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FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 16 JUILLET 2026

Médicaments Entre tensions d'approvisionnement et quête de souveraineté pharmaceutique

pour les femmes, ils ont connu des ruptures également. Nous ne trouvons plus de traitements pour la prise en charge des femmes ménopausées, que ce soit les patchs, les gels, ou les formes orales, etc. Les œstrogènes sous forme orale sont en rupture régu- lièrement. Le Progestogel en forme topique, qui permet de sou- lager les mastodynies, c'est-à-dire les douleurs bénignes des seins, est introuvable. Les patientes sont obligées d’aller chercher les médi- caments à l’étranger. F. N. H. : Ressentez-vous cette pénurie au quotidien? Les patients se plaignent- ils ? N. R. : Les pénuries de médica- ments posent un réel problème pour tout le monde; pour les patients qui sont obligés d’effec- tuer un parcours pénible pour trouver leurs produits, pour les pharmaciens qui perdent beau- coup de temps pour apporter des solutions. Cette situation est chro- nophage car il faut appeler et relancer les grossistes, essayer de trouver des alternatives et conseil- ler les patients de retourner chez leur médecin, parce que la régle- mentation actuelle ne permet pas de substituer un médicament en rupture par un équivalent sans l’avis du prescripteur. Les pharmaciens sont du coup en première ligne et subissent les états de stress des patients. C’est extrêmement anxiogène. Très souvent, lorsque nous parvenons enfin à joindre le médecin, nous lui proposons les médicaments dis- ponibles. La réponse est le plus souvent positive, ce qui est béné- fique pour les patients. Nous utilisons les réseaux sociaux et nous avons un groupe WhatsApp «SOS ruptures» dans lequel nous pouvons nous rensei- gner sur la disponibilité du médi- cament en rupture afin d’orienter le patient vers une pharmacie qui détient le médicament en ques- tion. Cela lui évite d’avoir à faire le tour d’une ville. À noter que dans une ville comme Casablanca, nous avons près de 1.420 pharmacies, le patient ne peut donc pas faire

De l'ophtalmologie à la psychiatrie, en passant par la cardiologie, les ruptures sont cycliques. En santé mentale, la consommation de médicaments a bondi de 21% en 2024, tandis que les stocks s'amenuisent. Najia Rguibi, pharmacienne et membre du Bureau du syndicat des pharmaciens de Casablanca, dévoile la réalité du problème et les solutions en cours de déploiement.

Propos recueillis par Z . A.

Finances News Hebdo : Avez-vous remarqué la pénurie de certains médi- caments essentiels au cours de l’année écoulée ? Najia Rguibi : Bien sûr, nous observons chaque année des cas de rupture. Mais ce n’est pas spé- cifique au Maroc, ce constat est d’ordre mondial, aucun pays n’est épargné. L’année dernière, en France, l'amoxicilline sous forme pédia- trique avait disparu du marché. Les pharmaciens ont dû répondre eux-mêmes aux besoins spéci- fiques chez les enfants. Face à ces ruptures, des dizaines de pharmacies équipées de labo- ratoires ont été autorisées à fabri- quer des préparations magistrales sous forme de gélules en dosage pédiatrique pour pallier le manque de formes buvables industrielles. Dans le Royaume, nous consta-

tons des ruptures régulières, mais cela ne concerne pas toujours les mêmes sphères thérapeutiques de médicaments. En général, sont concernés les médicaments car- diovasculaires, du système ner- veux et certains anti-infectieux, ainsi que les formes injectables de corticoïdes pour lesquels nous ne trouvons actuellement pas les formes rapides. La méthyl-prednisone (Solumedrol et génériques) est également en rupture. En ophtalmologie, nous ne trouvons plus l’Auréomicyne ophtalmique à 1% depuis près d’une année. Concernant les autres pommades ophtalmiques, qui sont très utiles en postopéra- tions chirurgicales ou dans cer- taines infections, le marché est asséché en ce moment. Cette situation est cyclique.

F. N. H. : Quels sont les domaines les plus touchés ? N. R. : Dans le domaine de l’onco- logie, le létrozole et le tamoxifène connaissent parfois des ruptures. Heureusement, nous avons des génériques qui les compensent. En cardiovasculaire, le Nebilet avait disparu pendant deux à trois mois, et par effet domino, son générique, le Nabicard, est signalé également en rupture. En psychiatrie, certaines formes injectables mensuelles qui per- mettent de stabiliser les états psychotiques sont introuvables. Les patients s’adressent alors aux centres de santé de psychiatrie et parviennent à les trouver. Le souci, c’est que cela devient un parcours du combattant pour les patients. Quant aux traitements hormonaux

Le répertoire marocain des médicaments génériques est en phase pilote et permettra de renforcer les actions à mettre en place pour les médicaments essentiels.

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