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FINANCES NEWS HEBDO
JEUDI 16 JUILLET 2026
et l’information des prescripteurs, des distributeurs jusqu’au patient. Les laboratoires pharmaceutiques et les grossistes répartiteurs sont légalement tenus d’informer sur l’état de leurs stocks de sécurité et ils sont régulièrement inspectés. Dans la majorité des pays, les pharmaciens ont un droit de substitution des médicaments en rupture par leurs génériques. Au Maroc, nous avions eu ce droit lors de la pandémie de Covid- 19. Mais aucune raison valable ne peut expliquer ce blocage actuelle- ment. C'est au niveau de l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé et de la Haute autorité de santé que les choses vont se mettre en place, ne serait- ce que pour pallier les ruptures sur les traitements essentiels et éviter des risques de cessation de traite- ment, des rechutes, de décompen- sation de certains états de santé, d’aggravation de la maladie et de pertes de chances de guérison. Sur ce registre, le Maroc a opté pour la mise en place de plans de gestion de ruptures sur les médi- caments essentiels et les médi- caments à intérêt thérapeutique majeur, pour lesquels le diagnostic du patient peut être mis en jeu. La santé mentale reste un enjeu majeur de la santé publique au Maroc. En neurologie et en psy- chiatrie, cela représente 10% de l’ensemble des médicaments auto- risés dans le Royaume. Selon les chiffres de l'AMMPS, entre 2020 et 2024, plus de 131 millions d'unités de médicaments relevant de cette classe ont été consommées, avec une hausse de presque 21% en 2024. Cette situation nécessite une meilleure prise en charge concertée afin de répondre à cette augmentation des besoins en santé mentale. Lors de nos rencontres scienti- fiques et professionnelles, nous avons recommandé l’élaboration d’un «Guide de bonnes pratiques de dispensation et de sécurité de l’usage de médicaments, psy- chotropes», en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, afin de permettre une continuité thérapeutique et de répondre à la réalité du terrain.
F. N. H. : Pouvez-vous consti- tuer des stocks ou êtes-vous confronté à des pénuries soudaines qui ne vous per- mettent pas de le faire ? N. R. : Les problèmes d’approvi- sionnement sont d’ordre mondial, mais nous tentons tout de même, au niveau national, d'apporter des réponses dans le cadre de ce dia- logue. Bien sûr, cela passe par un dispositif au niveau de l'AMMPS. L’accent est mis sur l'obligation des stocks de sécurité, de deux à trois mois. Comme nous l’avions annoncé, les laboratoires et les distributeurs sont dans l’obliga- tion de déclarer périodiquement le niveau de leurs stocks. Le répertoire marocain des médi- caments génériques est en phase pilote. Il permettra de renforcer les actions à mettre en œuvre pour les médicaments essentiels et leurs ruptures, en vue d’une meilleure prise en charge des prescriptions, une anticipation et apporter toutes les informations aux prescripteurs. En tant qu’officines, certains textes législatifs obsolètes nous posent problème, comme ceux datant de 1922 sur les substances véné- neuses ou celles des médicaments de santé mentale ou de neurologie. Il faut arriver à dissocier les subs- tances psychoactives qui peuvent conduire à des mésusages, à des toxicomanies, de celles qui apportent une réponse thérapeu- tique sans ces risques. En Europe, par exemple, pour évi- ter d’interrompre un traitement, les pharmaciens peuvent renou- veler légalement les prescriptions
pays du monde cohabitent les deux alternatives. L’article 30 des compléments ali- mentaires a été mis en lumière par les instances pharmaceutiques officinales, ordinales et syndicales. Cet article doit définir une liste de certains compléments alimentaires qui peuvent interférer sur la santé des patients ou interagir avec les traitements et qui nécessitent d’être dispensés uniquement par le circuit officinal sous la respon- sabilité du pharmacien. Reste à préciser dans la définition actuelle du médicament, le sta- tut du «médicament conseil» que certains appellent (OTC) «Over the counter». Il s’agit de médicaments, dans certains pays, que l’on peut trouver en dehors de l’officine, à savoir dans les drugstores ou autres, en vente libre, ce qui est grave pour la santé. En ce qui nous concerne, ces «médicaments conseil» doivent avoir un statut particulier, car ils ne sont ni remboursés par les caisses d'assurance maladie ni soumis à prescription médicale obligatoire. Ils nécessitent un statut particu- lier pour permettre une flexibilité de leur prix selon un taux défini et pour bénéficier d’une publicité encadrée auprès du grand public. Ces «médicaments conseil» sont destinés à la prise en charge de pathologies bénignes, et cela per- met à la fois une prise en charge à l’officine, une économie pour le système de santé, pour les caisses d’assurance maladie, tout en évi- tant une surcharge des urgences hospitalières. ◆
La question de la souveraineté sanitaire et pharmaceutique est essentielle et nous avons la chance, car notre pays est très avancé au niveau de la production locale.
de médicaments d’épilepsie, de dépression ou de pathologies chroniques au moins par une boîte. Et ce, quand le patient n’est pas en mesure de consulter son médecin, en attendant un prochain rendez- vous. F. N. H. : La réforme en cours de loi 17-04 qui régit le secteur pharmaceutique au Maroc risque-t-elle de chan- ger la donne ? N. R. : Il y a eu des velléités de modifier l’article 26 qui régit le circuit de distribution du médica- ment et autorise les pharmaciens à passer des commandes aussi bien auprès du laboratoire fabricant que du grossiste répartiteur. Pour cer- taines catégories de médicaments, à forte rotation, ou pour répondre à des phénomènes de saisonnalité, le pharmacien peut passer direc- tement une commande spéciale auprès du laboratoire ou via le grossiste qui le livre quotidienne- ment. Ce sont les deux cas pour approvisionner les officines direc- tement par le laboratoire. Je ne saurais dire quelle entité a tenté de bloquer l’article 26, de le modifier pour bloquer l'approvi- sionnement qui peut se faire direc- tement par le laboratoire. Cela est aberrant, puisque dans tous les
Casablanca compte près de 1.420 pharmacies.
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