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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 16 JUILLET 2026

Cloud souverain Le Maroc pose les premières briques de son autonomie numérique

dépendre indéfiniment d'infrastruc- tures étrangères», estime-t-il.  Le marché mondial du cloud public devrait dépasser les 900 milliards de dollars en 2026.

Où seront stockées les données des administrations, des banques ou des entreprises marocaines dans les prochaines années ? Derrière cette question se joue une bataille plus large autour du contrôle des infrastructures numériques.

sibles ou des infrastructures d'im- portance vitale. Un référentiel de qualification, publié en 2025, précise les critères que devront respec- ter les fournisseurs, notamment en matière de cybersécurité, de gou- vernance, de gestion des risques et de contrôle des sous-traitants. L'objectif est clair : faire de la sou- veraineté un véritable niveau d'exi- gence et non un simple argument commercial. Les prestataires ne devront plus seulement héberger leurs infrastructures au Maroc, mais aussi démontrer leur capacité à pro- téger les données et à répondre aux standards définis par les autorités. En parallèle des grands acteurs internationaux, des initiatives locales cherchent à bâtir un cloud conçu et exploité au Maroc. C'est notamment le cas d'Azul Cloud, développé par le College of Computing de l'Univer- sité Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Entrée en phase bêta en juin 2026, cette plateforme réunit des services de calcul, de stockage et d'intelligence artificielle pensés pour répondre aux besoins des entreprises, des chercheurs et des administrations. Pour Imad Kissami, professeur à l'UM6P, la souveraineté ne peut pas se résumer à la localisation des ser- veurs. «La souveraineté n'est pas une fonctionnalité que l'on peut ajouter après coup. Elle doit être intégrée à l'architecture», affirme- t-il. Fahd Kalloubi, également pro- fesseur au College of Computing, partage cette vision. «La stratégie numérique du Maroc ne peut pas

Une bataille qui se joue à l'échelle du continent

Par K. A. E

Le Maroc s'inscrit dans une dyna- mique plus large. Selon le rap- port 2026 de l'Africa Data Centres Association, l'Afrique ne représente encore que 0,6% de la capaci- té mondiale des data centers. Le continent dispose de 360 MW de capacité active, 238 MW sont en construction et 656 MW supplé- mentaires ont été annoncés. Si tous les projets aboutissent, cette capa- cité atteindrait près de 1,2 GW d'ici la fin de la décennie. Cette course nécessite des inves- tissements considérables. Le coût moyen de construction d'un data center Tier III est estimé à 11,3 millions de dollars par mégawatt, auxquels peuvent s'ajouter 15 à 25 millions de dollars d'équipements pour les infrastructures dédiées à l'intelligence artificielle. Cette dynamique s'inscrit dans la stratégie nationale dédiée à l'intel- ligence artificielle. Le Maroc ambi- tionne de générer 100 milliards de dirhams de PIB supplémentaire d'ici 2030, de créer 50.000 emplois spécialisés et a mobilisé 11 milliards de dirhams pour accélérer sa trans- formation numérique entre 2024 et 2026. Au-delà des infrastructures, le véritable défi sera désormais de maîtriser l'ensemble de la chaîne de valeur afin de faire du cloud souve- rain un véritable levier de compétiti- vité pour le Royaume. ◆

n quelques mois, le Maroc a franchi plusieurs étapes dans le dévelop- pement de son écosystème cloud. L'arrivée de nouveaux acteurs, les investissements dans les data cen- ters et le renforcement des exi- gences réglementaires traduisent une volonté de mieux maîtriser l'hé- bergement des données les plus sensibles, alors que les besoins liés à l'intelligence artificielle continuent de progresser. L'ouverture, en avril 2026, de la région Oracle Cloud Infrastructure (OCI) de Casablanca constitue l'an- nonce la plus marquante de ces derniers mois. Le Maroc devient ainsi le premier pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest à accueillir une région cloud exploitée par un hyper- scaler mondial. Une seconde région est déjà prévue afin de renforcer la continuité des services. Hébergée par N+ONE Datacenters, cette infrastructure permet aux entreprises et aux organismes publics d'accéder localement aux services d'Oracle dans les domaines de l'intelligence artificielle, des

bases de données, de l'analyse de données ou encore du cloud computing. Pour Cormac Watters, Executive, vice-president et General Manager d'Oracle pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, cette implantation marque «une étape majeure» dans l'ambition du Maroc de devenir un hub régional de l'intel- ligence artificielle et de l'innovation numérique. Il estime qu'elle offrira aux organisations marocaines une infrastructure cloud capable d'ac- célérer leurs projets d'IA. Du côté de N+ONE Datacenters, son CEO Amine Kandil voit dans ce partena- riat avec Oracle «un moment fonda- teur» pour l'écosystème numérique marocain. L'objectif, explique-t-il, est de construire «des infrastruc- tures de classe mondiale, opérées au Maroc par des équipes maro- caines».

Un cadre réglementaire qui monte en puissance

Les infrastructures ne constituent qu'un volet de la souveraineté numérique. Pour accompagner leur développement, le Maroc a égale- ment renforcé son arsenal régle- mentaire. Le décret n°2-24-921 encadre désormais le recours aux prestataires cloud par les orga- nismes gérant des données sen-

Le Maroc a mobilisé 11 milliards de dirhams pour accélérer sa transformation numérique entre 2024 et 2026.

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