ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 16 JUILLET 2026
notre capacité à rivaliser avec les meilleurs au monde. Nous avons ouvert notre économie en signant des accords de libre- échange alors même que nous continuons à subir certaines pertes. Ce n’était pas une déci- sion facile. Nous avons perdu beaucoup. Vraiment beaucoup. Mais nous avons assumé ce choix» , a-t-il martelé. Pour montrer que ces choix, parfois coûteux à court terme, peuvent produire des résultats durables, Ryad Mezzour a pris l’exemple de l’industrie maro- caine du pneumatique après l’ouverture du marché. «Nous avons perdu une capa- cité de production de 150.000 pneus par an. Mais vingt ans plus tard, le Maroc dispose désormais d’une capacité de production de près de 15 mil- lions de pneus par an. C’est ce que les économistes appellent la “destruction créatrice”. Cette transformation est un pari. Elle a un coût social, elle exige des investissements importants, de la continuité, de la cohérence et surtout de la confiance dans notre résilience et dans notre capacité à transformer notre écosystème», a-t-il affirmé. Dans le même esprit, le Maroc a également fait le choix d’in- vestir massivement dans les infrastructures, malgré les cri- tiques formulées à l’époque par certains économistes. Pour le ministre, ces investissements ont constitué un levier détermi- nant pour renforcer l’attractivité du Royaume et accompagner son industrialisation. « Pendant des années, on nous a expliqué que nous investissions trop pour trop peu de crois- sance. Mais si nous n’avions pas construit Tanger Med, où en serions-nous aujourd’hui ? À une époque, il fallait davantage de temps et cela coûtait plus cher d’expédier un conteneur de Casablanca vers Rotterdam que depuis Shanghai. Dans ces conditions, que valait réellement notre position géostratégique ? Nous avions le potentiel, mais pas les infrastructures permet- tant de le valoriser» , a-t-il rap-
Le lundi 13 juillet, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a livré un keynote riche en enseignements à l’occasion du Symposium économique sur l’Afrique.
Développement de l’Afrique Le plaidoyer poignant de Ryad Mezzour D A l’occasion de la 4 ème édition du Symposium économique sur l’Afrique (AES), le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a livré un discours en faveur d’un nouveau modèle de développement africain, fondé sur la confiance, l’investissement de long terme, l’industrialisation et la maîtrise des technologies. Par Ibtissam. Z. evant un parterre d’experts et de décideurs, Ryad Mezzour a défendu le choix du Maroc d’in- vestir dans les infrastructures, d’ouvrir progressivement son économie et de miser sur l’intel- ligence artificielle pour renfor- cer la compétitivité du continent et accélérer sa transformation économique. Dès l’entame de son interven- tion, le ministre a donné le ton en mettant en lumière le para- doxe africain.
Nous avons une jeunesse dyna- mique, des talents, des res- sources naturelles. Nous dispo- sons de cobalt, de pétrole, de gaz, de phosphates. En réalité, nous possédons tout ce dont le monde a besoin. Pourtant, nous restons pauvres. Nous man- quons d’électricité, d’éduca- tion et de la stabilité à laquelle nos populations aspirent» , a-t-il assuré. Pour Ryad Mezzour, le pro- blème ne réside plus dans l’ab- sence de potentiel, mais dans la manière dont le continent se perçoit lui-même. « Depuis que je suis en âge de comprendre ce qui se dit sur l’Afrique, j’entends tou- jours les mêmes discours. On nous parle de potentiel inex-
ploité et d’injustice. Puis Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a formulé une idée d’une grande sim- plicité : l’Afrique a besoin de confiance. Cette phrase paraît simple, pourtant elle résume tout. La confiance est le fonde- ment même du développement. La confiance en nous-mêmes, en nos capacités et dans notre aptitude à imaginer et mettre en œuvre nos propres solutions» , a-t-il insisté. Pour illustrer concrètement cette vision, le ministre est reve- nu sur l’expérience marocaine. Le Royaume a fait le pari de l’ouverture économique, malgré les difficultés qu’un tel choix pouvait engendrer. «Nous avons choisi de croire en
«L’Afrique détient 60% des terres arables de la planète.
Nous avons créé des zones industrielles intégrées où les investisseurs pouvaient développer leurs projets sans subir de frictions administratives.
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