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FINANCES NEWS HEBDO
JEUDI 16 JUILLET 2026
FOCUS
procèdent à un quota de boîtes pour chaque pharmacie afin de les approvisionner toutes. Rappelons que l’Observatoire national du médicament et des produits de santé surveille la dis- ponibilité des médicaments essen- tiels. Cette institution informe des produits sous tension, la date pro- bable de retour sur le marché, et toute l’information utile pour les professionnels de santé à ce sujet. Nous attendons la mise en place d’un répertoire des médicaments génériques, qui est en cours au niveau de l’AMMPS. Le démarrage de la Haute autorité de santé (HAS) va également contribuer à appor- ter des réponses au corps médical pour identifier les produits en rup- ture et proposer des alternatives de substitution, thérapeutiques ou génériques. La question de la souveraineté sanitaire et pharmaceutique est essentielle. A ce sujet, nous avons la chance que notre pays est très avancé au niveau de la production locale, pas seulement pour les formes simples, mais aussi pour celles plus complexes, comme les inhalateurs, les stylos d’injection pour le diabète, etc. Grâce à l’usine Marbio de Benslimane, destinée à produire des vaccins, le Maroc sera capable de couvrir à l’ave- nir la demande nationale et celle de notre continent, voire pour de nombreux autres pays. Cette unité de production se positionne dans le top 5 mondial. Actuellement, pour gérer les tensions d'appro- visionnement, les ruptures, voire les pénuries, les relations avec les autorités se structurent. En France, par exemple, les phar- maciens ont lancé une plateforme «DP Ruptures» qui remonte l’infor- mation de rupture d’approvision- nement d’un produit dès 72 h ou le retrait d’un médicament du mar- ché. Pensé pour le partage d’infor- mations, ce service est un outil précieux pour les pharmaciens, les laboratoires fabricants, les gros- sistes répartiteurs et pour l’ANSM. Je pense qu’un système similaire sera mis en place au Maroc pour anticiper et garantir la disponibilité des médicaments, la transparence de la chaîne d’approvisionnement
Les laboratoires pharmaceutiques sont tenus par la législation de remonter régulièrement l’information sur leurs stocks.
le tour. Nous lançons des SOS sur les réseaux sociaux, et quand nous obtenons une réponse, nous orientons le patient pour qu’il puisse trouver son médicament. Certaines immunoglobulines sont en rupture de temps en temps. Dans ce cas, nous conseillons à nos patients de se rendre aux centres de transfusion sanguine, surtout celui de Rabat. Là encore, il s’agit d’un phénomène cyclique. Des fois, les médicaments uti- lisés en procréation médicale- ment assistée sont en rupture et certains pharmaciens sont des «dépositaires» et donc les seuls à détenir les stocks, ce qui repré- sente en soi une situation anor- male. F. N. H. : Quels sont les trois médicaments essentiels les plus fré quemment deman- dés mais indisponibles, et depuis combien de temps manquent-ils ? N. R. : Seuls les laboratoires et éventuellement les services «Achat» des grossistes réparti- teurs connaissent la durée des ruptures. Les laboratoires phar- maceutiques sont tenus par la législation de remonter régulière- ment l’information sur leurs stocks et d'avertir les autorités sanitaires des tensions d’approvisionne- ment ou d'autres problèmes pou- vant causer des ruptures. L’Agence marocaine des médi- caments et des produits de santé
(AMMPS) est en train de renforcer ses moyens humains en vue cer- tainement d’améliorer les choses. Il y a des recrutements qui sont en train d’être opérés pour étoffer les services, et cela va aider à résoudre ces problèmes d'appro- visionnement et de ruptures. En psychiatrie, nous avons connu des ruptures du Topiramate, du Téralithe et de certains médi- caments destinés aux troubles du TDAH (troubles du déficit de l’attention avec ou sans hype- ractivité). Mais actuellement, le ministère de la Santé a octroyé des autorisations de mise sur le marché pour ces derniers, ce qui va contribuer à faciliter la vie des patients. F. N. H. : Y a-t-il une saison- nalité aux ruptures, ou est- ce aléatoire et imprévisible ? N. R. : Oui, certains médica- ments peuvent être en rupture selon les saisons. Et cela pour de multiples raisons. Par exemple, pendant l’hiver, en prévision des syndromes grippaux et autres pathologies hivernales, les phar- maciens constituent des stocks pour répondre à la forte demande. Nous avons également constaté ces dernières années que la cou- verture vaccinale antigrippale a considérablement diminué, ce qui contribue à des hausses d’états de grippe. Le traitement contre cette maladie, le Tamiflu, était par- fois indisponible sur le marché, ce qui cause un vrai problème
pour certaines personnes fragi- lisées. Cela peut mettre en jeu leur pronostic vital, par exemple dans les pathologies asthmatiques sévères, ou chez des patients immunodéprimés ou sous traite- ment par immunosuppresseurs. Dans ces situations, la vaccination antigrippale est essentielle. Parfois, les patients sont eux- mêmes la source de certaines pénuries et d'aggravation de la situation. Il y a trois ans, nous l’avions remarqué quand le Lévothyrox (médicament à bas prix, essentiel pour les pathologies de la thyroïde) était en rupture. Certains patients se présentaient avec deux ou trois prescriptions et faisaient le tour des pharmacies pour constituer un stock d’une année ou plus, de peur que la rup- ture ne persiste. Malheureusement, cela prive d’autres patients de leur traitement. F. N. H. : Existe-t-il un dia- logue structuré entre les pharmacies, les distribu- teurs et les laboratoires pour anticiper les ruptures ? N. R. : Certains grossistes-répar- titeurs nous informent de l’arri- vée de certains médicaments. Ils
En tant qu’officines, certains textes législatifs obsolètes nous posent problème, comme ceux datant de 1922 sur les substances vénéneuses ou celles des médicaments de santé mentale ou de neurologie.
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