de poli- tique monétaire stable. À cela s’ajoute le retour du souverain en catégorie Investment Grade, élément susceptible de renforcer l’attractivité du marché auprès des investisseurs. Dans son Scope 40, BMCE Capital anticipe une progression de 13,6% du chiffre d’affaires

agrégé en 2026, à 352,2 milliards de dirhams, puis à 376,6 milliards en 2027. Le résultat d’exploita- tion est attendu à 95,9 milliards de dirhams en 2026, en hausse de 6%, avant d’atteindre 103,6 milliards en 2027. La capacité bénéficiaire ressortirait à 49,7 milliards de dirhams en 2026, puis à 53,4 milliards en 2027. Retraitée de l’effet non récurrent lié à Maroc Telecom, la crois- sance du RNPG atteindrait envi- ron 13% en 2026. La contribution sectorielle res- terait large, mais les banques, les mines et les assurances devraient concentrer une part importante de la croissance. Les financières bénéficieraient de la progression du PNB, de la maî- trise des charges et d’une nor- malisation progressive du coût du risque. Leur PNB est attendu en hausse de 6,3% en 2026, à

Les industries devraient afficher une croissance des revenus de 16% en 2026, à 246,2 milliards de dirhams.

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place de marché B2B, eTrade. ma ambitionne de mettre direc- tement en relation les entreprises marocaines avec des acheteurs internationaux. Au-delà des bou- tiques numériques, elle intègre un annuaire des exportateurs, des services d'accompagnement ainsi qu'une interconnexion progres- sive avec les différents acteurs de l'écosystème du commerce exté- rieur. Vers un écosystème export intégré La cérémonie s'est poursuivie par la signature de deux conven- tions de partenariat destinées à accompagner le déploiement de la plateforme. Autour du secrétariat d'État chargé du Commerce exté- rieur et de l'UM6P, la Fondation OCP, PortNet, le Groupe Barid Al-Maghrib et Chronopost International Maroc ont officialisé leur engagement dans le projet. L'objectif est de connecter pro- gressivement eTrade.ma aux ser- vices liés aux formalités du com- merce extérieur, à la logistique et à l'acheminement des marchan- dises afin de proposer un parcours export de plus en plus intégré. Au-delà du lancement, cette pla- teforme traduit une évolution plus profonde de la politique marocaine d'exportation. Après avoir moder- nisé ses infrastructures logistiques et accéléré la dématérialisation des procédures, le Royaume fait désormais du numérique un levier de compétitivité. Comme l'a rappelé Adil Zaidi, représentant de la CGEM, l'en- jeu consiste aujourd'hui à «élargir l'accès à l'export, alors que la visi- bilité numérique est devenue un véritable facteur de compétitivité». Cette ambition s'inscrit dans les objectifs de la feuille de route du commerce extérieur 2025-2027, qui prévoit l'émergence de 400 nouveaux exportateurs par an, 80 milliards de dirhams d'exporta- tions supplémentaires et 76.000 emplois à l'horizon 2027. D'ici là, eTrade.ma ambitionne, à elle seule, de fédérer près de 1.000 entreprises exportatrices et de générer plus de 15 milliards de dirhams de chiffre d'affaires addi- tionnel à l'export. ◆

 À l’horizon 2027, eTrade.ma ambitionne de fédérer près de 1.000 entreprises exportatrices marocaines et de générer plus de 15 milliards de dirhams d'exportations additionnelles.

eTrade.ma Le numérique comme passeport à l'export Lancée à Benguérir, eTrade.ma marque une nouvelle étape dans la stratégie marocaine de soutien aux exportations. Développée par l'Université Mohammed VI Polytechnique et portée par le Secrétariat d'État chargé du Commerce extérieur, cette plateforme nationale d'e-commerce B2B entend rapprocher les entreprises marocaines des marchés internationaux.

D

Par M . A. L.

evant un parterre d'acteurs publics, d'opérateurs écono- miques, de représentants de l'As- sociation marocaine des exporta- teurs (ASMEX) et d'une cinquan- taine de dirigeants d'entreprises exportatrices, le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a donné, à l'Univer- sité Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Benguérir, le coup d'en- voi officiel d'eTrade.ma, nouvelle plateforme nationale dédiée au commerce électronique B2B à l'export. Pour Hejira, eTrade.ma ne consti- tue pas une simple plateforme supplémentaire. Elle s'inscrit dans une ambition plus large de moder- nisation du commerce extérieur. «À travers eTrade.ma, le Maroc ambitionne de finaliser la déma- térialisation de son commerce extérieur et d'ouvrir l'accès aux marchés internationaux à toutes

exportateurs, leur permettant de créer leur boutique numérique et de gérer leur catalogue, le par- cours réservé aux acheteurs inter- nationaux ainsi que les outils d'ad- ministration de la plateforme. Cette démonstration a surtout mis en évidence une particularité du projet : eTrade.ma n'a pas été conçue uniquement par ses déve- loppeurs. Avant son lancement officiel, une première version avait été testée par plusieurs entreprises exportatrices marocaines, asso- ciées au projet afin d'éprouver les fonctionnalités de la plateforme et de formuler des recommanda- tions sur les parcours utilisateurs. Une démarche de co-construction que les organisateurs ont souhaité saluer en clôture de la cérémonie, à travers la remise de trophées aux exportateurs pionniers ayant contribué à cette phase pilote. Pensée comme une véritable

les entreprises marocaines, quelle que soit leur taille ou leur implanta- tion géographique», a-t-il affirmé. Cette ambition a trouvé un écho dans l'intervention d'Abdelha- di Sohib, Directeur général de l'UM6P, qui est revenu sur le rôle de l'université dans le développe- ment de solutions technologiques au service de l'économie natio- nale. Développée par les équipes de l'université, la plateforme illustre cette volonté de mettre la recherche, l'innovation et les com- pétences numériques au service de projets à fort impact écono- mique.

Une plateforme conçue avec les exportateurs

Les discours ont ensuite laissé place à la démonstration. Les équipes de l'UM6P ont présenté les différents espaces de la pla- teforme : l'interface destinée aux

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Mondial 2026 «Le vrai enjeu est de transformer cette «rente d’attention» en actifs durables»

F. N. H. : Quels leviers fau- drait-il activer dès main- tenant pour transformer l’intérêt pour le Maroc en investissements et en opportunités d’affaires ? S. T. : Plusieurs leviers peuvent être activés pour capitaliser sur cette dynamique et en maximi- ser les retombées. D’abord, une diplomatie éco- nomique proactive avec des missions B2B ciblées dans les villes hôtes nord-américaines, pendant et après le Mondial, afin de capter les décideurs déjà mobilisés autour de l’évé- nement. Ensuite, la mise en avant des grands chantiers d’infrastruc- tures du Royaume, à savoir ports, autoroutes, énergies renouvelables, zones franches qui témoignent de sa capacité à accueillir des projets d’enver- gure. Il est également indispensable d’accélérer la simplification des procédures administratives destinées aux investisseurs étrangers et d’améliorer l’ac- cessibilité du Royaume grâce à l’ouverture de nouvelles lignes aériennes. Un travail de storytelling éco- nomique cohérent est essen- tiel. Il ne s’agit pas unique- ment de promouvoir le Maroc à travers l’émotion suscitée par le football, mais de capitaliser sur cette audience mondiale pour mettre en avant des argu- ments concrets, à savoir coût d’une main-d’œuvre qualifiée, connectivité logistique, avan- tages fiscaux et réseau d’ac- cords de libre-échange. Nous ne devons pas lais- ser cette opportunité unique se transformer en une simple

Bien que l’aventure des Lions de l’Atlas se soit arrêtée en quart de finale du Mondial 2026, leur parcours dépasse largement le cadre sportif. Il offre au Maroc une visibilité internationale exceptionnelle et ouvre de nouvelles perspectives en matière d’investissement, de tourisme et d’attractivité économique. Entretien avec Said Tahiri, économiste et opérateur touristique.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

tueuse qui dépasse ce seul marché et rayonne sur plusieurs continents. Quelques chiffres confirment cette dynamique. Le mot «Maroc» a été recher- ché plus de 17 millions de fois sur Internet et a généré près de 180 millions d’interactions sur les réseaux sociaux, contre environ 500.000 avant la Coupe du monde. C’est probablement l’indicateur le plus parlant pour illustrer cet effet de notoriété. Je rappelle également que les arrivées touristiques en 2023 ont progressé de plus de 34% par rapport à l’année précé- dente. L’épopée des Lions de l’Atlas y a certainement contri- bué. Cet impact dépasse donc le soft power ou la seule image du pays. Il se traduit également par des indicateurs concrets, tels que l’attractivité touristique, grâce à un effet de curiosité et de préférence pour la destina- tion Maroc, mais aussi par un renforcement de la crédibilité

économique auprès des inves- tisseurs, qui associent souvent la réussite sportive d’un pays à sa stabilité et à sa capacité d’organisation. S’il n’existe pas encore de don- nées consolidées pour mesurer les retombées de l’édition 2026, la compétition étant toujours en cours, plusieurs signaux sont déjà encourageants. La mise en place de nouvelles capaci- tés aériennes entre le Maroc et l’Amérique du Nord ainsi que le lancement par l’ONMT de la campagne «Maroc, terre du football» constituent autant d’indicateurs laissant présager un excellent cru pour le tou- risme marocain. Le véritable enjeu consiste désormais à transformer cette «rente d’attention» en actifs durables, à travers des accords de coopération, des contrats commerciaux et des flux touris- tiques pérennes, afin que l’en- gouement actuel perdure bien au-delà de la compétition.

Finances News Hebdo: Les performances des Lions de l’Atlas conti- nuent de susciter un fort engouement, notamment aux États-Unis. Quel impact économique et stratégique cette dyna- mique peut-elle avoir pour le Maroc ? Saïd Tahiri : Cette dynamique dépasse largement le cadre sportif. En effet, c’est un accé- lérateur de notoriété qui, en temps normal, coûterait des dizaines de millions de dol- lars en campagnes de com- munication institutionnelle. À quatre ans de l’organisation du Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc bénéfi- cie d’une exposition médiatique gratuite et continue sur des marchés stratégiques, notam- ment en Amérique du Nord, où la destination reste encore sous-exploitée au regard de son potentiel. Cette notoriété s’inscrit dans une spirale ver-

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